Le Comité de LeTrot valide la baisse des allocations de 26 millions d’euros en 2019

Institution / Ventes / 13.12.2018

Le Comité de LeTrot valide la baisse des allocations de 26 millions d’euros en 2019

Le 5 décembre 2018, le Conseil d’administration de LeTrot avait validé le budget 2019 de la société-mère, avec une baisse des allocations de 26 millions d’euros. Le plan a été présenté au comité de LeTrot le 12 décembre, qui a validé cette baisse. Les encouragements vont baisser au total de 32,6 millions d’euros, baisse de 26 millions des allocations incluse.

Le communiqué officiel de LeTrot. Voici le communiqué diffusé mercredi soir par LeTrot. « Le budget 2019 approuvé par le Conseil d’administration a été présenté au Comité de la société LeTrot.

Un large débat a permis d’en expliciter les orientations stratégiques, d’en préciser les principaux indicateurs et de réaffirmer la confiance de la société-mère dans le plan de relance stratégique du PMU. Le retour à l’équilibre budgétaire, fondé sur la relance des enjeux et la croissance du résultat net du PMU dès 2020, confirme l’engagement pris envers l’État par le Conseil d’administration dès 2017.

Compte tenu d’une forte baisse du résultat net du PMU par rapport aux prévisions établies en 2017 (- 66 M€), cette décision conduit en 2019 à une baisse des encouragements à hauteur de 32,6 M€, ce qui se traduit notamment par une baisse de 26 M€ des allocations.

Les modalités de l’affectation de la baisse des allocations ont été décidées en concertation avec la Commission des programmes, avant d’être présentées à la Commission des finances.

Le Conseil d’administration a décidé de concentrer l’effort en priorité sur le programme des hippodromes parisiens (Vincennes et Enghien). À titre d’exemple, la baisse moyenne par course en région parisienne sera de 6.981 € contre 1.382 € pour les courses P.M.H. L’effort concernera les réunions premium (Paris et province) à hauteur de 70 %. La moyenne de la baisse des allocations des courses de Gr1 est de 35.000 €. La valeur nominale du Prix d’Amérique est fixée à 900.000 € dès janvier 2019. L’enveloppe de dédoublement des courses P.M.H. est maintenue au niveau de 2018.

À la demande de plusieurs membres du Comité, le Conseil d’administration étudiera certains points budgétaires liés à l’aide sociale en faveur des socioprofessionnels. La diminution des charges récurrentes du trot se poursuivra avec une réduction supplémentaire de près de 5 M€ en 2019.

Au cours de cette réunion, Philippe Savinel a été élu membre du Conseil d’administration suite à la démission pour convenance personnelle de Bernard Desmontils.

Le calendrier 2019 des réunions premium au trot a été détaillé ainsi que la catégorisation 2019 des hippodromes, qui n’avait pas évolué depuis 1997.

Pour le président de Bellaigue, " LeTrot doit continuer à travailler, à réformer pour retrouver un modèle de croissance en 2019. Plusieurs sujets structurants restent à l’étude. D’autres doivent être menés sans attendre. Cette année électorale doit être propice à l’émergence d’idées, d’engagements et de vocations pour l’intérêt général. »

70 % des économies sur les réunions premiums. Concrètement, LeTrot a fait le choix de tailler sur les épreuves de haut niveau, les réunions premium et les circuits type G.N.T. et Trophée Vert. Comme cela est expliqué par nos confrères de Paris Turf, 45 % de la baisse globale de l’enveloppe concerne la région parisienne (Vincennes et Enghien). Les réunions premium seront impactées à 70 % et les P.M.H. à 30 %. L’axe choisi par LeTrot sur ce point de vue-là diffère de celui de France Galop, qui avait souhaité, dans son plan de retour à l’équilibre des comptes fin 2017, privilégier le programme premium, lequel assure plus de recettes du côté du PMU. Il y a cependant une différence à noter entre le trot et le galop sur le programme P.M.H. : il est plus important quantitativement et proportionnellement parlant au trot (quasiment du 50-50) qu’au galop, où on se situe plus sur du 80-20… 

LeTrot n’a pas d’autres choix que de toucher aux nominaux. Le plan d’économie de LeTrot est à remettre dans son contexte. Lors de son plan de retour à l’équilibre des comptes, fin 2017, France Galop avait pu s’appuyer sur un levier "invisible" sur les programmes : les primes propriétaires dans les courses de plat. Le but affiché était de toucher le moins possible aux nominaux, jugés essentiels pour la conservation des propriétaires existants et la conquête de nouveaux. En plat, on a donc joué sur les primes propriétaires – les épreuves les plus impactées étant les Grs1 – tandis que des nominaux ont baissé en obstacle.

Les primes propriétaires n’existent pas au trot. Il y a des primes à l’éleveur : elles sont de 12 %. LeTrot n’y a pas touché pour son budget 2019 mais ces primes avaient déjà baissé en 2018, passant de 12,5 % à 12 %. Il y aura tout de même une économie réalisée par LeTrot sur les primes à l’éleveurs dès 2019. Elle est mécanique : baisse des allocations, donc baisse des primes.

Le Prix d’Amérique perd 100.000 €, le Prix de Cornulier 50.000 €. Les épreuves de Groupe vont être impactées. Le Prix d’Amérique proposait une somme en forme de symbole : 1.000.000 €. Il passe à 900.000 €. Le Prix de Cornulier passe de 700.000 € à 650.000 €… Les allocations des épreuves de Groupe vont donc souffrir et Paris va supporter les baisses les plus spectaculaires dans le but de toucher le moins possible la base. Il y a certaines choses à remettre en perspective de ce côté-là.

France Galop peut difficilement baisser les allocations de base de ses Groupes de plat ; certains étant aussi portés par les sponsors. France Galop possède une "contrainte" que LeTrot n’a pas : l’European Pattern Committee. Chaque épreuve de Groupe est évaluée chaque année et risque de se retrouver menacée de rétrogradation si elle n’a pas atteint le niveau requis de rating sur trois ans. Les Groupes se doivent donc de rester attractifs sur la scène européenne pour attirer les meilleurs éléments possibles, consolider, voire améliorer son rating, pour une éventuelle promotion. Et l’attractivité passe par le prestige… Mais aussi par ce qu’il y a à gagner.

LeTrot n’a pas ce problème : c’est le Comité de LeTrot qui valide les éventuelles promotions ou rétrogradations. Le système du trot reste plus protectionniste que le galop, avec un stud book fermé, moins de commerce et moins de concurrence internationale, même si les meilleurs chevaux scandinaves visent les grandes épreuves françaises et même si des chevaux de moins haut niveau dits en "retard de gains" profitent de certaines bonnes allocations dans les épreuves françaises leur étant ouvertes.

LeTrot, dans le cadre des accords européens, a tout de même quelques contraintes : par exemple, une allocation de Gr2 doit être au minimum de 50.000 €. À 100.000 €, LeTrot est donc bien au-dessus de cette limite. Il faut aussi souligner que LeTrot propose des allocations moyennes très élevées par rapport à ses voisins européens : 22.000 € en moyenne pour les courses de trot de la France, contre 9.000 € en moyenne pour la Suède.

Rééquilibrage. Sur les allocations de Groupe, LeTrot effectue un retour en arrière d’environ une quinzaine d’année. Les Grs2, par exemple, passent de 120.000 € à 100.000 €, ce qui était leur valeur jusqu’en 2007. En 2008, ils étaient passés à 110.000 € et on les retrouve à 120.000 € en 2011. Alors oui, tout allait encore bien à cette époque…

Au galop, il y a eu des augmentations des allocations (les nominaux) des Groupes, parfois dues aux sponsors – le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe est le meilleur exemple… Mais parfois revalorisées par France Galop pour attirer de bons chevaux et éviter une rétrogradation : encore une fois, l'European Pattern Committee est une exigence que le trot n’a pas. Un certain nombre de Groupes n’a pas bougé. Si l’on prend un Gr2 comme le Prix du Conseil de Paris par exemple, il était aussi bien de 130.000 € en 2007 qu’en 2018. Cela vaut pour d’autres épreuves. Darjina, en remportant le Prix de la Grotte (Gr3) en 2007, avait touché autant que Musis Amica cette année : 80.000 €.

On peut regretter la baisse d’allocation du Prix d’Amérique, parce qu’il est la vitrine du trot et qu’il est toujours regrettable de s’attaquer aux symboles. Mais elle est aussi à remettre en perspective. Si l’on se base sur les données du site de LeTrot, le Prix d’Amérique était de 609.796 € en 2000 (les joies de la conversion francs-euros). On le retrouve à 800.000 € en 2002 et 2003 et à 1.000.000 € en 2004… Et ces augmentations ne sont pas liées aux sponsors !