ROYAL ASCOT - À une foulée du rêve…

International / 23.06.2018

ROYAL ASCOT - À une foulée du rêve…

À une foulée du rêve…

On y a cru… On y a cru tout comme, il y a six ans, lorsque nous avions pensé que Moonlight Cloud (Invincible Spirit) et Restiadargent (Kendargent) pouvaient venir battre la crack australienne Black Caviar (Bel Esprit). Au passage du poteau, nous avons pensé que, peut-être, City Light (Siyouni) avait conservé un petit quelque chose sur Merchant Navy (Fastnet Rock) dans les Diamond Jubilee Stakes (Gr1). Mais non… D’un rien encore, un australien – désormais irlandais d’adoption – est venu faire voler en éclats le rêve français. City Light est battu… Mais City Light nous a fait vibrer durant 1.200m !

Pas le droit d’être déçu. Environ deux heures après la course, c’est un Stéphane Wattel encore sous le coup de l’émotion qui nous a répondu. Fier du représentant de Jean-Louis Bouchard et d’Isabelle Corbani, qui a tout donné et a montré qu’il pouvait regarder dans les yeux les meilleurs sprinters australiens, anglais, irlandais et américains. Excusez du peu… « Ce n’était pas notre année ! City Light était invaincu en 2018, on ne connaissait pas ses limites actuelles. Il était en pleine forme et, quand la forme est là, il faut en profiter. On sait qu’elle peut vite partir… Royal Ascot, c’est autre chose. Les chevaux tournent déjà trente minutes dans le pré rond, avec beaucoup de monde autour et une vraie tension. Il a été un amour. Au rond, il était calme… Et lorsque j’ai mis son jockey en selle, ça a été une catastrophe, il est allé s’encastrer sous la lice ! On a eu peur ! J’ai beaucoup de mal à mettre le jockey en selle. Christophe Soumillon est redescendu, je l’ai remis dessus juste avant l’entrée en piste. Pour un sprinter, ce n’est pas un monstre de muscles, pas un déménageur. C’est vraiment l’archétype du pur-sang. Son éleveur me dit que c’est le côté Luthier qui ressort… Mais il a un influx extraordinaire et on a du mal à le canaliser. Dans les boîtes, c’était limite aussi. Mais le temps est très bon et je le préfère tout de même sur une piste assouplie. Il a vraiment lutté. Je suis déçu pour le cheval, mais je ne veux pas être déçu pour ma petite personne. Il est gagnant de Gr3 d’un pays qui n’est pas connu pour produire des sprinters de très haut niveau. On partait de loin quand même. »

Ne pas s’enflammer. La suite logique pour City Light est le Larc Prix Maurice de Gheest (Gr1) à Deauville. Stéphane Wattel garde les pieds sur terre : « Je ne veux pas poser d’objectifs tout de suite après la course. Le Prix Maurice de Gheest est la suite logique. Il est en forme, mais City Light a tout de même commencé son année très tôt, au mois de mars à Chantilly. S’il reste dans une forme parfaite au moment du Prix Maurice de Gheest, ce serait logique de le revoir dans cette épreuve, à domicile, plutôt que d’aller jouer à l’extérieur ! Il faut faire attention, dans l’enthousiasme, de ne pas être prisonnier d’un plan logique, surtout avec les chevaux. On espère ne pas être en fin de carrière du cheval. Il me semble que, chez les sprinters comme chez les stayers, 4ans c’est encore jeune... »

Royal Ascot, unique. La devise de Royal Ascot est : Like nowhere else. Traduisez "Comme nulle part ailleurs". Ceux qui y sont allés ont tous été emportés par cette ambiance si particulière et unique. C’est ce qu’a ressenti Stéphane Wattel ce samedi : « Il est hors de question, pour moi, de ne pas considérer cela comme un très joli moment. J’étais déjà allé à Royal Ascot. Mais quand on le vit de l’intérieur, c’est inimaginable. Nous sommes le samedi, il y a un monde fou, une clameur incroyable. C’est impressionnant ! J’avais un partant, mais du départ à l’arrivée, je n’ai pas pu m’empêcher d’être spectateur de ce que je regardais, alors que j’avais un rôle à jouer. Pour vous dire, j’ai même pris des photos dans le rond de présentation ! Normalement, j’ai horreur de cela, car les photos sont, pour moi, réservées aux victoires. Mais nous étions là, mes propriétaires étaient tellement heureux, ils souriaient, et j’ai pris des photos d’eux dans le rond pendant que mon cheval s’encastrait tranquillement sous la lice [rires] ! C’est l’ambiance qui veut cela. Pourvu qu’en France, on arrive à remonter la pente… On n’imitera pas Ascot, mais qu’on arrive à redonner un peu de magie. »