Christian Germain - « Aide-toi et le ciel t’aidera »

Courses / 15.12.2018

Christian Germain - « Aide-toi et le ciel t’aidera »

Christian Germain : « Aide-toi et le ciel t’aidera »

Par Christian Germain, propriétaire, éleveur et membre du Comité du Trot

« Depuis de nombreuses semaines, la filière va mal. Et même de plus en plus mal depuis le début du meeting d’hiver (- 7,2 % au PMU). Chacun attend dans son coin une aide, un signe du PMU, de l’État (ce qui paraît très compliqué en ce moment).

En marge de ce constat, et sans attendre tout du PMU ou de l’État, comme l’ensemble de la filière le fait depuis des années, je vous soumets la proposition suivante qui s’adresse aux entraîneurs et aux éleveurs, dans le but de reconquérir du public et des parieurs.

Il y a sept cents entraîneurs au trot et ils sont également nombreux au galop. Beaucoup possèdent des chevaux de qualité (Quinté ou plus). Certains plusieurs, d’autres aucun.

Et si chaque entraîneur se donnait comme objectif de recruter chaque année, un ou plusieurs nouveaux propriétaires dans sa commune, son canton ou sa périphérie en lui vendant 25 à 50 % (à son juste prix) d’un cheval de cette qualité ?

Ce cheval serait sous les couleurs du nouveau propriétaire. Tout cela ferait venir une famille sur l’hippodrome, un nouvel entourage – c’est-à-dire le réseau amical, familial et professionnel du propriétaire – et par là même de nouveaux parieurs potentiels, petits dans un premier temps et pourquoi pas plus importants par la suite.

Si on part sur une base de 300 nouveaux propriétaires chaque année, cela représente un réseau de 6.000 personnes (famille au sens large, amis… soit 20 personnes par individu). En une décennie, au trot et au galop, cela pourrait représenter 120.000 personnes.

En effet, c’est autour du cheval lui-même et de son entourage – entraîneur, éleveur – que l’on doit reconstruire le socle des courses, c’est-à-dire les propriétaires et les parieurs.

Il est bien évident que tous les entraîneurs du "top 100" sont les mieux placés et les plus crédibles pour une telle démarche. Et plus particulièrement tous ceux qui sont "bien assis", c’est-à-dire propriétaires de leurs chevaux. À eux de rendre en quelque sorte à la filière une partie de ce qu’elle leur a apporté.

Pour ceux qui ont des chevaux en location, à eux de travailler en bonne intelligence avec l’éleveur pour satisfaire au mieux le nouveau propriétaire. En agissant ainsi, en confiance et dans la convivialité, ils sauveront la filière, se sauveront eux-mêmes et leurs enfants.

Je pense que dans la situation actuelle, chacun doit prendre ses responsabilités et faire preuve d’une grande solidarité. Cela demande bien sûr des efforts. Mais il en va de l’avenir des courses.

"Aide-toi et le ciel t’aidera." »