Disparition de Coktail Jet

Courses / 18.12.2018

Disparition de Coktail Jet

La nouvelle est tombée lundi soir : Coktail Jet (Quouky Williams) est mort à l’âge de 28ans. L’élève et pensionnaire de Jean-Étienne Dubois a été un champion en piste pour la casaque de Daniel Wildenstein, avant de devenir un champion sire.

Les débuts. Né en 1990, par Quouky Williams et la canadienne Armbro Glamour (Super Bowl), Coktail Jet a débuté au mois de juin de ses 3ans par une deuxième place à Amiens, avant d’ouvrir son palmarès au Croisé-Laroche en septembre 1993. À 3ans, en neuf sorties, il compte sept victoires et deux places. Pour sa première tentative au niveau Gr1, à 4ans, il prend la deuxième place du Prix de Sélection derrière Cygnus d’Odyssée (Workaholic). Son premier Gr1, il le décroche en Italie, à San Siro, dans le Grand Prix d’Europe, en avril 1994. Disqualifié ensuite dans le Critérium des 4ans (Gr1), il retourne en Italie et remporte le Premio Citta di Torino (Gr1). Son entourage tente ensuite le pari face aux vieux dans le Prix René Ballière (Gr1), où il conclut troisième d’une course remportée par Sea Cove (Bonefish), gagnant du Prix d’Amérique (Gr1), mais il devance des chevaux comme Bahama (Quito de Talonay), Vourasie (Fakir du Vivier) ou encore Abo Volo (Lurabo). Pour le moins prometteur…

L’Amérique… et un Elitloppet d’anthologie. À 5ans, en 1995, Coktail Jet explose surtout à partir de l’été. Il remporte le René Ballière – devant Abo Volo – puis le Prix Jockey (Gr2), le Critérium des 5ans et le Prix de l’Étoile (Grs1). Coktail Jet arrive au sommet de son art en 1996, à 6ans. Il offre un premier Prix d’Amérique à Daniel Wildenstein ainsi qu’à son éleveur, entraîneur et driver, Jean-Étienne Dubois, alors âgé de vingt-six ans. Quinze jours après, il remporte le Prix de France (Gr1). Ce n’est déjà pas un mince exploit. Mais Coktail Jet gagnera ses galons de cheval d’exception en remportant, au mois de mai, l’Elitloppet (Gr1).

Quatrième de sa batterie et qualifié de justesse, il part à l’extérieur dans la finale… Et part mal. Jean-Étienne Dubois se retrouve obligé de tout reprendre et de patienter longuement. Sur l’anneau de Solvalla, c’est presque mission impossible. Coktail Jet est obligé de se rapprocher en troisième épaisseur dans le dernier tournant, ce qui est suicidaire dans un Elitloppet. Pourtant, il s’impose dans ce qui restera l’une des performances les plus impressionnantes du Gr1 suédois. Coktail Jet remporte encore deux courses (Prix de Washington et Prix de l’Europe). Il partira à la retraite après avoir conclu septième de l’Amérique et sixième du France en 1997.

Champion sire. Dans un documentaire pour la télévision suédoise, Jean-Étienne Dubois a expliqué que la venue de Coktail Jet pour l’Elitloppet avait un vrai casse-tête pour les organisateurs suédois, car le cheval a été l’un des premiers étalons à faire la monte tout en poursuivant sa carrière de course. Les Suédois ont fini par lui trouver un avion. Sa première génération est née en 1996. On y trouve Ivory Pearl, lauréate de quatre Grs2. Dans sa deuxième génération, on trouve Jeanbat du Vivier. Dans sa troisième génération, les futurs étalons Kerido du Donjon et Kiwi. En 1999, pour sa quatrième génération, on retrouve le champion et champion sire Love You, lui aussi père de père, lui aussi père de mère… La liste des produits de Coktail Jet ayant brillé en piste ou au haras est longue : Magnificent Rodney, Look de Star, Quif de Villeneuve, The Best Madrik, Saxo de Vandel, Union d’Urzy, Naglo, Yarrah Boko… Liste non exhaustive, loin de là. Coktail Jet avait encore été à l’honneur dans les classiques cette année, avec Enino du Pommereux, lauréat du Critérium des 4ans (Gr1)… Il offrait à son père le seul Critérium manquant à son palmarès d’étalon. Son nom continuera d’apparaître sur les programmes pour encore quelques années. Il faisait encore la monte en 2018.