Elle vient du Sud…

Courses / 09.10.2018

Elle vient du Sud…

Par Adeline Gombaud

Michel Sardou en a fait une chanson. Patrice Camacho, président de la Société hippique de Marseille, a une jolie formule : « Auparavant, mes couleurs, c’était blanc et vert, mais désormais c’est toutes les couleurs du Sud-Est ! » Lily’s Candle (Style Vendôme) a réalisé un drôle d’exploit en remportant le Qatar Prix Marcel Boussac (Gr1). Il y le côté sportif, bien sûr, puisque sa meilleure performance brute était jusque-là sa victoire dans la Listed vichyssoise Prix des Jouvenceaux et Jouvencelles. Mais cela va au-delà. Lily’s Candle, élevée en Normandie chez les Lepeudry mais façonnée dans le Sud-Est, a été tout simplement la seule pouliche entraînée en France à gagner un Gr1 dimanche, le premier de son entraîneur, Fabrice Vermeulen, et le premier pour un cheval entraîné à Calas.

« Je n’étais pas à ParisLongchamp dimanche, mais j’ai crié tout seul devant ma télé, et oui, ce fut une grande fierté. Je tiens à féliciter Fabrice Vermeulen et son équipe, en particulier son bras droit ici à Marseille, Patrick Filippi », avoue Patrice Camacho. L’homme a le droit d’être fier, car il a sans doute une certaine part dans la réussite des chevaux marseillais cette année. Quelques chiffres ? Dix-sept Quintés remportés depuis le début de l’année, dont seize en plat, un Gr1 en plat donc, un Gr2 en Italie (Royal Julius, pour l’entraînement de Jérôme Reynier), une Listed sur les obstacles (Cote de Grâce, Richard Chotard)… Lors du plus beau week-end des courses françaises, les Marseillais ont aussi pris la deuxième place du Haras de Bouquetot - Critérium de la Vente d’Octobre Arqana (Edinson, Richard Chotard), ainsi que les quatrième et cinquième places du Qatar Prix Dollar (Royal Julius et Master’s Spirit, Jérôme Reynier).

Des travaux salvateurs. Patrice Camacho explique : « J’ai repris Calas en 2015. Contre vents et marées, je me suis battu pour que l’on refasse les pistes en sable. Elles dataient de 1985, elles étaient logiquement détériorées, avec des pierres qui remontaient, et régulièrement, les chevaux s’abîmaient. Fractures, fêlures, tendinites… J’ai obtenu gain de cause, et en plus de la rénovation des écuries, un chantier entamé en 2014 sur deux tranches de trois ans, nous avons complètement refait ces pistes en sable, sans que le budget alloué par France Galop n’augmente d’un centime. À présent, nous avons un outil de travail idéal. C’est un cercle vertueux : cela a attiré de nouveaux entraîneurs et propriétaires. On voit régulièrement les Vermeulen, Reynier, Escuder, Borgel, Rossi, Chotard, etc., courir et gagner à Paris. Ils osent, réussissent et je voudrais aussi souligner que d’une façon générale, c’est bien la province qui fournit à l’Institution la majorité des partants ! » Le centre d’entraînement s’étend sur une centaine d’hectares et accueille 600 chevaux. « Nous avons 676 boxes, dont 16 pour l’Afasec, et quelques-uns qui permettent de loger les chevaux des écuries qui sont en rénovation. Ces travaux, indispensables car les écuries présentaient de l’amiante, nous ont permis d’avoir des boxes très bien isolés, donc frais en été, et chauds en hiver… J’ai plus de demandes que de boxes disponibles ! » Côté pistes, les vingt-cinq entraîneurs bénéficient d’une piste de 3.300m en sable, d’un anneau de 1.200m comportant une piste en sable, une fibrée, une piste en sable avec des haies et une en sable avec des obstacles de steeple. Il y aussi 13 hectares de piste en herbe… Alors, vous êtes toujours étonné que le seul gagnant de Gr1 de dimanche dernier vienne de Calas ?