EBOR HANDICAP - Quand un handicap est plus doté et plus relevé qu’un Groupe

International / 24.08.2018

EBOR HANDICAP - Quand un handicap est plus doté et plus relevé qu’un Groupe

YORK (GB), SAMEDI

Un handicap doté de 500.000 £ (555.000 €), dont 311.000 (345.000 €) au lauréat, cela peut surprendre. Ou même scandaliser celui qui vit et fait courir en Europe continentale. En Angleterre, c’est autre chose : l’Ebor Handicap – qui sera doté l’année prochaine d’un million de livres – est la course la plus attendue du meeting de York. Cette épreuve balaie tous nos préjugés continentaux au sujet des handicaps : mauvais chevaux et loterie. Son palmarès compte des chevaux qui ont confirmé au meilleur niveau, à l’instar du gagnant de la Japan Cup Jupiter Island (St Paddy), d’un lauréat du Prix du Cadran comme Sergeant Cecil (King’s Signet) ou d’une légende comme Further Flight (Pharly), qui a remporté cinq fois la Jockey Club Cup. Une demi-douzaine de chevaux passés par l’Ebor Handicap ont ensuite brillé dans la Melbourne Cup (Gr1).

Il faut une valeur 46 pour être au départ. L’Ebor Handicap rassemble de bons chevaux et, pour le gagner, il ne suffit pas de tricher en cachant son cheval. C’était possible il y a cinquante ans. À présent, tous les chevaux sont plus ou moins exposés. Le rating moyen, avant la course, des dix derniers lauréats est de 100,3 (valeur 45,5). Le rating minimum pour avoir sa place au départ, dans cette épreuve limitée à 20 partants, a été revu à la hausse. Il y a quinze ans, on pouvait trouver une place dans les boîtes avec un petit 83 (37,5 de valeur) et gagner en 86 (39). L’année dernière, le plus petit poids était à 101 (46 de valeur). Ce samedi, des chevaux à 102 sont sur la liste d’attente.

Nakeeta ou la réussite des apprentis. Le rêve d’aller sur l’Ebor Handicap avec huit livres d’avance sur le handicapeur est clairement un manque de clairvoyance. Surtout qu’on peut difficilement croire être le seul à avoir eu cette idée. Pour s’assurer un peu de marge, on peut avoir recours à un bon apprenti. Quatre des sept derniers gagnants se sont imposés avec une décharge. Cette année, seulement deux apprentis seront en selle, dont Callum Rodriguez. Il a gardé trois des cinq livres de décharge qu’il avait en 2017, l’année de son triomphe avec Nakeeta (Sixties Icon). Le tenant du titre est encore au départ, avec quatre livres de plus que le rating (103) de sa victoire.

L’impossible coup de deux. Gagner deux fois l’Ebor Handicap, c’est presque impossible. Un seul cheval, Flint Jack (Rock Flint), a réussi le doublé. Mais c’était en 1922 et 1923. La tâche s’annonce difficile pour Nakeeta. L’année dernière, il s’était classé cinquième de la Melbourne Cup. Le favori de cette édition est Stratum (Dansili), un pensionnaire de Willie Mullins qui s’est imposé dans un gros handicap et qui a grimpé de huit livres pour s’assurer une place au départ. Il y a aussi un "FR", Time to Study (Motivator), élevé par le haras du Quesnay et placé de Gr3 cette année. Mais il n’a pas beaucoup de marge au poids, pas plus que Dylan Mouth (Dylan Thomas), lauréat de Gr1 en Italie mais aussi compétitif en Angleterre, qui est associé à Gérald Mosse.