CLASSEMENT DES ÉTALONS - À chacun le sien… - Par Franco Raimondi

Magazine / 23.11.2018

CLASSEMENT DES ÉTALONS - À chacun le sien… - Par Franco Raimondi

CLASSEMENT DES ÉTALONS

À chacun le sien…

Par Franco Raimondi

Donnez-moi un étalon et je lui trouverai un classement sur mesure dans lequel il est tête de liste… C’était une blague d’un cher ami italien qui, depuis des années, gère dans son haras plusieurs reproducteurs avec une brillante réussite. Champion sire, ou tête de liste, c’est simple. Mais il suffit d’ajouter quelques mots à cette dénomination et on se retrouve avec un escadron d’étalons qui peuvent prétendre à leur couronne.

Chaque pays a ses règles, chaque journal ou site internet son classement, et avec un clic, par ici ou par là, on en change l’ordre. En Angleterre et Irlande, le titre est unique et il est attribué à l’étalon qui amasse le plus de gains sur les îles, même s’il a officié aux États-Unis. Le dernier Champion Sire basé au Kentucky a été Blushing Groom (Red God) en 1989. Après lui, la domination Coolmore a commencé : l’entité irlandaise a connu les treize titres de Sadler’s Wells (Northern Dancer), un de Caerleon (Nijinsky), trois de Danehill (Danzig) et un de son fils, Danehill Dancer, lequel a interrompu, en 2009, la série de Galileo (Sadler’s Wells). Le 31 décembre, le king Galileo décrochera sa dixième couronne avec une large avance sur Dubawi (Dubai Millennium) et Frankel (Galileo).

Aux États-Unis, c’est America First. Aux États-Unis, bien avant le président Trump, la règle d’or est "America First". Le Champion Sire doit avoir officié dans le pays pour prétendre à la couronne, mais tous les gains pris dans l’hémisphère Nord comptent. Depuis 1990, les Champion Sires américains, d’après Bloodhorse, sont au nombre de dix-sept, alors que, sur la même période, les îles en comptent cinq. La décision d’ajouter les gains en Asie n’a pas beaucoup changé la donne. Les allocations monstres de Dubaï et la multiplication des courses millionnaires pèsent plus lourd. En 2012, le regretté Giant’s Causeway (Storm Cat) avait décroché son troisième titre avec 10,12 millions de dollars de gains. Cette année, Kitten’s Joy (El Prado) est à 17,98 millions et 950.000 $ d’avance sur Candy Ride (Ride the Rails) qui, sans les 7 millions pris par Gun Runner dans la Pegasus World Cup, tomberait en neuvième position. Les gains qui suffisaient à être Champion Sire en 2012 ne permettront pas cette année de terminer dans les dix premiers.

La France et le poids de l’Arc de Triomphe. En France, il faut un miracle pour devenir Champion Sire sans avoir décroché un chèque dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. Les 857.000 € de la troisième place de New Bay en 2015 n’ont pas été décisifs pour l’attribution du titre à Dubawi (Dubai Millennium) parce que les trois premiers étalons du classement sont les pères de chevaux du tiercé de l’Arc gagné par Golden Horn (Cape Cross) devant Flintshire (Dansili). Le quatrième du classement, Siyouni (Pivotal) était loin, à 1,6 million d’euros. On avait eu un cas similaire en 2004 : Linamix (Mendez) aurait terminé en tête, même sans les 365.760 € de la deuxième place de Cherry Mix dans l’Arc.

Pour trouver un Champion Sire français sans un euro pris dans l’Arc de Triomphe, il faut remonter à 2002, quand Danehill a terminé largement en tête avec 2.045.190 € et un seul de ses produits, Banks Hill, dans les dix plus riches de France, septième avec 285.715 €.

NathanEnable vers un deuxième titre. Il faudra un miracle à Siyouni pour devancer Nathaniel (Galileo), lancée par Enable vers un deuxième titre consécutif. L’étalon de Son Altesse l’Aga Khan est à 2.911.668 € et il lui manque 388.897 € pour égaliser les gains de NathanEnable. Sans l’apport de la championne à grandes oreilles, Nathaniel s’intercalerait en 76e position entre Hold that Tiger (Storm Cat) et Tin Horse (Sakhee) avec 443.565 €...

Myboycharlie champion de France à l’américaine. Une solution à l’américaine ferait de Myboycharlie (Danetime) le Champion Sire français. Il suffirait d’avoir la (bonne) idée de comptabiliser les gains mondiaux des étalons qui ont officié en France. Bloodhorse nous offre l’opportunité d’arriver aux gains des produits de nos étalons, même à l’étranger. Avec l’apport de Sistercharlie (2,05 millions), l’étalon du haras de Mezeray arrive à 7,4 millions de dollars et il devance Siyouni qui est à 5,76 millions de dollars, dont 4,81 en Europe. Ce classement de Bloodhorse considère aussi les gains à Dubaï et nous propose comme tête de liste, parmi les étalons stationnés en Europe, Dubawi, septième dans la liste mondiale derrière Deep Impact (Sunday Silence) et cinq autres japonais, avec 19,72 millions de dollars, dont 15,22 pris en Europe et à Dubaï. Galileo est deuxième avec 16,02 millions (11,49 millions en Europe et à Dubaï).

Siyouni, champion de France à l’européenne. Il suffit de changer de site pour trouver un autre classement. Celui proposé par www.stallionguide.com se base sur les gains en Europe, donc ni de Dubaï, des États-Unis, ni du Japon. Galileo reprend sa place avec 9,71 millions d’euros devant Dubawi (6,79) qui garde une petite avance sur Sea the Stars (6,59). Siyouni avec 4,1 millions est neuvième et premier des français, bien avant Kendargent (Kendor) qui est à 2,29 millions.