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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

It’s All About the Girls débarque en France !

Courses / 19.10.2018

It’s All About the Girls débarque en France !

À l’occasion des ventes d’octobre, It’s All About the Girls débarque en France ! Anna Seitz Ciannello, sa créatrice, nous a expliqué la genèse de cette écurie de course 100 % féminine à échelle internationale et son implantation imminente en France.

Par Charlotte Rimaud

Anna Seitz Ciannello, responsable des relations clients et publiques à Fasig Tipton, a créé ce syndicat uniquement réservé aux femmes en 2013. Lancé depuis les États-Unis, It’s All About the Girls Racing est désormais bien implanté en Australie et en Irlande. En octobre à Deauville, Anna Seitz Ciannello et son équipe feront leurs emplettes pour lancer leur syndicat en France. Elle nous a dit : « La France est l’un de mes pays préférés. Ses hippodromes font partie des endroits les plus beaux et les plus pittoresques que je connaisse au monde. Je sais que bon nombre de nos membres, ici aux États-Unis, aimeraient avoir une bonne excuse pour visiter Paris et Deauville. Je pense que nous avons une équipe française formidable qui partage nos valeurs et comprend notre modèle. J’ai contacté Tina Rau pour lui demander si elle serait intéressée par le fait d’acheter quelques pouliches pour nous. Elle était très enthousiaste et a procédé à des préinspections. Nicolas Clément, un ami de longue date, comprend l’importance de l’aspect social pour nos membres. Non seulement il entraînera pour nous, mais il nous aidera à organiser des brunchs et des matinées à l’entraînement, entre autres. Éric Hoyeau, Pauline Boulc’h Mascaret et Alix Choppin, d’Arqana, ont eu la gentillesse de nous aider, avec France Galop également. »

Un sommet à Paris. « Notre objectif est d’organiser un séminaire It’s All About the Girls à Paris lors d’un week-end. Nous inviterons tous les partenaires à se rencontrer, à assister aux courses et bien sûr à faire du shopping et à profiter de la gastronomie autour de dîners ! Nous voulons que le réseau continue à se développer. Si une femme américaine souhaite se rendre à l’Arc, elle aura des amies en France et pourra les contacter pour qu’elles l’aident à préparer son voyage par exemple. Notre filière devient de plus en plus internationale et tout le monde aime avoir une excuse pour voyager dans un nouveau pays ! »

Tout a commencé en 2013. « J’ai créé It’s All About the Girls en 2013 dans le Kentucky pour initier les femmes aux courses. J’ai remarqué que beaucoup aimaient ce sport, mais sans être propriétaires. Elles étaient intimidées par tout le processus. Le syndicat m’a paru être une manière pour elles de s’amuser et de rencontrer d’autres femmes avec le même intérêt sans avoir à se soucier de toutes les factures, de monter une entreprise, d’obtenir une licence, etc. »

38 femmes en talons de 10cm. Le premier partenariat était composé de 38 femmes et d’une pouliche nommée Four Inch Heels (que l’on peut traduire par « talons de 10cm »), achetée 25.000 $. « Elle a gagné pour ses débuts et a couru au niveau Stakes à Churchill Downs à l’automne de ses 2ans. Sur ces 38 membres, douze m’ont demandé de leur donner une autre chance et beaucoup d’entre elles ont fait participer leurs amis. Grâce aux réseaux sociaux et au bouche-à-oreille, il y a eu un effet boule de neige. C’est maintenant devenu un groupe social et de réseautage et nous rencontrons tant de femmes extraordinaires au fur et à mesure des courses et des événements ! »

Le modèle américain. Aux États-Unis, le It’s All About the Girls Racing se présente sous forme de société à responsabilité limitée pour chaque cheval syndiqué. Anna Seitz Ciannello précise : « Quand une femme membre achète une part d’un cheval, c’est comme si elle achetait une part dans cette société. La participation minimale est maintenant de 5 % et nous avons des groupes où il y a vingt membres et d’autres où elles ne sont que cinq. Nous sommes maintenant en train de faire des emplettes, si je puis dire, pour notre dixième groupe de propriétaires, ce qui est difficile à croire ! » Des soirées sont organisées autour des courses et des ventes tout au long de l’année. Tous les membres de It’s All About the Girls sont conviés ainsi que leurs invités. « Nous avons en quelque sorte créé ce réseau et donné aux femmes l’occasion de rencontrer d’autres femmes qui s’intéressent aux courses. Certaines sont passionnées par ce sport et d’autres le deviennent par l’intermédiaire de leurs maris. »

Le modèle australien. It’s All About the Girls est arrivé en Australie en 2015 sur la base de 40 membres par cheval. « Alors que j’assistais à la vente de yearlings Magic Millions sur la Gold Coast, j’ai rencontré Elaine Lawlor et nous avons décidé de nous associer pour implanter It’s All About the Girls en Australie. Elaine y vit la moitié de l’année, elle s’occupe du quotidien du syndicat sur place. James Bester, un ami commun, a acheté notre première pouliche, Global Glamour (Star Witness), pour 65.000 $ et elle s’est révélée être une championne. Elle a gagné deux Grs1 à 3ans sous l’entraînement de Gai Waterhouse et Adrian Bott. Depuis, nous avons ajouté deux autres pouliches à l’écurie australienne. Chaque pouliche est la propriété d’un syndicat distinct. Toutefois, chaque syndicat est composé de 40 parts, de sorte que chaque associée a le même droit de propriété. »

Le modèle irlandais. Elaine Lawlor travaille pour Goffs. It’s All About the Girls s’est alors naturellement tourné vers l’Irlande. « Par l’intermédiaire de BBA Ireland, nous avons acheté deux pouliches pour des sommes modestes et les avons ensuite vendues. Entraînée par Jessica Harrington, Chicas Amigas (Dragon Pulse) nous a emmenées à Royal Ascot avant d’être vendue à Qatar Racing et l’autre pouliche a gagné au niveau Stakes. C’était Sparkle’n’Joy (Sepoy). Ensuite, les filles ont voulu en acquérir d’autres, ce que nous avons fait aux dernières ventes Goffs, avec trois yearlings. Nos membres irlandaises s’amusent tellement que nous avons maintenant 40 parts dans ce syndicat ! »

Des femmes de A à Z. « Elaine et moi travaillons depuis longtemps dans le milieu et avons à nous deux un grand réseau de professionnels des courses, ce qui est utile pour la création de nos syndicats. Nos entraîneurs, Gai Waterhouse et Jessica Harrington, ont été géniales lorsque nous nous sommes lancées. Lorsque nous nous sommes implantées en Australie, certaines femmes travaillaient pour des sociétés de vente (comme Elaine à Goffs), ou bien il s’agissait de femmes de dirigeants de sociétés de vente comme Anne Hoyeau ou encore Nicole Cox (épouse de Vin Cox, alors directeur de Magic Millions). » Quant au choix des entraîneurs aux États-Unis, Anna Seitz Ciannello nous a dit : « Nous choisissons des entraîneurs qui sont basés dans des endroits où nous pensons pouvoir maximiser le potentiel de chaque cheval. Ces entraîneurs ont aussi vraiment adopté le concept d’It’s All About the Girls et nous ont aidées à intégrer de nouveaux membres. La communication est aussi un point essentiel pour nous. Nous avons donc tendance à nous tourner vers des entraîneurs prêts à communiquer et qui n’hésitent pas à envoyer une photo ou une vidéo d’une séance d’entraînement par exemple. »