SPÉCIAL JEUNES ENTRAÎNEURS - Stéphanie Penot, une passionnée au parcours atypique

Courses / 14.12.2018

SPÉCIAL JEUNES ENTRAÎNEURS - Stéphanie Penot, une passionnée au parcours atypique

Stéphanie Penot, 34 ans, n’est pas issue du sérail. Malgré tout, sa passion l’a poussée à faire son chemin dans le milieu des courses, jusqu’à obtenir sa licence d’entraîneur, il y a un peu plus d’un an.

Jour de Galop. - Quel a été votre parcours avant votre installation ?

Stéphanie Penot. - Je suis la seule passionnée de chevaux dans ma famille. J’ai obtenu un DUT techniques de commercialisation avant de commencer à travailler dans les courses. À l’époque, je montais à cheval en concours hippique et, un jour, ça m’est venu comme ça. J’ai contacté des entraîneurs, et Alain Bonin m’a répondu en me proposant de faire un essai. Je suis venue chez lui et il m’a finalement demandé si je voulais entrer à son service. J’ai accepté et j’y suis restée dix ans. C’est lui qui m’a tout appris ! Outre la fonction de cavalière d’entraînement, j’ai aussi occupé les postes de garçon de voyage et de premier garçon. Je me suis lancée en tant qu’entraîneur parce que je voulais travailler pour moi, et je me suis installée à Maisons-Laffitte, au mois d’octobre 2017.

Comment s’organise votre écurie ? Pourquoi avez-vous choisi le centre d’entraînement de Maisons-Laffitte ?

Je veille sur un effectif de trois chevaux, qui appartiennent à des propriétaires que j’ai connus chez Alain Bonin. Ils m’avaient toujours dit : « Le jour où vous vous installerez, on vous mettra des chevaux à l’entraînement. » Mes parents sont également associés sur Elvis (Della Francesca), qui m’a apporté ma première victoire au mois de septembre, à Fontainebleau. Je compte effectuer le meeting de plat de Cagnes-sur-Mer avec mon compagnon, Julien Carayon, qui exerce le même métier que moi. J’ai choisi de m’installer à Maisons-Laffitte parce que j’y avais acheté mon appartement, mais surtout parce que j’aime beaucoup les pistes, que je connais très bien grâce à mon expérience chez Alain Bonin. De plus, le centre d’entraînement est proche de tous les hippodromes parisiens.

Quel est l’aspect le plus plaisant de votre métier ? Et, à l’inverse, le plus difficile ?

Le plus plaisant, c’est d’être avec les chevaux et d’être dehors constamment, même si les conditions météorologiques sont parfois difficiles. J’ai la chance de vivre de ma passion, et ce n’est pas donné à tout le monde. Le plus dur, c’est d’être toujours au travail, matin, midi et soir. On n’a jamais de répit dans ce métier. Il faut accepter de se donner à fond et de ne pas avoir de résultats pour autant. Parfois, ça ne paye pas ! Je passe ma vie au travail, mais heureusement, mon compagnon est entraîneur aussi et comprend mon quotidien.

Comment envisagez-vous votre avenir dans ce milieu ?

Les courses vont mal, mais ça va mal partout. Je suis jeune et j’ai envie d’y croire. Je n’ai pas envie de me projeter, je vis un peu au jour le jour. Il ne faut pas voir l’avenir en négatif, sinon on ne fait pas long feu… Je suis tout de même triste d’apprendre la fermeture de l’hippodrome de Maisons-Laffitte, un beau champ de courses avec la plus grande ligne droite d’Europe. C’est la cité du cheval, et c’est un bouleversement non seulement pour les professionnels mansonniens, mais aussi pour la ville. Dans dix ans, j’espère que je serai installée en province avec mon ami, pour que nous ayons nos propres pistes et que nous puissions travailler comme nous le souhaitons. Je veux garder un petit effectif et je ne me vois pas m’occuper de plus de huit chevaux. De cette manière, on est sûr de pouvoir prendre soin au mieux de chacun, et puis c’est plus facile de travailler sans personnel.