LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2018 - José et Sandra Delmotte : « À chaque naissance, on a un gagnant du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe entre les mains »

Élevage / 15.08.2018

LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2018 - José et Sandra Delmotte : « À chaque naissance, on a un gagnant du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe entre les mains »

LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2018 

HARAS D’HASPEL

Le Pont d’œuvre 61550 Touquettes

José et Sandra Delmotte : « À chaque naissance, on a un gagnant du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe entre les mains »

Comme chaque année, les journalistes de JDG ont visité les haras qui présenteront des yearlings en août chez Arqana. L’occasion d’un questionnaire un peu décalé. Aujourd’hui, nous faisons étape au haras d’Haspel, avec José et Sandra Delmotte.

Jour de Galop. - L’aspect de votre métier que vous préférez ?

José Delmotte. - La naissance des chevaux.

Sandra Delmotte. - La même chose. Mais c’est aussi ce que je déteste le plus. Quand ça se passe bien, c’est magnifique. À chaque naissance, on a un gagnant du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe entre les mains ! Mais parfois, cela se passe mal. Et forcément, c’est ce que je déteste le plus dans notre métier.

José Delmotte. - Nous avons déjà perdu des poulains et des juments à ce moment-là.

La qualité que vous appréciez le plus chez un cheval ?

José & Sandra Delmotte. - Le courage et la volonté.

Et le défaut qui vous fait hésiter ?

José & Sandra Delmotte. - Le contraire. C’est-à-dire les fainéants qui ont un grand potentiel, mais qui ne veulent pas se mettre au travail.

Si vous deviez convaincre un novice d’acheter un yearling en août, que lui diriez-vous ?

Sandra Delmotte. - Il faut surtout choisir le bon courtier. Être bien conseillé, c’est indispensable.

José Delmotte. - Il est également nécessaire d’avoir des moyens. Si ce n’est pas le cas, il ne faut pas tenter l’aventure. Les histoires à la Cirrus des Aigles, c’est un miracle. Mais c’est aussi un mirage que l’on agite devant de petits investisseurs qui sont écœurés au bout de deux ou trois années.

Sandra Delmotte. - En sachant qu’il n’est pas évident, lorsque l’on est novice, de bien choisir son courtier.

José Delmotte. - Pour bien le choisir, il faut en essayer deux ou trois. Il faut trouver une personne qui est capable de voir à long terme avec son client. Ce qui est rare, la facilité étant le profit immédiat. Un bon courtier doit être capable de mettre une certaine sagesse dans la politique d’achat qu’il propose à son client, s’il veut faire durer ce dernier. Le conseil que je donnerais à ce nouveau venu, c’est d’assister à quelques ventes avant de se lancer, en prenant des contacts pour essayer de se faire conseiller et ainsi trouver le bon courtier.

Si vous aviez la possibilité de faire évoluer la vente d’août sur un aspect, que changeriez-vous ?

José Delmotte. - La salle de vente est belle et l’agence très professionnelle. Mais je regrette une certaine austérité. Il faudrait plus de chaleur humaine pour que chacun se sente le bienvenu.

Qui auriez-vous aimé être, si vous n’aviez été vous ?

José Delmotte. - Dieu ! Dès lors, étant la perfection, je n’aurais plus de limites dans mes projets. Je connais des gens admirables, intelligents, impressionnants… mais nous avons tous des défauts, des aspects décevants dans notre personnalité. Je n’idolâtre donc personne. Alors, étant donné que je sais que je ne pourrai pas me changer, autant parler de ce qu’il y a de mieux !

Sandra Delmotte. - Je n’ai jamais été en admiration d’une personnalité en particulier. J’ai la chance de connaître des gens formidables, mais je n’ai jamais voulu être à leur place.

Quelle est, selon vous, la spécificité de votre préparation aux ventes ? Votre patte personnelle ou la chose la plus importante à vos yeux ?

José Delmotte. - Yannick et Sandra, mon gendre et ma fille, font tout pour ne pas faire mal aux chevaux.

Sandra Delmotte. - Nous faisons du cas par cas. Chaque cheval a droit à son programme, que ce soit au niveau de l’alimentation ou du travail. Certains ont besoin de moins. D’autres ont besoin de plus de volume.

José Delmotte. - Tout le monde est obsédé par les aplombs. Pourtant, la majorité des très bons chevaux de course n’est pas parfaite. Cette non-perfection n’a donc pas perturbé leur carrière de compétiteurs. Lors de la préparation, on peut redresser un poulain. Il sera d’aplomb, mais avec des conséquences parfois négatives sur son avenir sportif. Voilà ce que nous ne voulons pas faire.

"Je ne serais pas arrivé là, si..."

José Delmotte. - Si je n’avais pas travaillé ! Plus sérieusement, l’achat du haras d’Haspel est aussi un peu le fruit du hasard. Je venais de visiter le domaine viticole Vrai Canon Bouché. Une très bonne maison. Mon offre n’a pas abouti et j’ai finalement acquis ce haras. J’ai deux passions que je partage avec ma fille : le vin et les chevaux. J’aime les chevaux et il n’y pas d’explication particulière pour l’origine de cette passion. Mais c’est le travail qui m’a amené là où j’en suis. Je suis issu d’une famille nombreuse et modeste du Nord de la France. Mon père était mineur. Je suis l’avant-dernier de la fratrie et comme l’ensemble de mes frères et sœurs, j’ai commencé à travailler à 14 ans.

Le lieu où vous vous sentez le mieux ?

José & Sandra Delmotte. - Ici, au haras d’Haspel !

Et celui qui vous oppresse le plus ?

Sandra Delmotte. - Les grandes villes.

José Delmotte. - Les avions. Après quelques vols catastrophiques, et malgré un stage de désensibilisation chez Air France, j’ai toujours une certaine appréhension.

L’odeur que vous préférez ?

Sandra Delmotte. - L’odeur de la campagne, avec les foins, les chevaux, les écuries… comme beaucoup de gens qui font ce métier.

José Delmotte. - Tout ce qui est naturel.

Et celle qui vous fait horreur ?

José Delmotte. - J’ai du mal à supporter les odeurs fortes ou artificielles, comme les parfums.

À l’école, la matière que vous préfériez ? Et celle que vous haïssiez ?

Sandra Delmotte. - J’affectionnais les matières littéraires, comme le français ou la philosophie. Je détestais la physique et la chimie.

José Delmotte. - J’aimais tout, même si cela n’a pas duré longtemps, car j’ai commencé à travailler à 14 ans. Je me souviens avoir beaucoup aimé le dessin industriel.

Choisissez une photo exposée chez vous, et commentez-la !

José Delmotte. - Je n’ai pas beaucoup de photos. Mais je choisirais celle de mes petits-enfants. C’est le plus important.

LES YEARLINGS DE LA VENTE D’AOÛT

Lot Sexe Père Mère

57 F. Night of Thunder True Match

193 F. Le Havre Prompt Beauty

211 F. Golden Horn Sayfoonisa

270 F. Le Havre Be Released

305 M. Toronado Galaxie Quest

344 M. Outstrip Mrs Micawber

LES YEARLINGS DE LA v.2

Lot Sexe Père Mère

350 M. French Navy Primaprima

452 M. Sidestep Ideal World

470 M. Siyouni Living Art

Pile ou Face !

Nous avons soumis les éleveurs à une rafale de questions. Konbini a son Fast & Curious, Jour de Galop a son Pile ou Face !

Pour voir la vidéo, cliquez ici (avec ce lien : http://www.jourdegalop.com/video/le-pile-ou-face-de-jose-et-sandra-delmotte)