LE SPORT PAR LE TEMPS - Enable, bien sûr, mais aussi (et surtout) Sea of Class

Courses / 09.10.2018

LE SPORT PAR LE TEMPS - Enable, bien sûr, mais aussi (et surtout) Sea of Class

Après deux années à Chantilly, le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe retrouvait la capitale, ParisLongchamp et toute l’ambiance qui va de pair… Un grand plaisir, et des souvenirs d’enfant qui ont rejailli pour beaucoup. Le terrain était officiellement bon, à 3,2, mais les temps des différentes courses du dimanche laissent penser qu’il tirait vers le souple, certainement en raison des arrosages destinés à prendre soin de la piste. Une piste qui s’est plutôt bien tenue, malgré les craintes que l’on pouvait avoir suite aux Arc Trials.

Une rapide étude statistique donnait quelques indices quant au résultat. Depuis dix ans, les femelles de 3 ou 4ans se sont imposées à six reprises. Les places à la corde allant de 1 à 10 sont très avantageuses. Au-delà de la 15e, cela devient très compliqué…

Les favoris répondent présent. Cette édition avait réuni dix-neuf partants, dont trois favoris : Enable (Nathaniel), en quête d’un doublé, Sea of Class (Sea the Stars), la 3ans supplémentée, et Waldgeist (Galileo), la meilleure chance française. Enable, avec son 6 à la corde, est bien partie et a pu se placer en quatrième ou cinquième position, à proximité des leaders, Nelson (Frankel) et Capri (Galileo). La course a été régulière et le peloton s’est vite étiré. Les 1.400 premiers mètres ont été couverts en 1’33’’40. Fidèle à ses habitudes, et avec le numéro 15 dans les boîtes, Sea of Class a attendu. Seulement cette fois, ce n’était pas un peloton de huit ou dix chevaux, mais de dix-neuf ! Et cela n’est vraiment pas la même chose… À 600m de l’arrivée (temps de 1’52’’46), Enable était à trois longueurs du leader, Sea of Class à plus de onze ! Lanfranco Dettori a temporisé au maximum, et ce n’est qu’après le poteau des 400m qu’il a ouvert les doigts. La pouliche a arraché la victoire en 2’29’’25, un temps correct si l’on considère que le terrain était souple, mais très éloigné du record de Danedream, en bon terrain, et en 2’24’’49. La championne a couvert les derniers 400m en 24’’12 et les derniers 600m en 36’’30.

Mission impossible. Sea of Class n’a échoué que d’une courte tête, couvrant les derniers 600m dans le fabuleux temps de 34’’96 et les derniers 400m en 23’’54. Il est vrai qu’elle a été montée de façon plus "économique" qu’Enable, ce qui a permis de préserver son accélération, et il est vrai qu’Enable a connu une préparation très perturbée, avec une seule course dans les jambes. James Doyle peut s’estimer heureux d’avoir trouvé l’ouverture à 300m du but, un moment où beaucoup de chevaux faiblissaient et où certains ont dû un peu patienter, comme Waldgeist, finalement quatrième.

Timeform a livré son verdict. La performance d’Enable en 2017 avait été estimée à 133+. Elle n’est que de 127 cette année, soit trois longueurs de moins. Il faut toutefois saluer le travail effectué pour ne serait-ce que la présenter au départ, tout comme la monte de Frankie Dettori.

Cette édition confirme aussi la faiblesse de la génération classique. Sea of Class est effectivement très bonne, mais derrière, et surtout chez les mâles, c’est le désert, ou presque !

L’Arc vu par les chronos

Temps brut Derniers 600m Derniers 400m
Enable 2’29’’24 36’’30 24’’12
Sea of Class 2’29’’26 34’’96 23’’54
Cloth of Stars 2’29’’38 35’’88 23’’90
Waldgeist 2’29’’52 35’’78 23’’76
Capri 2’2’’72 37’’06 24’’72

Lily’s Candle sauve l’honneur. Dimanche, sur les six Grs1 réservés aux pur-sang, cinq ont été remportés par des britanniques. Seule Lily’s Candle (Style Vendôme), pour Fabrice Vermeulen et le centre de Calas, a sauvé l’honneur de la France ! En 2017, le score était de 6 à 0, de 5 à 1 en 2016, de 4 à 2 en 2015. Il faut remonter à 2014 pour trouver l’égalité parfaite ! La question se pose : problème de chevaux ou d’hommes ?

Les Qatar Prix Marcel Boussac et Jean-Luc Lagardère sont les deux Grs1 qui dessinent l’avenir, puisque réservés aux 2ans. Lily’s Candle a remporté la course des pouliches, dans un lot ayant rassemblé des éléments aux alentours de 46 de valeur. Dans une course régulière, elle a patienté à l’arrière et est venue s’imposer en 1’38’’98, devant Matematica (Rock of Gribaltar), elle aussi attentiste. Elle a parcouru les derniers 400m en 23’’40. Chez les mâles, les grosses cylindrées de Coolmore avaient décliné la lutte et c’est un gagnant de maiden, le Godolphin Royal Marine (Raven’s Pass), qui a décroché la palme en 1’39’’10, avec les derniers 400m couverts en 23’’10. Anodor ** (Anodin) n’a pas démérité mais n’a jamais pu approcher les deux premiers. C’est inquiétant pour la saison classique, lui qui fait partie des gros espoirs tricolores, avec Persian King ** (Kingman), que l’on devrait voir en piste samedi à Newmarket.