SPÉCIAL JEUNES ENTRAÎNEURS - Luigi Maceli, un Italien sur les obstacles

Courses / 13.12.2018

SPÉCIAL JEUNES ENTRAÎNEURS - Luigi Maceli, un Italien sur les obstacles

Ils sont jeunes, enthousiastes, ambitieux. Eux, ce sont de jeunes entraîneurs qui, pour la plupart, se sont installés cette année.

Originaire d’Italie, Luigi Maceli, 29 ans, a commencé une carrière de jockey dans son pays de naissance avant de se lancer en France. Quelques gagnants plus tard, le jeune transalpin a embrassé une nouvelle voie en s’installant entraîneur à Maisons-Laffitte.

Jour de Galop. – Quel a été votre parcours avant votre installation ?

Luigi Maceli. – Ma famille n’était pas dans le milieu, mais elle a toujours aimé les chevaux. Je suis passionné depuis tout petit. Mon père m’avait acheté un pur-sang réformé, qu’il avait sauvé de la boucherie. J’avais un peu de mal à le monter, car il était assez vif, et c’est comme ça que j’ai commencé à m’intéresser à cette race de chevaux et à me rendre sur les hippodromes. Depuis, j’ai toujours voulu être entraîneur. J’ai commencé à travailler dans une écurie d’obstacle en Italie, après la fin de mes études de commerce. Je ne m’y plaisais pas et je suis donc entré au service de Francesco Contu, chez lequel je suis resté pendant sept ans. Il avait 70 chevaux d’obstacle, à l’époque. C’est lui qui m’a tout appris. Il m’a fait monter en course et j’ai aussi été son premier garçon. Ensuite, je suis venu en France, où j’ai travaillé pour Guy Cherel, Jean-Paul Gallorini ou encore Nicolas Bertran de Balanda. Puis j’ai eu une proposition de Tenuta dei Principi pour m’installer, ainsi que d’autres clients italiens, et j’ai obtenu ma licence au mois de janvier.

Comment s’organise votre écurie ? Pourquoi avoir choisi le site de Maisons-Laffitte ?

Je fais actuellement le meeting de Cagnes-sur-Mer avec onze chevaux, et j’en ai laissé trois à mon écurie, qui est située à Maisons-Laffitte. Nous avons gagné une course de haies la semaine dernière avec Skins Rock (Skins Game), et j’espère faire un bon meeting, car j’ai les chevaux pour. Mes propriétaires principaux sont Tenuta dei Principi et Christian Troger, mais j’ai en tout sept clients qui me font confiance. J’ai fait trois gagnants depuis le début de l’année et pris pas mal de places. Je me suis installé à Maisons-Laffitte car je pense que c’est un centre magnifique pour entraîner des chevaux d’obstacle. On peut aller n’importe où et l’ambiance est super pour les chevaux, c’est calme. Ce qui m’a également plu, c’est la variété des obstacles et la proximité des hippodromes parisiens.

Quel est l’aspect le plus plaisant de votre métier ? Et à l’inverse, le plus difficile ?

Le plus plaisant, c’est la satisfaction du travail bien fait et accompli, quand mes chevaux gagnent ou font l’arrivée. C’est beaucoup d’émotions, car il y a des hauts et des bas, on ne peut pas gagner tous les jours et il y a des bonnes et des mauvaises surprises. Au niveau du moral, ce n’est pas régulier… Quant à l’aspect le plus difficile, c’est de trouver un équilibre au niveau du l’organisation de l’écurie, de prendre ses marques. Et puis, il y a beaucoup de concurrence, même en province, elle est rude pour un "petit" comme moi. Il faut avoir de bons chevaux.

Quel regard portez-vous sur la conjoncture des courses ?

Il y a des choses qui peuvent se mettre en place au niveau administratif et organisation de France Galop, et je suis assez optimiste, malgré l’annonce de la fermeture de l’hippodrome de Maisons-Laffitte. C’est regrettable, et je pense que nous aurions pu l’éviter si les obstacles d’Enghien avaient été décalés là-bas. Je ne sais pas si je serai encore entraîneur dans dix ans, car la route est longue, mais j’espère bien faire et gagner au moins des courses modestes, ce qui fait toujours plaisir.