Charlie, Freddy… et leurs drôles de dames !

Courses / 27.08.2018

Charlie, Freddy… et leurs drôles de dames !

Ce dimanche, l’hippodrome de Deauville accueillait les dernières épreuves black types de son meeting 2018. Cette édition a été marquée par la réussite de Freddy Head et de Charly Appleby dont les pensionnaires, souvent au féminin, ont fait preuve d’une réelle domination. Que valent leurs victoires de Groupe du 26 août ?

Par Bruno Barbereau, éditorialiste à Jour de Galop et animateur de Horse Racing Chrono

https://twitter.com/HorseRacingChro

Deux photos côte à côte sur deux colonnes : Aurélien Lemaître et Freddy Head ; William Buick et Charlie Appleby

Des chronos à la dérive. Les observateurs attentifs, dont les journalistes hippiques, n’ont eu de cesse de constater la dégradation de la prise des temps de course lors de l’été 2018 à Deauville (et certainement ailleurs). Le système mis en place il y a désormais de (trop) nombreuses années est de plus en imprécis, au point d’arriver à des données parfois fantaisistes. Ce qui était très loin d’être parfait au départ est en train de se dégrader, du fait du vieillissement du matériel. On pourrait comparer ce système à l’œuvre sur l’hippodrome de La Touques, avec une voiture qui fonctionne moins bien au fil des années car elle se dégrade avec les kilomètres. L’écart entre le temps et celui publié officiellement est de 250 à 500 millièmes de seconde, en fonction du positionnement de la cellule. En fin de course, le cumul de ces écarts génère une différence considérable.

Le tracking, c’est urgent. Cela n’engage pas la responsabilité des personnes qui récoltent et diffusent ces données, car l’erreur vient de l’obsolescence du matériel. La nécessité de la mise en place du tracking system est donc d’autant plus pressante. Malheureusement, ce projet semble au point mort. Prévue en juillet 2017, puis reportée à l’Arc 2018, la mise en place de ce système se fait toujours attendre. Les autres grandes nations hippiques ont choisi des solutions qui avaient déjà fait leurs preuves. La France a fait le choix de l’innovation, sans succès, car des problèmes techniques bloquent la mise en place.  

Tantheem is back. La belle impression dominicale revient à Tantheem (Teofilo), dans le Prix de Meautry Barrière (Gr3). La pensionnaire de Freddy Head ne s’était pas imposée depuis sa brillante victoire dans le Prix de Cabourg 2017 (Gr3), à 2ans, sur la même distance et le même parcours que ce dimanche. Après une pâle rentrée dans le Prix Imprudence (Gr3), en terrain très lourd, elle a échoué dans le Darley Prix Morny (Gr1). À l’occasion du Prix de Meautry, en terrain souple, la pouliche s’est imposée avec trois longueurs et demie d’avance, après avoir porté le poids de la course en tête à la corde. Le temps officiel est 1’09’’49. Mais après re-chronométrage, il est en fait de 1’09’’84. Elle signe donc une performance sérieuse et pour une 3ans, dans ce terrain, ce sont de très bons temps. Les 400 derniers mètres ont été parcourus en environ 23 secondes. Comme With You ** (Dansili) et Polydream ** (Oasis Dream), Tantheem est fidèle à l’image que l’on se fait des bonnes pouliches façonnées par Freddy Head : dure et sérieuse. Sans être phénoménale, sa victoire de dimanche mérite d’être saluée car elle est solide.

Le Grand Prix, une mayonnaise qui ne prend pas. Comme Freddy Head, Charlie Appleby a réalisé un très beau meeting grâce aux femelles et en particulier à la double gagnante de Groupe Beyond Reason (Australia). Mais c’est un mâle, Loxley (New Approach), qui lui a offert le Lucien Barrière Grand Prix de Deauville (Gr2). Cette épreuve, qui est un mélange entre le Prix Foy et le Prix Niel, a du mal à trouver sa place dans le calendrier. Il est difficile de cumuler le Grand Prix de Deauville et l’une des épreuves préparatoires officielles à l’Arc. Tout comme il n’est pas évident de passer directement de Deauville à la grande course. Sur une piste hachée, où beaucoup ont emprunté les grands boulevards, Salouen (Canford Cliffs) a déroulé en tête de la course. Le rythme était soutenu et le gagnant a parcouru 600m en 35,4 secondes. En terrain souple, le temps total officiel de 2’44’’00 est très correct. Loxley a bénéficié d’une excellente course en deuxième position. C’est un gagnant net et sans bavure, avec deux longueurs d’avance. Ce bon cheval a clairement le niveau pour remporter une course comme le Niel. Le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1) est par contre certainement hors de portée pour ce représentant de Godolphin, une écurie en forme. Disposant d’effectifs colossaux, les Bleus ont d’ailleurs certainement d’autres cartouches pour la grande course.