Frédéric Rossi, un nouveau départ sur les chapeaux de roue

Courses / 01.12.2018

Frédéric Rossi, un nouveau départ sur les chapeaux de roue

Par Alice Baudrelle

Après huit ans consacrés à l’entraînement exclusif des chevaux de Jean-Claude Séroul, Frédéric Rossi a dû repartir de zéro après l’annonce de la répartition de l’effectif du propriétaire chez divers professionnels. L’entraîneur marseillais a su rebondir, comme le prouvent ses résultats en 2018, et peut espérer briller au plus haut niveau l’année prochaine grâce à Cala Tarida (Garswood).

Jour de Galop. – Vous avez réalisé une bonne année 2018, avec notamment une victoire dans un Gr3 à la clé, grâce à Cala Tarida. Comment analysez-vous ces résultats ?

Frédéric Rossi. – Je m’étais fixé pour objectif de faire une cinquantaine de gagnants et nous avons dépassé ce chiffre, donc c’est très bien, d’autant que l’année n’est pas encore finie. Elle a surtout été marquée par les performances de Cala Tarida, qui reste sur un beau succès dans le Prix des Réservoirs (Gr3). La pouliche est restée à l’écurie car elle a ses marques ici, et nous allons pouvoir préparer sereinement les bonnes courses. Elle a grandi, elle a pris du poids et évolue très bien. Jusqu’ici, tout se passe comme je l’espérais. Cala Tarida est facile à entraîner, elle a mis un peu de temps à venir mais elle s’est affirmée au fur et à mesure. Depuis que nous l’avons rallongée sur 1.600m, elle n’est plus la même, bien qu’elle ait réussi à gagner sur plus court. Elle n’a rien à envier à une Trixia (Siyouni) [gagnante de l’édition 2015 du Prix des Réservoirs sous l’entraînement de Frédéric Rossi, ndlr], par exemple. On peut envisager qu’elle soit encore meilleure à 3ans, et elle devrait entrer dans le Prix Imprudence (Gr3) l’année prochaine avant d’attaquer les gros morceaux.

Vous avez effectué le meeting de Deauville pour la première fois, cet été. Quel bilan en tirez-vous ?

Je suis persuadé qu’il faut le faire, car c’est très important. Je vais rectifier une ou deux choses en vue de l’année prochaine, mais je suis globalement content de nos résultats. Nous avons gagné quatre courses, sans compter les places, et nous améliorerons le meeting d’année en année. J’y emmènerai probablement des 2ans de meilleure qualité l’année prochaine, car je pense que mon nouveau lot de yearlings sera bon.

Vous avez été l’entraîneur particulier de Jean-Claude Séroul pendant huit ans, jusqu’en 2017. Après la répartition de son effectif, vous avez réussi à gagner la confiance de nombreux propriétaires. Comment avez-vous fait pour repartir du bon pied ?

Je ne me rendais pas compte, mais être entraîneur particulier et entraîneur public, c’est complètement différent. Ce n’est pas évident de perdre la majorité des "Séroul" au bout de huit ans… Dans ce métier, on doute constamment. Après cette histoire, j’ai réfléchi, j’ai avancé et cela m’a permis de relativiser. Je me suis remis en question. Étant revenu sur le marché des entraîneurs publics l’année dernière, il fallait que je sois vigilant afin de garder le contact avec tout le monde, car je me suis retrouvé avec seulement quatre chevaux. Des clients marseillais m’ont fait confiance et cela a produit un effet boule de neige. J’ai ensuite reçu de nouveaux propriétaires tels qu’Al Shaqab Racing, Gérard Augustin-Normand, le haras de la Gousserie, Stephan Hoffmeister ou encore Bernard Giraudon. Davy Bonilla m’a également confié son premier poulain, qu’il possède en association avec Philippe Bellaiche, et il vient souvent le matin à l’entraînement. Il a un autre œil, très intéressant. Et puis, Jean-Claude Séroul continue à me confier des chevaux. Je tiens d’ailleurs à avoir une pensée pour lui, car il m’a donné la chance d’entraîner de bons éléments. Aujourd’hui, je veille sur un effectif d’une soixantaine de pensionnaires, qui devrait encore grossir avec l’arrivée de nouveaux yearlings.

Vous aviez parlé de vous associer avec votre neveu, Charley, en fin d’année dernière. Pourquoi cela ne s’est-il pas fait ?

Nous n’étions finalement pas prêts à nous associer. Mais cela se fera peut-être un jour ! Charley avait besoin de liberté, il souhaitait voler de ses propres ailes. Je le vois tous les matins et, s’il a besoin d’un conseil, je suis toujours là. Son écurie fonctionne très bien et il n’a pas besoin de son tonton (rires) !

Comment faites-vous pour avoir toujours autant l’envie, après vingt-cinq ans en tant qu’entraîneur ?

J’essaye tous les jours de rectifier mes erreurs, de ne pas perdre le fil, ce qui est ma hantise. C’est très bien de douter car cela permet de progresser. Il ne faut jamais penser que l’on sait, mais il ne faut jamais douter de son envie ! Nous avons fait une bonne année et avoir un espoir classique pour l’année prochaine m’aide à avancer. De jeunes professionnels arrivent dans le milieu et c’est très bien, mais il ne faut pas se laisser distancer. J’ai eu des employés fidèles et j’ai la chance d’être bien épaulé par mes deux responsables, Emma Bonnet et Coralie Devolder, qui travaillent chez moi depuis vingt ans. J’ai également un bon assistant, Francesco Petrazzi, qui m’a rejoint au mois de septembre. Je suis très bien soutenu par mes propriétaires et mon équipe et je tiens à féliciter Patrice Camacho, qui fait partie de mes clients fidèles et qui a fait un travail énorme sur les pistes de Calas. Nous n’avons rien à envier aux autres centres d’entraînement, les résultats des entraîneurs marseillais parlent d’eux-mêmes.

Quels objectifs vous êtes-vous fixés pour 2019 ?

J’espère toujours déceler de bons chevaux ! Je prime la classe à la quantité et je compte bien m’appliquer à produire de la qualité et gagner de bonnes courses. J’espère faire en sorte que mon écurie continue à être rentable et équilibrée, et que Cala Tarida concrétise le rêve : participer aux classiques, voire mieux que cela !