Clovis du Berlais, un profil rare aux haras du Lion

Élevage / 12.01.2019

Clovis du Berlais, un profil rare aux haras du Lion

Aucun haras français ne joue autant la carte des étalons sauteurs que Le Lion : quatre de ses huit sires pour la saison 2018 ont fait leurs preuves sur les obstacles. Cette année, le haras du Lion accueille un nouveau venu de taille avec Clovis du Berlais, lequel présente un profil rare compte tenu de ses performances et de son pedigree.

Par Adrien Cugnasse

Après deux saisons outre-Manche, à Yorton Farm, Clovis du Berlais (King’s Theatre) s’installe au haras du Lion pour la saison de monte 2019. Cette arrivée s’est faite grâce au travail de Richard Venn. Lors de sa carrière de course, qu’il a réalisée sous l’entraînement de Robert Collet, Clovis du Berlais a compté parmi les meilleurs de sa promotion. Vainqueur du Prix Paul’s Cray, sur les haies d’Auteuil, à 3ans, il s’est distingué au niveau Groupe à 4ans. Il a notamment conclu deuxième des Prix Amadou (Gr2) et Questarabad (Gr3) et cinquième du Prix Renaud du Vivier (Gr1). Il s’est également classé troisième du Prix de Pepinvast (Gr3). Mais il a eu la malchance de naître la même année que deux phénomènes : Bonito du Berlais (Trempolino) et Blue Dragon (Califet). Le podium des Prix Amadou et de Pepinvast a vu passer un certain nombre de futurs étalons, à l’image de Blue Brésil (le père de Mick Jazz, Le Prezien, Saint Goustan Blue, Miss Salsa Blue, L’Autonomie…) ou de Saint des Saints (Cadoudal), Kapgarde (Garde Royale) et Tiger Groom (Arazi), trois sires qui font partie des rares à avoir produit deux gagnants de Gr1 ou plus chez les sauteurs. En 2016, à 5ans, Clovis du Berlais a prouvé sa polyvalence en s’imposant dans le Prix de Saint-Maixent, sur le steeple d’Auteuil. Après avoir démontré sa précocité, il a su durer dans le temps.

Une rareté. Parmi les 30 étalons ayant couru sur les obstacles et qui vont officier en France en 2019, seulement huit sont montés sur le podium d’un Groupe à Auteuil, à l’image de Clovis du Berlais. Six ont déjà eu des produits en âge de courir et cinq d’entre eux sont à l’origine d’au moins deux gagnants de Gr1 en France, Irlande ou Angleterre : Balko (Pistolet Bleu), Buck’s Boum (Cadoudal), Saint des Saints (Cadoudal), Tiger Groom (Arazi) et Kapgarde (Garde Royale). Il s’agit donc d’un argument très fort en faveur du jeune étalon du haras du Lion, qui est par ailleurs indemne du sang de Cadoudal (Green Dancer) et de Garde Royale (Mill Reef), ce qui lui ouvre de nombreuses possibilités de croisement parmi les meilleures juments d’obstacle.

Une souche en Or. Le sang de Chinca, l’aïeule de notre sujet, est arrivé au haras du Berlais par l’intermédiaire de ses deux filles Shinca (Port Lyautey) et Chica Bonita (Badayoun). Née en 1975, elle est déjà à l’origine d’une vingtaine de black types sur les obstacles, la très grande majorité sous l’affaire "du Berlais", dont Chinco (Grand Steeple-Chase de Paris, Gr1), Sherkan du Berlais (troisième du Prix Cambacérès, Gr1), Chimère du Berlais (Prix Cambacérès, Gr1), Mr Mole (3e Celebration Chase, Gr1), Bonito du Berlais (Prix Cambacérès, Gr1), Caid du Berlais (2e Future Champions Finale Juvenile Hurdle, Gr1)… ce dernier étant issu de la même mère que Clovis du Berlais. Avec sept juments, la souche de Chinca est la plus représentée parmi l’effectif des poulinières de Jean-Marc Lucas et de son épouse, signe de la grande confiance accordée par cet élevage de référence à cette lignée. 

Sortir des sentiers battus. Jean-Marc Lucas et son épouse ont toujours joué la politique de l’excellence en envoyant leurs juments soigneusement sélectionnées aux meilleurs étalons européens. C’est ainsi qu’ils ont fait le choix d’utiliser à plusieurs reprises King’s Theatre (Sadler’s Wells), lequel officiait jusqu’en 2011 à Ballylinch Stud. L’année de sa disparition, qui est aussi celle de la conception de Clovis du Berlais, l’étalon est devenu pour la première fois tête de liste des pères de gagnants en Irlande et en Angleterre. Cinq fois champion sire, il a réalisé cet exploit avec un nombre de partants très inférieur à la majorité des étalons anglo-irlandais. Pourtant, réussir outre-Manche n’est pas une garantie de briller dans le très sélectif programme français. Sans surprise, King’s Theatre n’a pas eu beaucoup de partants dans l’Hexagone. Néanmoins, avec seulement une cinquantaine de chevaux, il a donné 13 black types : Clovis du Berlais, L’Ami Serge (Grande Course de Haies d’Auteuil, Gr1), Nobody Told Me (Grande Course de Haies d’Auteuil, Gr1), Shaneshill (troisième de la Grande Course de Haies d’Auteuil, Gr1), King’s Daughter (Prix Bournosienne, Gr3), Fiumincino (Prix La Périchole, Gr3), Fubbs (Prix Général de Saint-Didier, Gr3), Bonita du Berlais (deuxième du Prix Bournosienne, Gr3), King’s Show (troisième du Prix Duc d’Anjou, Gr3), Fair Attitude (deuxième du Prix Aguado, Listed), Balthazar King (Grand Cross de Craon, Listed, deux fois), Clear Riposte (deuxième du Prix Alain du Breil, Gr1) et Great Pretender (Prix Achille-Fould, Listed). Ce dernier, qui officie au haras de la Hêtraie, est à ce jour le seul fils de King’s Theatre testé sur descendance. Il a déjà produit cinq lauréats de Gr1 : Grand d’Auteuil (Prix Renaud du Vivier, Gr1), Ptit Zig (Grande Course de Haies d’Auteuil et Prix Renaud du Vivier, Grs1), Great Field (The Ryanair Novice Chase, Gr1), Bénie des Dieux ** (David Nicholson Mares’ Hurdle et Annie Power Mares Hurdle, Grs1) et Dortmund Park (Champion Novice Hurdle, Gr1).

CLOVIS DU BERLAIS

King’s Theatre & Kenza du Berlais, par Kahyasi

Deuxième du Prix Amadou (Gr2)

Deuxième du Prix Questarabad (Gr3)

Troisième du Prix de Pepinvast (Gr3)

Stationné au haras du Lion (49)

2.500 € HT (LF) 

 

 

 

Northern Dancer

 

 

Sadler’ Wells

 

 

 

 

Fairy Bridge

 

King’s Theatre

 

 

 

 

 

Princely Native

 

 

Regal Beauty

 

 

 

 

Dennis Belle

CLOVIS DU BERLAIS (M8)

 

 

 

 

 

 

Ile de Bourbon

 

 

Kahyasi

 

 

 

 

Kadissya

 

Kenza du Berlais

 

 

 

 

 

Badayoun

 

 

Chica Bonita

 

 

 

 

Chinca