LONGINES HONG KONG INTERNATIONAL RACES - Hongkong balaye le reste du monde

International / 09.12.2018

LONGINES HONG KONG INTERNATIONAL RACES - Hongkong balaye le reste du monde

Le jour du carton plein pour l’équipe de Hongkong était dans l’air. Les locaux avaient réussi à plusieurs reprises le 3-1, avec les 2.400m du Vase comme dernier refuge des étrangers. La seule année où Hongkong avait gagné la plus longue des Longines Hong Kong International Races avec Dominant (Cacique), en 2013, le japonais Lord Kanaloa (King Kamehameha) avait battu les locaux sur leur terrain, dans le Sprint. Vingt années se sont écoulées depuis le premier meeting avec le format de quatre courses. À cette époque, l’Europe avait dominé 3 à 1. Le lundi, après avoir fait la fête, on se disait entre Européens, avant de monter dans nos avions respectifs : « On leur a laissé les miettes et l’année prochaine, ils n’auront rien ! »

Le Vase n’est plus une chasse gardée. Cette année, les chevaux de Hongkong nous ont piqué la course refuge avec Exultant (Teofilo), qui avait quitté l’Europe comme troisième des 2.000 Guinées d’Irlande et s’appelait Theirishcorrespondant. Le Sprint s’est soldé par une domination écrasante des locaux : deuxième succès de Mr Stunning (Exceed and Excel) alors que le meilleur étranger est le japonais Fine Needle (Admire Moon), huitième à quatre grandes longueurs. Dans le Mile, Beauty Generation (Roar to Rock) ne nous a laissé que le fumet de la soupe, et pour le Vieux Continent, c’est encore une huitième place, celle de One Master (Fastnet Rock), et encore à cinq longueurs… Dans la Cup de Glorious Forever (Archipenko), le seul européen, Stormy Antartic (Stormy Atlantic), a suivi l’exemple : huitième à plus de quatre longueurs. L’Europe n’avait pas aligné la meilleure équipe possible (trois lauréats de Gr1), mais les chevaux qui ont évolué à Sha Tin étaient assez corrects. En 1999, ils auraient été largement suffisants. Ce n’est plus le cas. Pour passer à Hongkong, il faut désormais un vrai 120 de rating, un peu de fraîcheur et beaucoup de chance, celle qui a manqué à Waldgeist (Galileo).

Tony et Frankie, les vieux enfants du pays. Le niveau des chevaux importés est monté en flèche et, encore plus important, les quatre gagnants sont entraînés par des professionnels de formation locale. On avait connu Tony Cruz quand il exerçait son métier de jockey en Europe, à l’époque glorieuse de Triptych (Riverman) et d’une douzaine de Grs1. Frankie Lor, assistant des deux monstres sacrés John Moore et John Size, a décroché sa licence la saison dernière et a battu le record de Size avec 65 succès. Ancien jockey – pendant quatorze ans –, alors qu’il s’appelait Danny Lor, il est devenu Frankie parce qu’Ivan Alan, le premier maître du galop de Hongkong, estimait que Frankie sonnait mieux que son nom chinois, Fu Chuen…

Plus de 180 millions d’euros d’enjeux. Des meilleurs chevaux, des professionnels de plus en plus avertis, une organisation au top. Tout cela explique le 4 à 0, mais il faut ajouter deux chiffres : plus de 96.000 spectateurs (avec une hausse de 2.000 personne, malgré une journée de ciel gris) et 1,6 milliard de dollars hongkongais de paris (180 millions d’euros), dont 16 % enregistrés à l’étranger. Ce nouveau record ne tient pas compte des 24,1 millions d’enjeux au Japon. Pour les âmes pures qui pensent encore aux courses détachées des paris, c’est la meilleure réponse.