52e Conférence internationale des autorités hippiques - Comment rendre le pari hippique attractif ?

International / 09.10.2018

52e Conférence internationale des autorités hippiques - Comment rendre le pari hippique attractif ?

LE MAGAZINE

Lundi, France Galop accueillait la 52e Conférence des autorités hippiques. La principale session du matin était consacrée au pari et aux moyens pouvant être mis en œuvre pour l’encourager et le relancer.

Les clés de développement du pari hippique. Winfried Engelbrecht-Bresges, vice-président de la Fédération internationale des autorités hippiques (Fiah) et président du Hong Kong Jockey Club (H.K.J.C.), présidait cette session. Il a commencé en rappelant que « les courses, sans le pari, ne peuvent pas exister. » Il s’est livré à une analyse de l’état du marché du jeu, soulignant le développement mondial du pari sportif, développement amené encore à prendre de l’ampleur dans les prochaines années.

Les clés pour relancer le pari sont : l’information aux parieurs, qui doit être la plus complète et accessible possible, une compétition juste et régulière passant aussi par un sport propre à 100 %, avec des contrôles en compétition et hors compétition, une offre de paris complète et, dans le cadre d’un marché des paris mondialisé, un développement de paris exotiques à considérer pour que chaque parieur trouve l’offre désirée, la lutte contre le pari illégal, et ne jamais oublier l’importance du propriétaire, sans lequel il n’y a pas de cheval. Des Paris exotiques, pour les dirigeants hongkongais, signifient des paris auxquels les joueurs locaux ne sont pas habitués, par exemple un pari vertical pour un parieur français. 

Les statistiques de Hongkong. Les deux puissances mondiales du pari hippique, en 2018, sont asiatiques : c’est le Japon et Hongkong. Richard Cheung, directeur exécutif du H.K.J.C., s’est livré à une explication passionnante sur les différentes mesures mises en place pour encourager le pari hippique. Le H.K.J.C. a mené une étude sur plus de 2.000 courses entre 2015 et 2018. Les tendances dégagées sont claires.

Le H.K.J.C. a donc des clés en main pour construire un programme quotidien permettant aux parieurs de mieux s’y retrouver, comme l’explique Richard Cheung : « Les courses avec les moins bons chevaux sont placées en début de réunion. Cela laisse le temps aux parieurs de prendre en compte les conditions de courses. Plus vous avancez dans la journée, plus le chiffre d’affaires augmente. Les parieurs ont de plus en plus d’informations qui tombent : l’état de la piste, le temps, l’effet du vent dans la ligne droite. Plus les chevaux ont une forme prouvée, plus le chiffre d’affaires augmente aussi. Les performances passées des chevaux comme des jockeys ont une importance capitale. Et plus il y a de partants, plus il y a de paris. Il nous faut donc optimiser le nombre de partants. C’est un facteur capital. »

Encourager les propriétaires et donc les parieurs. Hongkong est un pays de courses à part : il n’y a pas d’élevage et il faut donc trouver les chevaux à l’étranger et, comme le montre l’étude précédente, de bons chevaux si possible. Richard Cheung explique : « Il nous faut assister les propriétaires pour qu’ils investissent dans de bons chevaux. Ils ne peuvent pas faire toutes les ventes à l’étranger, donc nous nous déplaçons pour les acheter, avant de les importer à Hongkong et de les faire passer par nos ventes. Évidemment, s’il y a un investissement des propriétaires pour les bons chevaux, il faut que les allocations suivent. Et, quand il n’y a pas de chevaux de Groupe qui courent, comment faire pour attirer les paris ? On constate que les chevaux en progrès, avec de bonnes performances, plaisent. »

L’international, également une clé pour Hongkong, avec des questions à se poser. Le H.K.J.C. poursuit son développement international, avec le nombre d’interrogations qui va de pair. Richard Cheung a expliqué : « Comment présenter l’information pour que les clients étrangers aient envie de parier sur nos courses ? Il faut travailler avec les médias pour que les clients apprennent à connaître nos courses. Nous avons un partenariat avec le Racing Post par exemple, ou encore At the Races. Il faut aussi nous adapter au marché international. Les réseaux sociaux sont d’une grande importance. Nous pouvons également communiquer sur les changements de noms des chevaux pour que les clients étrangers s’y retrouvent. Concernant l’international, nous avons le sentiment qu’il y a encore plus à faire. Il nous faut aider les autres pays à parier sur les courses de Hongkong via la masse de paris de Hongkong. Il nous faut réfléchir à développer les paris exotiques : s’adapter à ce que les clients étrangers aiment comme types de paris. Et, pour cela, l’harmonisation des règles de paris est un point important. » Ainsi, le Hong Kong Jockey Club est en négociation avec la France sur un échange de masse commune : parier depuis la France sur Hongkong via le pool du H.K.J.C. et, pour Hongkong, parier sur la France via notre masse.

Embrasser la technologie. Martin Panza, vice-président senior des opérations de course à la New York Racing Association, a développé plusieurs axes, dont la nécessité d’avoir des courses fournies en partant. Il a aussi parlé de l’importance de la technologue : « Les courses doivent s’adapter à la technologie pour survivre. C’est essentiel pour atteindre tous les clients potentiels. Le wifi doit être parfait tout le temps sur l’hippodrome. Il faut développer des applications spécifiques : où manger ? Où trouver le moins de queue pour aller parier ? Les réseaux sociaux ont changé le monde, pour le meilleur ou pour le pire. Mais ils permettent de comprendre le client et de recueillir ses impressions… Cela ne sert à rien de se battre contre cela. Il faut embrasser ce changement. »

Les Big Days. Les Américains ont pu parier sur un report ParisLongchamp/Belmont via un Pick 4 transatlantique ce dimanche. Martin Panza a expliqué : « Cette association a permis de prendre un grand jour de courses en France pour le transformer en grand jour de courses pour la Nyra aussi. Le monde est de plus en plus petit. » La Nyra, comme le Hong Kong Jockey Club, compte sur la qualité des partants pour encourager le pari hippique, via le concept des grands jours de course : « Cela inclut des efforts marketing, d'encouragement des bons chevaux à venir, les droits TV, les sponsors, l’augmentation de la fréquentation sur l’hippodrome. Le but est d’en avoir un par mois entre avril et décembre. » L’autre défi de la Nyra est de composer avec les différents meetings américains, notamment l’hiver où les chevaux partent chercher le soleil… « Nous encourageons les chevaux à courir sur les hippodromes de la Nyra en augmentant leurs allocations selon leur nombre de participations dans nos courses. Cela incite à les garder chez nous pendant la saison creuse. Attention cependant, il faut aussi protéger le cheval qui doit courir dans une limite raisonnable. »

Le cas de l’Amérique du Sud

On parie en France sur les courses dites exotiques, avec Maronas ou autres Las Piedras. Ces courses, critiquées, pourraient disparaitre en partie de nos écrans dans les mois à venir. Hernan Lavallen, directeur général du Latin American Racing Channel (Larc), a de son côté demandé aux différents dirigeants internationaux de venir en aide aux courses sud-américaines et de les soutenir pour leur développement. Hernan Lavallen a rappelé que, avant 2006, les différentes courses sud-américaines ne s’exportaient pas au-delà de la région. Le problème est que le chiffre d’affaires et la moyenne des paris sur les courses sont basses localement. « Nous rencontrons un problème pour être compétitifs sur le marché international en raison de masses trop basses. L’Amérique du Sud a besoin du marché international pour se développer. (…) Le développement de la masse commune est important pour permettre au marché de se développer. Nos courses sont bien accueillies dans le monde entier désormais. »

Le quatrième intervenant, Will Lambe, directeur exécutif de la British Horse Racing Association, est revenu sur des thèmes déjà évoqués, comme la compétition des paris sportifs, a développé des thèmes plus spécifiques aux courses anglaises (avec les bookmakers), et est revenu sur la nécessité d’anticiper la crise des Fixed Odds Terminals, situation que nous avons déjà longuement développée dans Jour de Galop.