Comment Maisons-Laffitte pourrait-il continuer à vivre ?

Courses / 03.12.2018

Comment Maisons-Laffitte pourrait-il continuer à vivre ?

Par Christopher Galmiche

Contrairement à l’arrêt des courses d’obstacle à Enghien, l’annonce de la fermeture de l’hippodrome de Maisons-Laffitte intervient à un an de l’échéance fatidique. Au cours des mois qui vont venir, les tractations vont aller bon train dans le camp de ceux qui veulent œuvrer à la survie d’un site historique pour les courses. Quelles sont les hypothèses possibles pour offrir une seconde chance à l’hippodrome mansonnien ?

Une reprise par la ville et les collectivités territoriales... D’après nos informations, il faudrait réunir la somme de trois millions d’euros pour que l’hippodrome soit sauvé. Nous pouvons donner la valeur que nous souhaitons à la parole des politiques, mais aussi bien Jacques Myard, le maire de Maisons-Laffitte, que Yaël Braun-Pivet, députée des Yvelines, souhaitent sauver le site. Le premier est ferme et annonce avoir rompu tout contact avec France Galop. À l’inverse, la seconde est dans un processus de dialogue. La première solution que pourraient appliquer ces deux personnalités politiques est simple : créer la Société des courses de Maisons-Laffitte. Elle fonctionnerait comme n’importe quelle société de courses régionale, à l’image de Compiègne ou Fontainebleau, pour ne parler que des sites relativement proches de Paris. Il faudrait la monter de toutes pièces, mais c’est quelque chose de largement réalisable. Une partie de la somme nécessaire pourrait provenir du  % Myard. En effet, le maire de Maisons a fait voter il y a plusieurs années une loi qui permet à chaque ville ayant un hippodrome de toucher 1 % des paris pris sur le champ. Quoi de plus logique que ce pourcentage revienne aux courses ! Il manquerait toujours de l’argent et c’est là qu’interviendraient les collectivités territoriales, si elles le peuvent, ce qui reste à prouver.

… qui prend de plus en plus d’ampleur. L’idée d’une cession de l’hippodrome mansonnien pour 1 €, idée évoquée par Patrick Fellous, président de l’Association des propriétaires d’Île-de-France - Nord - Haute-Normandie, est à l’étude. Elle permettrait à France Galop d’économiser 500.000 € par an, tout en gardant l’activité courses à Maisons-Laffitte. Du côté de France Galop, l’idée ne serait pas écartée. Il faudrait alors que se monte une sorte de G.I.E. agricole qui offrirait des avantages fiscaux, comme nous l’a expliqué Patrick Fellous. De mai à décembre 2017, ce dernier s’est occupé d’une mission pour trouver des solutions pour pérenniser l’activité hippique à Maisons-Laffitte. Au cours de cette mission, il a pu s’apercevoir que la population locale était prête à investir pour conserver l’hippodrome. Des entreprises comme Orange, qui était très intéressée par les espaces proposés, des banques, commerçants et restaurateurs étaient également prêts à offrir une sorte de mini-centre commercial. La population mansonienne apprécie la proximité des chevaux et le cadre de vie qui l’accompagne. Depuis dix ans, les annonces de fermeture de ce centre reviennent et n’apportent pas de climat favorable au développement du centre d’entraînement. Selon Patrick Fellous, un climat plus serein permettrait rapidement au centre de se remplir à nouveau, compte tenu des prix de pension plus bas qu’à Chantilly. L’idée est séduisante sur le papier et solide dans le contenu. Du côté de la municipalité, désormais au bord du précipice, on étudie le projet qui aurait donc l’aval de la population.

Une reprise par… un investisseur privé. Au début des années 2000, une rumeur qui avait pris du poids annonçait qu’un grand propriétaire irlandais était prêt à racheter Évry pour 10 millions d’euros. Finalement, cela ne s’est pas fait, mais rien ne l’interdit dans le cas de Maisons-Laffitte – bien que l’hippodrome soit situé en zone inondable, ce qui pourrait compliquer une éventuelle transaction. Pour le moment, personne ne s’est manifesté. Ouvrir la porte à une nouvelle façon de gérer l’hippodrome créerait un précédent. Cela permettrait d’avoir de nouvelles idées, de voir les choses autrement et d’apporter un peu de nouveauté. Aux États-Unis, en Angleterre et en Irlande, de nombreux hippodromes fonctionnent de manière privée et cherchent donc la rentabilité maximum pour chaque site. En France, des sociétés comme celles de La Teste, Pau ou encore Clairefontaine proposent divers services et des activités annexes hors période de courses. Pour ce qui est des transformations réussies dans le monde des courses, on peut aussi citer le passage de certains sites des haras nationaux en mode privé, comme le haras de Cercy. Avec des investisseurs, des projets sérieux et novateurs, tout est possible !