SPÉCIAL JEUNES ENTRAÎNEURS - Ludovic Rovisse : « Vivre sa passion au quotidien, je ne vois rien de mieux »

Courses / 13.12.2018

SPÉCIAL JEUNES ENTRAÎNEURS - Ludovic Rovisse : « Vivre sa passion au quotidien, je ne vois rien de mieux »

Ludovic Rovisse est installé à Lamorlaye depuis le mois d’août 2017. Il nous a expliqué son parcours.

Jour de Galop. – Quel a été votre parcours avant de vous installer ?

Ludovic Rovisse. – J’ai toujours baigné dans le monde du cheval. Mon père était un ancien jockey. Il était aussi le premier garçon de Philippe Demercastel, son beau-frère. C’est comme cela que j’ai pu travailler pour mon oncle. J’ai travaillé chez lui pendant une vingtaine d’années, dont quinze en tant qu’assistant. Ensuite, je suis parti travailler à Dubaï pour Xavier Nakkachdji et Stéphane Chevalier. J’ai beaucoup voyagé dans des grands pays de courses comme Hongkong, le Japon, la Grande-Bretagne, l’Irlande... De retour en France, j’ai été l’assistant de Tony Castanheira pendant deux ans. Puis j’ai collaboré avec Carina Fey pendant un an. J’ai ensuite consacré du temps à mon père qui était malade. Enfin, je me suis lancé et j’ai obtenu ma licence il y a un an et demi. Je me suis installé en août 2017 à Chantilly.

Où êtes-vous localisé ?

Mes écuries sont situées à Lamorlaye, plus exactement. Plusieurs propriétaires me soutiennent depuis le début, dont mes parents, mais aussi le haras de la Gousserie ou encore Robert Bonaventure ainsi que Daniel Cole et ses associés. Ce sont des propriétaires que je connais depuis longtemps. Aujourd’hui, j’ai onze chevaux. Je n’ai pas eu de yearlings la première année. D’ici le mois de mars, je devrais en recevoir entre cinq et huit. À terme, je devrais donc en avoir une quinzaine, plus les quelques chevaux que l’on achète à réclamer.

Pourquoi avoir choisi de vous installer à Lamorlaye plutôt qu’ailleurs ?

Je suis né à Chantilly. J’ai beaucoup voyagé, donc j’ai vu d’autres endroits. Mais il faut dire que Chantilly reste La Mecque pour les chevaux de course. Les pistes sont imbattables, leur entretien est parfait. C’est vraiment l’endroit suprême à mes yeux pour entraîner. J’ai eu l’occasion de m’installer ici, j’ai donc décidé de joindre l’utile à l’agréable.

Selon vous, quel est l’aspect le plus difficile de votre métier ?

Il y en a deux. D’abord, ce n’est pas évident de trouver les clients fortunés. Ensuite, il faut subir le système français, mais ça je le savais avant de m’installer. Je n’ai rien à perdre. Je travaille sans pression. La seule pression que j’ai, c’est de trouver les propriétaires qui puissent assumer les frais que l’on a ici à Chantilly.

Et l’aspect le plus plaisant ?

Je pense que dans notre métier, être dans son écurie tous les matins, c’est merveilleux. Vivre sa passion au quotidien, je ne vois rien de mieux. J’avais voulu être jockey, mais mesurant 1,80m, il a fallu me rendre à l’évidence. Je monte toujours et ce contact avec l’animal est un des aspects de mon métier que j’adore. Je travaille aussi avec ma compagne. Elle me seconde, cela rend mon travail plus facile.

Comment imaginez-vous les courses et votre écurie dans dix ans ?

Je les imagine aussi bien ou mieux qu’aujourd’hui. Je trouve que notre sport s’est beaucoup démocratisé. Il y a de la place pour tout le monde malgré tout et j’imagine que cela va continuer sur cette lancée. Nous naviguons parfois en eaux troubles mais il faut rester positif, sinon cela ne sert à rien de continuer. Dans une dizaine d’années, je m’imagine avoir une équipe encore plus grande autour de moi et de mes chevaux et un maximum de propriétaires.