La montée en puissance d’Adrien Merienne

Courses / 02.12.2018

La montée en puissance d’Adrien Merienne

Par Alice Baudrelle

À 24 ans, Adrien Merienne fait partie des jeunes jockeys qui montent. Il a remporté son premier Groupe le mois dernier avec le tout bon Highway to Hell ** (No Risk at All), qui lui avait déjà permis de perdre sa décharge.

Jour de Galop. – Vous avez signé le plus beau succès de votre carrière grâce à Highway to Hell, le mois dernier. Comment êtes-vous devenu son jockey attitré ?

Adrien Merienne. – Richard Chatel cherchait une décharge pour le monter. Mon agent, Thierry Majorcryk, l’a contacté pour lui proposer mes services et il s’est dit que je m’entendrais bien avec son cheval. J’ai eu beaucoup de chance de tomber sur lui, car c’est un authentique champion. Grâce à lui, j’ai perdu ma décharge dans le Prix Bûcheur à Compiègne, le 1er novembre. Il a ensuite battu ses aînés pour sa quatrième sortie seulement, dans un Groupe qui plus est ! Il ne peut que progresser. Ses propriétaires sont de véritables passionnés, et ils m’ont laissé sur le cheval alors qu’ils auraient pu me faire perdre la monte au profit d’un "Plouganou", ce que j’aurais compris… C’est une belle histoire. Avant le Léopold d’Orsetti (Gr3), Richard Chatel m’a dit : « N’oublie pas que tu as le meilleur cheval de la course. » Il ne s’est pas trompé ! Highway to Hell n’est pas évident, car il est gentil le matin, mais très compliqué l’après-midi. Je pense qu’il fera encore mieux Auteuil que Compiègne. Il va courir contre meilleur au printemps prochain, mais cela ne me fait pas plus peur que ça !

Vous réalisez votre meilleure année, puisque vous totalisez actuellement 22 gagnants en 2018. Quelles sont les clés de votre réussite ?

J’ai fait une très bonne année, notamment grâce à Patrice Lenogue, qui m’a offert ma première victoire black type avec Grand Départ (Astarabad) dans la Grande Course de Haies de Cagnes (L). C’est lui qui a déclenché ma carrière et je lui dois beaucoup. Il fut le premier entraîneur à me faire confiance dans les Quintés, les Listeds et les Groupes. J’ai travaillé chez lui durant un peu moins d’un an et demi, avant de devenir free-lance au mois de juillet. C’est là que j’ai contacté Thierry Majorcryk et qu’il est devenu mon agent. Cela s’est très bien passé d’emblée. Nous formons une bonne équipe, avec Jérôme Claudic et Ludovic Philipperon, et je suis très content de cette collaboration. Thierry m’a mis en relation avec beaucoup d’entraîneurs, tels que Yannick Fouin ou encore Serge Foucher, pour ne citer qu’eux.

Avez-vous toujours voulu devenir jockey ?

Non, je ne me suis intéressé aux courses qu’à l’âge de 14 ans. À la base, je me voyais bien travailler dans le domaine de la recherche, car j’étais très fort en mathématiques et en sciences. Mon frère Hugo, qui est désormais entraîneur à Chantilly et qui obtient de bons résultats, avait une licence de gentleman-rider à l’époque. J’ai commencé à le suivre, à me rendre sur les hippodromes pour le voir monter. Lorsque je l’ai vu gagner des courses, je me suis dit que c’était cool ! Je n’étais jamais monté à cheval auparavant et j’ai appris sur le tas. J’ai commencé chez mon oncle et j’ai décidé d’arrêter mon bac général pour passer sur un bac pro, que j’ai d’ailleurs décroché avec mention. Je suis parti pendant 3 ans chez Guy Cherel, un très bon formateur que je tiens en haute estime. Il m’a fait débuter en plat et en obstacle. Je suis ensuite retourné durant un an et demi chez mon oncle, qui m’a fait faire mes armes en province, puis j’ai passé deux mois en Angleterre chez Paul Nicholls, où j’ai pu voir d’autres méthodes de travail. Ensuite, j’ai travaillé un an et demi chez Guillaume Macaire, qui a peaufiné ma formation, et j’ai été embauché par Patrice Lenogue. Cela fait maintenant cinq ans que je monte en course, et je tiens à remercier mon père, qui a toujours pensé que j’y arriverais, et ma compagne Alexandra. Ils me soutiennent énormément !

Vous participez une nouvelle fois au meeting de Cagnes-sur-Mer. Quelles sont vos attentes ?

Que la forme perdure, et nouer des relations de travail avec des entraîneurs que j’apprécie, comme Yannick Fouin par exemple. J’espère gagner encore une belle course en selle sur Mester (Tin Horse), avec lequel je viens de remporter le Prix Fifrelet (L). Les œillères australiennes l’ont transformé, ce n’est plus le même cheval qu’au printemps. J’aimerais bien trouver une écurie "pied-à-terre" pour l’année prochaine, qui m’accorde du temps libre pour sauter également les chevaux des autres professionnels.