Faisons preuve d’unité ! - Par Anne Dafflon et Marguerite Prunet-Foch

Courses / 25.08.2018

Faisons preuve d’unité ! - Par Anne Dafflon et Marguerite Prunet-Foch

Faisons preuve d’unité !

Par Anne Dafflon et Marguerite Prunet-Foch

« En réponse aux propos de Gérard Larrieu, dans un premier temps sur les réseaux sociaux, puis dans l’édition du 14 août de Jour de Galop, nous voulons nous aussi donner notre point de vue et nous remercions la rédaction de nous offrir cette tribune. Éleveurs de petite structure, nous avons à cœur de former des chevaux de course qui puissent durer et gagner leur vie, quelle que soit leur catégorie. Nous savons que le rôle de sélection des courses est impératif, mais il ne doit en aucun cas s’opposer aux autres catégories de courses dont celles des chevaux d’âge.

Quand nous lisons : « ces chevaux de 6ans et plus, ces vieux qui ne servent plus à rien, qui courent dans des courses sans intérêt », nous invitons l’auteur à se pencher sur la joie de l’entourage de ces chevaux et de celle des parieurs : ils les connaissent bien et sont leurs fervents supporters. M. Larrieu, le parieur ne se retrouve pas dans les discours élitistes et méprisants. Et il n’existe pas de victoire sans intérêt.

Oui la filière course doit faire des efforts, mais des efforts supportés par tous ! Seuls les éleveurs de chevaux de plus de 5ans ont vu leur revenu supprimé. Et pourtant, dans le palmarès des 100 meilleurs chevaux de plat, neuf ont 6ans et plus et le premier de la liste est 32e ! Le montant de leurs gains est dérisoire (765.560 €) soit 5,4 % en comparaison des gains des 91 chevaux de moins de 6ans (13.399.538 €). Cela mérite évidemment un rééquilibrage des pourcentages de la prime naisseur.

France Galop supprime une centaine de courses et effectue une baisse linéaire de 5 % des allocations ; ces décisions fragilisent de nombreuses structures et touchent le cœur de la filière. Dans le même temps, on constate le maintien des allocations des courses de Groupe ainsi que l’augmentation de huit courses de Groupe (soit 1.350.000 €), avec les primes qui en découlent. En exemple, le prix Ganay est passé de 300.000 à 600.000 €. Dans le contexte actuel, était-ce opportun de procéder à cette augmentation ?

Alors, pourquoi ne pas enlever quelques points aux jeunes pour remettre une prime à 10 %, ou une prime ajustable comme celle des propriétaires, aux chevaux de plus de 5ans ? Ne pas le faire est injuste. En effet, ces chevaux sont souvent issus de structures petites et moyennes. Elles ne peuvent rivaliser avec les plus grosses dont les chevaux aux origines prestigieuses des casaques classiques viennent truster les premières places des courses de 2 et 3ans de tous les hippodromes, y compris les plus petits, tels Cazaubon, Gabarret, Auch, Langon pour ne parler que de ceux du Sud Ouest. Alors, quels choix pour les autres entraîneurs ? L’attente et la préservation de leurs élèves.

Il nous semble que l’élevage est le terreau de multiples vocations de grands professionnels de la filière et Gérard Larrieu en est un exemple. Il est nécessaire de préserver ce maillage.

La pyramide doit avoir une base solide et la base admire les cracks qu’elle rêve de faire naître.

Nous sommes fières du rayonnement international de Paris Longchamp, fières de nos courses sélectives qui servent l’élevage. Mais nous voulons l’équité pour l’ensemble de la filière. Il doit y avoir de la place pour tout le monde ! »