La vraie gagnante de l’Arc 2018, c’est Urban Sea !

Courses / 02.10.2018

La vraie gagnante de l’Arc 2018, c’est Urban Sea !

C’était il y a exactement vingt-cinq ans. Le 3 octobre 1993, la victoire d’Urban Sea (Miswaki) dans le Prix de l’Arc de Triomphe ne fut pas considérée à sa juste valeur par la presse hippique. Dans Courses & Élevage, on pouvait d’ailleurs lire : « Petite année et petits lots […] Dans ces colonnes, nous avons écrit la petite estime dans laquelle nous tenions la génération classique, en faisant toutefois exception pour quelques pouliches. Nous nous souvenons même nous être autocensurés après les classiques de juin pour laisser aux trois ans l’occasion de nous étonner, de nous faire mentir. Pour la très simple et excellente raison que le plaisir du chroniqueur consiste à s’enthousiasmer et non à dénigrer. Ainsi nous avons déploré de ne pouvoir emboucher les trompettes de la renommée pour saluer en musique les exploits de Zafonic. Il restera un deux ans ayant ébloui dans les Guinées, quand nous espérions davantage. Kingmambo nous a un peu consolés, mais pas tout à fait cependant […] Dans notre échelle de valeurs – certes subjective, mais peut-il en être autrement ? –, le Subotica de 1992 aurait devancé de trois bonnes longueurs les protagonistes de l’Arc 1993, lui-même étant devancé des mêmes trois longueurs par le Suave Dancer de 1991. Ce qui met à leur vraie place leurs cadets Urban Sea et White Muzzle et leur contemporain Opéra House. Quant à Dancing Brave et Bering – sept ans déjà, comme le temps passe... –, ils auraient oublié tout ce petit monde au Pavillon. Reste qu’un "petit Arc" est toujours un Arc. »

À la conquête du monde. Que de chemin parcouru en un quart de siècle. Alors que Subotica (Pampabird) et Suave Dancer  (Green Dancer) ont – presque – disparu des pedigrees modernes, Zafonic (Gone West), Kingmambo (Mr Prospector) et Urban Sea sont au contraire partis à la conquête du monde hippique. Les deux premiers cités ont une réelle influence, mais le sang de l’ancienne pensionnaire de Jean Lesbordes s’est répandu à une vitesse jamais atteinte pour une jument dans l’élevage européen. Le dernier de ses 11 produits est né en 2001. Ce mardi, après les seconds forfaits, dix des dix-neuf chevaux encore en lice pour l’Arc ont Urban Sea dans leur pedigree. Neuf par l’intermédiaire de Galileo (Sadler’s Wells). Son frère Sea the Stars (Cape Cross) n’a pour l’instant que Cloth of Stars dans la liste. Mais on attend la supplémentation de Sea of Class. Vingt-cinq ans après sa victoire, une chose est certaine, c’est bien Urban Sea la grande gagnante du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe 2018 ! Si pour l’instant, la diffusion de son sang passe surtout par ses fils au haras – Galileo, Sea the Stars, Born to Sea, Black Sam Bellamy –, il ne faut pas éclipser la grande vivacité de sa descendance par la voie femelle avec pas moins de 24 black types, dont deux lauréats de Gr1 supplémentaires en 2018, Masar (Derby d’Epsom) et Athena (Belmont Oaks Invitational Stakes). On peut donc affirmer le truisme suivant : l’influence d’Urban Sea ne va aller qu’en s’amplifiant, avec de plus en plus d’étalons issus d’elle par la voie femelle ou par la voie mâle !