PRIX DE DIANE LONGINES - Shahnaza, Mumtaz Mahal et les sept magnifiques de Son Altesse

Courses / 15.06.2018

PRIX DE DIANE LONGINES - Shahnaza, Mumtaz Mahal et les sept magnifiques de Son Altesse

Shahnaza, Mumtaz Mahal et les sept magnifiques de Son Altesse

Par Franco Raimondi

Shahnaza va tenter d’offrir un huitième Prix de Diane Longines à son propriétaire et éleveur, Son Altesse l’Aga Khan. Comme l’inoubliable Zarkava et Zainta, elle remonte à la souche de Mumtaz Mahal, soit près d’un siècle de sélection…

Son Altesse l’Aga Khan a gagné son premier Prix du Jockey Club en 1960 avec Charlottesville (Prince Chevalier). Il venait de reprendre l’écurie et l’élevage familial quelques semaines après la mort de son père, le Prince Aly Khan. Les autres classiques du calendrier français ont suivi assez rapidement, si l’on se base sur l’échelle-temps de l’élevage. Cependant, la victoire dans la course dont chaque éleveur rêve, le Prix de Diane Longines, s’est fait attendre. Le premier succès n’est intervenu que trente-trois ans plus tard, avec Shemaka (Nishapour). Elle était entraînée par Alain de Royer Dupré, et descendait de la souche de Pale Ale (Mannamead) qui a donné entre autres le gagnant du Derby Shahrastani (Nijinsky) et qui continue à briller. L’année dernière, Shakeel (Dalakhani) a remporté le Juddmonte Grand Prix de Paris (Gr1) et ce dimanche, cette souche sera représentée par Castellar (American Post), un produit de l’élevage de Dario Hijinosa qui était entré dans la famille il y a un peu plus de vingt ans.

Une réussite proche du 50 %. Le Prix de Diane 1993 a été suivi par six autres. Son Altesse l’Aga Khan, avec ses sept victoires, est recordman des propriétaires et des éleveurs. Sept succès en vingt-quatre ans, c’est énorme ! En d’autres termes, cela signifie que presque une année sur trois, l’élevage princier a sorti une gagnante de Diane. La réussite approche même des 50 %, parce que depuis 1993 (inclus) les pouliches de la casaque verte, épaulettes rouges ont participé à seize éditions et qu’en 2010 Sarafina (Refuse to Bend) et Rosanara (Sinndar) ont signé un jumelé tout Aga Khan.

De Mumtaz Mahal à Shahnaza, un siècle de succès. Ce dimanche, Shahnaza (Azamour) représentera la casaque de Son Altesse après trois éditions sans partantes. Elle remonte à la souche historique de Mumtaz Mahal (The Tetrach) qui a produit, via d’autres branches, deux gagnantes du Prix de Diane : la grande Zarkava (Zamindar) et Zainta (Kahyasi). Mumtaz Mahal, championne des pouliches de 2ans en 1923, est la dixième mère de Shahnaza, la neuvième de Zarkava et la septième de Zainta. Vous avez bien lu, 1923. Cela fait quatre-vingt-quinze ans que cette souche produit des champions. C’est presque un record de longévité…

Six pour Royer Dupré. Six des sept gagnantes du Prix de Diane de Son Altesse l’Aga Khan étaient entraînées par Alain de Royer Dupré et une, l’infortunée Valyra (Azamour), par Jean-Claude Rouget. Chacune a suivi un parcours différent pour arriver à la couronne. Shahnaza possède un profil qui ressemble un peu à celui de Vereva (Kahyasi), lauréate en 1998. Les deux ont un point commun : un succès dans le Prix de la Seine (L) à ParisLongchamp. La candidate 2018 avait couru une fois, pour une deuxième place, à 2ans, et elle a ouvert son palmarès à Saint-Cloud le 14 avril. Vereva a fait ses débuts gagnants à 3ans, le 30 avril.

Quatre inédites à 2ans. Quatre lauréates du Prix de Diane n’avaient pas couru à 2ans et celle qui avait fait ses débuts le plus tardivement est Sarafina. Le 2 mai 2010, elle était inédite, le jour d’après, elle a ouvert son palmarès avant de remporter le Prix Saint-Alary (Gr1). Elle a gagné le Prix de Diane quarante et un jours après ses débuts. Daryaba (Night Shift), en 1999, avait découvert les couleurs le 30 avril et le Diane était sa troisième course et son premier essai dans une course black type, exactement comme ce fut le cas de Valyra en 2012. La pensionnaire de Jean-Claude Rouget avait fait ses débuts dans une course G à Bordeaux. Elle n’est pas la seule qui a débuté en province. Zainta avait gagné à 2ans un maiden E au Croisé-Laroche…

Quatre sont issues d’étalons Aga Khan. Les sept gagnantes sont issues en majorité d’étalons Aga Khan. Deux, Vereva et Zainta, sont par le double gagnant de Derby Kahyasi (Île de Bourbon), alors que Nishapour (Zeddaan) est responsable de Shemaka. Le regretté Azamour (Night Shift) est le père de Valyra, ainsi que de notre Shahnaza. Les trois lauréates issues d’étalons extérieurs sont Sarafina par Refuse to Bend (Sadler’s Wells), Zarkava par Zamindar (Gone West) et Daryaba par Night Shift (Northern Dancer). Elles étaient quand même issues de mères par des étalons Aga Khan, dans l’ordre Darshaan, Kahyasi et Vayrann.

Toutes les souches. Chaque bon écolier d’élevage peut vous dire que les poulinières de Son Altesse l’Aga Khan proviennent de grandes souches de la famille auxquelles s’ajoutent celles de trois grandes acquisitions, les cheptels de madame François Dupré, de Marcel Boussac et enfin de Jean-Luc Lagardère. Le grand travail de sélection et d’intégration est bien illustré. Trois gagnantes (Shemaka, Zainta et Zarkava) sont des 100 % Aga Khan, deux remontent à des souches Dupré (Vereva et Sarafina), Daryaba est une Boussac et Valyra est d’origine Lagardère. C’est une histoire d’élevage, dans toute sa pureté.