Le mot de la fin - Impasse

Le Mot de la Fin / 22.12.2018

Le mot de la fin - Impasse

Le coup médiatique monté par L214 a fonctionné. Une vague de dénigrement se propage sur les réseaux sociaux, touchant pêle-mêle parieurs et grands publics… Côté courses, tout le monde s’accorde sur le fait qu’il faut réagir. Et cela passe par la diminution du nombre de chevaux qui vont à l’abattoir, lequel ne sera plus, un jour ou l’autre, une solution, car l’hippophagie est en recul constant. Dans les vidéos publiées par Konbini, on voit une majorité de jeunes trotteurs. Ces images sont malheureusement révélatrices d’une réalité : 60 % ne passent pas les qualifications. Les trotteurs représentent environ 63 % des naissances de chevaux de courses en France, pur-sang et AQPS approchant les 37 %. Pourtant, depuis 2010, seulement 416 trotteurs ont atteint ou dépassé l’indice 100 en compétitions équestres – c’est-à-dire la valeur moyenne des chevaux qui tournent dans les petits concours hippiques – contre 720 pur-sang et AQPS. Si tous les réformés ne sortent pas en compétition, ce chiffre atteste du fait que grosso modo, et proportionnellement au nombre de ses naissances, le galop reconvertit trois fois plus de chevaux que le trot. Cette avance est liée au fait qu’il est plus difficile de transformer un trotteur en bon cheval de concours hippique, dans un contexte de baisse du niveau équestre des cavaliers et de leurs enseignants, mais également à la générosité de donateurs et de bénévoles, comme Au-delà des pistes, qui n’a pas d’équivalent au trot. Enfin, une partie importante du "surplus" du galop trouve sa place au Maghreb et dans les pays de l’Est. De tels débouchés n’existent pas ou peu au trot. Nos destins sont pourtant liés : le public ne fait pas la différence entre trot et galop.