Les éleveurs français en première ligne sur les questions sanitaires

Élevage / 26.08.2018

Les éleveurs français en première ligne sur les questions sanitaires

L’Assemblée générale de la Fédération des éleveurs du galop s’est déroulée mercredi 22 août à Deauville. Adrien Rambaud, qui dirige la commission "éleveurs d’aujourd’hui" fut le premier des intervenants de la journée. Il a expliqué : « L’année dernière, nous avions lancé le statut de "porteur de projet". Une dizaine de personnes ont adhéré par ce procédé, avec des profils très différents. En outre, la commission a développé un partenariat avec une association très dynamique, "Aux courses les jeunes". Nous en profitons pour saluer le remarquable travail de Romane Carron, une ancienne stagiaire de la Fédération, au sein de cette association. Ce partenariat a débouché sur des visites de haras et de centres d’entraînement qui ont connus un réel engouement. »

La commission étalonnage. Julian Ince est à la tête de la commission étalonnage, il a déclaré : « Nous avons demandé à ce que le catalogue des étalons soit distribué aux membres, et à l’ensemble des naisseurs français, mais aussi à l’étranger, largement. C’est une très bonne chose car cela participe à la promotion des reproducteurs et des élevages français. De même, nous apparaissons dans 374 courses de Groupe et Listed dans les pages de Jour de Galop, avec notre success box. Nous avons travaillé avec l'Ifce pour améliorer le système informatique de déclaration des premiers sauts. Le temps requis pour une telle procédure est passé de douze minutes à trois minutes, ce qui est appréciable quand vous avez 500 déclarations par an. De même, nous avons passé une journée entière avec la nouvelle direction du Sire pour présenter les difficultés les plus courantes rencontrées par le personnel administratif des haras. Nous espérons une amélioration significative dans le semestre à venir. Nous travaillons aussi de manière très assidue avec la commission sanitaire. Pour la saison de monte 2018, nous avons croisé les doigts car nous ne disposions pas de vaccins pour l’artérite virale. Par bonheur, tout s’est bien passé et cette saison de monte n’a pas été le théâtre de beaucoup de problèmes sanitaires. Le contrôle des juments avec les tests Elisa et P.C.R. est une autre évolution positive. »

La commission sanitaire. Tim Richardson s’est exprimé au nom de la commission sanitaire : « La vigilance est un travail d’équipe et elle permet de déjouer certains pièges qui pourraient venir perturber la saison de monte. L’action de la Fédération des éleveurs a permis d’obtenir la généralisation de la P.C.R. en France, nous mettant ainsi sur un pied d’égalité avec l’Angleterre. » Guillaume Fortier a précisé : « Ces tests sont plus pratiques et plus applicables aux situations d’urgence. Ils ont été développés en France, mais dans un premier temps utilisés par les Anglais et les Irlandais. Dans un deuxième temps, nous avons eu l’autorisation de les utiliser dans l’Hexagone grâce à plusieurs soutiens forts, notamment de France Galop et de la Fédération des éleveurs. Nous attendions cela depuis des années. » Tim Richardson a détaillé : « Nous bénéficions tous du travail du Respe, mais c’est une organisation qui est malheureusement fragile du fait de son coût. En cas de problème sanitaire, le Respe organise des conférences téléphoniques pour que les personnes qui travaillent sur le terrain puissent avoir une vision plus large de la situation. » Guillaume Fortier a dit : « On peut tous être acteurs du Respe, en faisant remonter l’information. La Fédération des éleveurs du galop joue pleinement son rôle dans ce cadre. Les Anglais et les Irlandais nous envient ce système. » Tim Richardson a ajouté : « La rhinopneumonie a entrainé l’annulation de nombreuses manifestations équestres. Heureusement, en France, le vaccin est obligatoire et il est recommandé en Angleterre. Aucun vaccin n’est parfait mais plus le pourcentage de la population vaccinée est élevé, plus ce procédé est efficace. Chaque avortement ou chaque perte de cheval nous fait prendre conscience de l’importance de la vaccination. Le vaccin contre le rotavirus, pour les foals, n’est pas encore autorisé en France. Nous travaillons pour qu’il soit enfin disponible dans notre pays. » Guillaume Fortier a conclu : « Zoetis, l’unique fournisseur, a déposé un dossier auprès de l’agence du médicament vétérinaire. La Fédération des éleveurs du galop apporte son appui pour faire accélérer ce dossier car ces vaccins efficaces ont prouvé, dans le monde entier, qu’ils étaient sans risques. Il n’est jamais facile d’évoluer dans un marché avec un seul fournisseur et, au niveau européen, les éleveurs de pur-sang œuvrent dans l’objectif d’inciter d’autres laboratoires à se lancer. Cela permet d’éviter certaines situations de pénuries. »