Six pouliches par Scat Daddy au prix moyen d’un seul

International / 29.08.2018

Six pouliches par Scat Daddy au prix moyen d’un seul

L'an dernier, tout le monde voulait un yearling de l’ultime génération de Scat Daddy (Johannesburg). L’étalon d'Ashford Stud avait eu 71 produits vendus à un prix moyen de 314.296 $. Les acheteurs ne pouvaient pas savoir que dans l’avant-dernière génération, il y avait un poulain, encore inédit à l’époque des ventes, qui est devenu ensuite Justify, le treizième lauréat de la Triple couronne. Tous les crieurs ont rappelé qu’ils vendaient les derniers yearlings de Scat Daddy… Eh bien non ! Il suffit de lire nos confrères de Latin American Thoroughbred. Les derniers, et, encore mieux, les dernières, parce qu’il s’agit de pouliches, sont passées samedi au Chili , au cours de la vente du haras Matriarca, organisée par l’agence Fernando Zanartu Rozas. Sept pouliches sont passées sous le feu des enchères et six ont trouvé preneurs pour un C.A. de 273.485 $.

Un top price pas banal. Il ne faut pas enfiler la perruque d’Einstein pour découvrir qu’un acheteur sage et courageux pouvait avoir six femelles par Scat Daddy pour l’équivalent du prix moyen d’un yearling issu du même étalon, mais né dans l’hémisphère nord. La plus convoitée des pouliches a été adjugée 60.600 $ à l’entraîneur Carlos Bagù et possède un pedigree spécial, avec un inbreeding 3x3 sur Myth (Ogygian), la mère de Johannesburg (Hennessy), c’est-à-dire le père de Scat Daddy. Côté anecdotique, la mère de la pouliche, Send her Roses (Tiznow), a été élevée par Darley et la deuxième mère, Show me the Roses (Storm Cat), est un produit Coolmore. Il n’y a pas trace d’un passage de Send her Roses dans une vente publique, et le haras Matriarca l’a achetée aux États-Unis.

Le gros pari du haras Matriarca. Comme toutes les poulinières qui ont produit les pouliches vendues mardi au Chili, Send her Roses a été saillie par Scat Daddy pour la saison de l'hémisphère sud et envoyée ensuite au pays. Scat Daddy, en fait, n’a pas fait la navette après la saison 2012, mais Ashford Stud a vendu des saillies aux éleveurs chiliens. Le haras Matriarca a bien profité de cette opportunité et a 23 produits de la génération 2016 et 20 de la génération 2015. Les six pouliches vendues mardi ont toutes une histoire similaire : l’éleveur chilien Felipe Sullivan a acheté une jeune poulinière et l’a présentée à Scat Daddy avant de l’envoyer au pays, pleine et parfois suitée par un produit de l’étalon.

L’histoire de Cheeky. Parmi celles qui ont aussi un Scat Daddy né aux États-Unis, il y a Cheeky (Lemon Drop Kid), qui est passée deux fois sur le ring d'Arqana. Elle a été achetée par Jean-Claude Rouget à la breeze up 2012, pour 80.000 €, et, après avoir remporté un succès à Carpentras, elle a satisfait les expectatives du courtier Johnny McKeever, qui a signé un bon de 15.000 € pour l’éleveur chilien. Cheeky est partie de la France vide, a attendu son tour au Kentucky, a donné un poulain qui n’a pas encore gagné et, enfin, a rejoint le haras Matriarca. Sa pouliche 2016 a été achetée 59.091 $, soit le deuxième prix de la vente, par Juan Pablo Baeza.

 

Et celle de Paper Angel. Le troisième prix de la vente (45.455 $) a elle aussi sa petite histoire. Sa mère, Paper Angel (Belong to Me), a été achetée pour 21.000 $ à Keeneland, en janvier 2014. Elle était pleine de Pionneerof the Nile (Empire Maker). À ce moment, le meilleur produit de l’étalon, le futur gagnant lauréat de la Triple crown American Pharoah, avait commencé le débourrage. Le produit du croisement, une pouliche née dans l’hémisphère nord, a réussi le grand coup de trois : elle est passée trois fois en vente et a été rachetée trois fois. Sous l’identité Nile’s Angel, elle a décroché quelques places à Gulfstream Park. Paper Angel a ensuite rencontré à deux reprises Scat Daddy. Il n’arrive pas à beaucoup de poulinières de rencontrer deux étalons qui ont produit deux gagnants de la Triple crown