C’est la rentrée, ParisLongchamp a fait ses devoirs de vacances

Courses / 27.08.2018

C’est la rentrée, ParisLongchamp a fait ses devoirs de vacances

ParisLongchamp a fermé ses portes le 14 juillet au soir, quelques mois après sa grande réouverture. Pour beaucoup d’observateurs, le constat de fin de semestre était : « Bien, mais peut mieux faire. » Les principales critiques autour de ParisLongchamp tournaient autour de l’état de la piste, jugé catastrophique par un certain nombre de jockeys et d’entraîneurs : hachée, avec des trous non ou mal rebouchés, manque de gazon… ParisLongchamp va rouvrir ses portes ce dimanche 2 septembre pour la réunion des Prix La Rochette, de Lutèce, de Liancourt, de Fontenoy et de la Cascade. Les équipes de France Galop ont travaillé tout l’été pour rendre une copie parfaite. Voici le point sur les travaux effectués, avec Jean-Guillaume d’Orglandes, directeur des pôles pistes & espaces verts, et Stéphane de Veyrac, responsable des hippodromes de l’ouest parisien.

Pour voir la vidéo de Jean-Guillaume d’Orglandes expliquant les travaux sur la piste de ParisLongchamp : https://youtu.be/T2ugPlwoX7

Un drôle d’été. L’été a pour le moins été chaud… Des températures caniculaires sont loin d’être idéales pour faire pousser le gazon et les équipes de ParisLongchamp ont dû composer avec la chaleur, devant compenser avec le système d’arrosage de l’hippodrome. Jean-Guillaume d’Orglandes explique : « Les conditions climatiques de cet été n’ont pas favorisé l’effet des actions entreprises. Plusieurs engins ont été utilisés pour décompacter, aérer, aplanir les pistes, qui ont ensuite été fertilisées et tondues régulièrement. La chaleur ne nous a permis de fertiliser aussi efficacement que nous l’aurions souhaité car les jeunes pousses auraient brûlé. Nous avons reçu seulement 4 mm de précipitations depuis le 25 juin. Les averses alentour ne nous ont jamais touchés. Nous avons donc dû arroser avec l’eau puisée dans la Seine pour atteindre 15 mm par jour, en deux fois, tout l’été, pendant les fortes chaleurs. Nous avons réduit à 10 mm toutes les 48 heures depuis le 21 août dernier. À cette date, nous étions à 3,4 avant l’arrosage, et à 3,6 après. Au total, de mi-juillet à aujourd’hui, cela équivaut à environ 400 mm de précipitations. »

Et la piste sera bichonnée jusqu’à la réouverture, comme le précise Jean-Guillaume d’Orglandes : « Grâce à l’épandeur automatique, tous les mois, les fertilisants sont répandus sous pression pour mieux pénétrer les sols, même lorsque le gazon se densifie. Demain, on tondra, puis on fertilisera à nouveau jusqu’à l’ouverture, pour stimuler la repousse. »

Une portion problématique

Une piste n’est pas égale à tous les endroits. Il y a un endroit de la piste de ParisLongchamp qui a été particulièrement traité. Stéphane de Veyrac explique : « Le tracé des pistes fait qu’il y a un goulet d’étranglement à la jonction des pistes, avant la dernière ligne droite. C’est ainsi depuis toujours et cette configuration, outre le fait qu’elle est située sur un terrain proche de l’étang, crée plus de difficultés. Nous avons donc plus particulièrement travaillé sur cette portion des parcours. »

Rétablir la planimétrie. Du gazon, oui, une piste égale aussi. Les équipes de France Galop ont également travaillé à rétablir la planimétrie sur la piste de ParisLongchamp, comme l’explique Jean-Guillaume d’Orglandes : « La densité n’est pas la même partout en raison de la fréquentation des zones, de la nature des sols et des plantes qui y poussent. Naturellement, un terrain de sport qui n’est pas sollicité a tendance à se déformer. Nous avons donc travaillé à rétablir la planimétrie là où elle pouvait laisser à désirer. Compte tenu des délais que nous avions et de la météo de l’été, nous avons obtenu des résultats inespérés. Le travail des équipes a été formidable car il nous a fallu travailler à la main sur plusieurs zones qui étaient particulièrement endommagées. À présent, nous devons fertiliser et tondre plusieurs fois pour stimuler la repousse et épaissir le tapis d’herbe avec le ray grass, l’espèce de gazon idéale pour nos pistes de courses. »

Les aménagements sur l’hippodrome se poursuivent

Les équipes de France Galop ont aussi travaillé sur les aménagements de l’hippodrome, dont certains ont fait l’objet de critiques durant le premier semestre, ou qui se sont détériorés au fur et à mesure du premier semestre. On pense au revêtement déchiqueté des ronds de détente. Stéphane de Veyrac a précisé : « Nous poursuivons les rénovations, oui. Une salle de détente a été aménagée dans les écuries et les chambres réservées au personnel ont terminé d’être équipées, comme les douches. Le revêtement des ronds de détente, qui s’était dégradé au printemps en raison d’une pose effectuée dans de mauvaises conditions, a été complètement refait, cette fois avec un climat idéal. ParisLongchamp termine sa mue, qui s’achèvera l’année prochaine, avec un hiver de plus pour compléter les rénovations. »

Il n’y a pas que les courses. Concernant les travaux, entamés dès la fin des courses, Jean-Guillaume d’Orglandes précise : « Dès le 15 juillet, les parties nécessitant un entretien particulier ont été tondues au plus court et la tonte ramassée au cours des deux jours suivants. On a ensuite procédé à un carottage sur les zones les plus endommagées par les passages d’engins des festivals musicaux ces dernières années. Plusieurs de ces parcelles ont été épargnées par les événements de cet été pour mieux ménager les parcours. »

ParisLongchamp, outre les courses, est en effet un lieu accueillant deux importants festivals de musique : Solidays, à la fin du mois de juin, et Lollapalooza, fin juillet. L’accueil de ces événements est parfois critiqué, car les installations mises en place au centre de l’hippodrome nécessitent le passage d’engins de chantier. Stéphane de Veyrac précise cependant : « France Galop a demandé à ses partenaires de privilégier le passage des structures par des grues placées à l’extérieur des pistes, ou en utilisant des passages spécifiques, comme celui du Moulin de Longchamp, qui a été aménagé dans les années 2000 avec une portion de P.S.F. Cette exigence a rompu avec les pratiques habituelles, et nous allons encore améliorer la situation. »

Saint-Cloud et Auteuil aussi bichonnés

Saint-Cloud et Auteuil n’ont pas eu un premier semestre facile, ouvrant leurs portes au moment d’importantes et inhabituelles chutes de neige par exemple, avant de subir des températures brusquement très élevées quelques semaines plus tard. Stéphane de Veyrac explique : « On a semé à nouveau sur la butte Mortemart et veillé à ce que le stress causé aux terrains par les canicules soit neutralisé par l’arrosage. Heureusement, nous avions refait l’arrosage d’Auteuil et de Saint-Cloud au cours des dernières années. Ç'a été salutaire cet été. Nous n’aurions pas pu tenir la cadence, sans cela. À Saint-Cloud, les équipes ont trouvé leur rythme de croisière rapidement et efficacement. Les pistes sont parfaites pour la rentrée et la fin de saison. »