QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE J-4  - La piste sera à la hauteur de l’évènement

Courses / 02.10.2018

QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE J-4 - La piste sera à la hauteur de l’évènement

Par Anne-Louise Échevin

Mardi matin, Jean-Guillaume d’Orglandes, directeur d’exploitation pistes de ParisLongchamp, Saint-Cloud et Auteuil, a fait un point sur la piste en vue du week-end du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1). En résumé : pas d’open-stretch, un vrai tapis roulant de 6m de large, et du terrain bon à bon-souple !

L’open-stretch… C’est non ! La possibilité d’une non-utilisation de l’open-stretch pour le week-end du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1) est évoquée depuis le samedi 22 septembre. Jean-Guillaume d’Orglandes nous a confirmé que l’open-stretch ne serait pas mis en place ce samedi et ce dimanche : « Nous avons pris la décision de ne faire d’open-stretch ni samedi, ni dimanche. Pour samedi, cette décision a été prise afin d’être en cohérence avec dimanche où nous souhaitons pouvoir proposer, sur 6m tout le long de la corde à zéro, une largeur de piste qui soit parfaite, avec un bon enracinement et une bonne densité. Toute cette partie intérieure à l’open-stretch, entre les 750m et 400m environ, n’a pas été utilisée depuis le début de l’année. Concernant le reste de la ligne droite, il n’y avait pas de problème particulier sur les 400 derniers mètres lors de l’utilisation de la lice à zéro pour les Qatar Arc Trials [avec open-stretch, ndlr]. »

Une bande parfaite qui saute aux yeux. L’open-stretch a eu des conséquences sur le tournant et l’entrée de la ligne droite. Forte dégradation à l’extérieur de l’open-stretch et, à l’intérieur de l’outil, une zone qui n’a pas été utilisée de toute l’année. Au printemps comme pour les préparatoires à l'Arc, il y a bien eu des lices à zéro, mais toujours avec open-stretch. La différence entre ses 6m de terrain vierge, des 750m aux 400m environ le long de la lice, et le reste de la piste est visible à l’œil nu, même si cela n’est pas flagrant sur les photos. Ceux qui se présenteront sur cette partie de la piste auront droit à un véritable tapis roulant.

Sur la ligne droite après l’open-stretch (des 400m à l’arrivée), on constate, sur une bande de 15m environ le long de la lice, un terrain moins touché par les "plaques vertes" peu esthétiques dues à la fléole, cette graminée naturelle qui possède un faible enracinement. Jean-Guillaume d’Orglandes précise : « La zone délicate que nous avons vue le 22 septembre était au niveau de l’open-stretch. Entre la lice à zéro et cette partie dégradée, nous avons six mètres de large qui sont parfaits et qui n’ont pas été courus de l’année. Nous préférons donc privilégier ces conditions de terrain pour l’ensemble des participants plutôt que l’utilisation de l’open-stretch. Sur les 300 derniers mètres, nous avons quinze mètres de large qui sont tout à fait corrects. Les 2.000m² qui nous posent problème sont là où le gazon a été très sollicité durant le printemps et l’automne. Si nous faisons un open-stretch à 6m, nous revenons dedans et nous aurons la même problématique qu’avant, alors que nous avons toute une bande de terrain qui n’a pas été utilisée de l’année. »

Vers un terrain bon à bon-souple. Les prévisions météo continuent d’évoluer. Il y a quelques jours, elles n’annonçaient pas une goutte de pluie. Désormais, il faut s’attendre à quelques précipitations dans la nuit de samedi à dimanche. La difficulté, comme l’explique Jean-Guillaume d’Orglandes, est de savoir quelle quantité il risque de tomber : « Certains sites météo nous donnent 0,5 à 1 mm de pluie pour le week-end, et d’autres 6 mm car il y a des possibilités d’averses orageuses. Cela va s’affiner au fur et à mesure de l’avancée vers la fin de semaine et, avec mes équipes, nous suivrons de très près ces prévisions pour prendre la décision de la quantité d’eau à apporter. Nous visons vraiment un terrain bon à bon souple. L’idée, concrètement, est d’être sur un terrain à 3,3 le matin des courses. »

Mardi, en marchant la piste, nous avons l’impression d’être sur une piste vraiment bonne, ce que confirme Jean-Guillaume d’Orglandes : « Ce mardi, nous sommes sur un terrain bon, à 3. Il n’est pas ferme : pour cela, il devrait être à 2,8 ou 2,9. La souplesse est tout de même présente sur le dessus. Ce qui explique de telles pénétrométries, c’est que nous avons un terrain plus ferme au troisième choc, donc en-dessous. C’est pour cela que nous allons continuer à apporter ces petites doses d’arrosage, pour garder un peu de souplesse sur le dessus. Au niveau du programme de préparation pour samedi et dimanche, nous avions prévu un arrosage ce mardi matin, mais quand nous avons vu la météo de ce matin, qui annonçait quelques pluies, nous avons préféré retarder. Mais nous allons sans doute, cet après-midi, apporter 5 mm car il n’y a rien de concret qui arrive. Ensuite, cela sera plutôt des bassinages [arrosage ne dépassant pas les 3 à 4 mm, ndlr] en fonction de la pénétrométrie que nous allons effectuer quotidiennement. Le but est d’arriver sur des terrains qui soient bon à tendance bon-souple les jours de course : nous ne voulons pas aller sur du ferme car nous avons bien vu que nous n’avions pas un gazon suffisamment résistant sur ce type de terrain. »

Lice à 16m le samedi, lice à zéro le dimanche. Concernant l’emplacement de la lice pour ce week-end, Jean-Guillaume d’Orglandes a détaillé : « Samedi, nous serons à 16m dans la ligne droite, sans open-stretch. Dans les parcours (hors ligne droite), samedi, nous serons à 8m environ. Dimanche, il y aura lice à zéro sans open-stretch et lice à zéro sur quasiment l’ensemble des parcours. Il y a des endroits où les équipes n’hésitent pas à gérer si cela est un peu dégradé. »

Au travail depuis le 22 septembre. Les équipes de France Galop travaillent sur la piste depuis la réunion du 22 septembre. Jean-Guillaume d’Orglandes a expliqué : « Nous avons ressemé toutes les parties de piste de façon manuelle. Cela a bien pris pour la majorité des espaces. Sur les bords de piste, il y a un voilage blanc que l’on met tous les soirs. Cela permet de couvrir le gazon et de garder une bonne température au sol, sachant que les températures sont beaucoup plus fraîches. Ce voilage est mis sur les parties où le gazon était un peu moins dense et nous allons continuer cela jusqu’à vendredi pour aider le gazon à se développer. Nous avons fait des apports d’engrais et nous avons donc une piste bien verte. Nous avons également apporté des conditionneurs racinaires qui permettent d’améliorer l’enracinement de la piste. »

Les équipes de France Galop avaient profité de l’été pour ensemencer la piste de ParisLongchamp. Les jeunes pousses de gazon, pas aidées par un temps chaud et sec, ont souffert durant les courses de cet automne. Jean-Guillaume d’Orglandes détaille : « Sur l’enracinement, nous avons des améliorations. Mais cela reste fragile, car c’est un jeune gazon. Il y a deux mois que nous avons ensemencé. Les conditions climatiques que nous avons connues ne sont pas très favorables. Il faudrait vraiment des pluies naturelles bien meilleures pour que l’eau s’infiltre sur l’ensemble du profil et que cela profite sur l’enracinement. Mais, sur l’ensemble de la piste, nous avons quelque chose de tout à fait normal. J’ai mobilisé l’ensemble de mes équipes, donc 25 personnes au quotidien depuis le 22 septembre. Le week-end de l’Arc, on va monter à 60 ou 70 personnes, pour le rebouchage, le déplacement de la lice, tous les boxes qui doivent être désinfectés, repaillés… »  

En marchant la piste le long de la ligne droite, elle a paru assez égale. Les équipes de France Galop avaient travaillé sur la planimétrie de ParisLongchamp durant l’été et, pour Jean-Guillaume d’Orglandes, cela a porté ses fruits : « Le travail de cet été pour les problématiques de planimétrie a été très efficace. De ce côté-là, les retours des jockeys sont bons et même nous, lorsque nous marchons la piste, nous voyons la différence par rapport au printemps. »

APLAT

Tous avec Thomas Stromboni

Jean-Guillaume d’Orglandes a tenu à exprimer son soutien et celui de toutes ses équipes envers Thomas Stromboni, victime d’une chute grave à Auteuil samedi. Les équipes, et particulièrement celle d’Auteuil, ont été très secouées par l’accident : « Mes équipes, et particulièrement celles d’Auteuil, ainsi que moi-même, sommes rassurés des dernières nouvelles sur l’amélioration de la santé de Thomas. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement. »

FIN APLAT