Le mot de la fin - R.I.C.

Le Mot de la Fin / 16.01.2019

Le mot de la fin - R.I.C.

Sauf si vous avez vécu au fin fond d’une grotte, vous avez entendu parler du R.I.C. Traduisez référendum d’initiative citoyenne. Cela fait partie des revendications principales des Gilets jaunes, lesquels estiment que le peuple français – si tant est que les Gilets jaunes soient représentatifs du peuple – n’est pas assez représenté auprès du gouvernement. Nous pourrions rappeler que le peuple français est amené à élire les députés à l’Assemblée Nationale pour justement le représenter et que les dernières élections législatives, en juin 2017, ont enregistré une abstention finale de 56,83 %... Le R.I.C. fait en tout cas son chemin dans les esprits et les politiques se disent ouverts à cette solution, mais pas sur tous les sujets. L’exemple du Brexit montre qu’ils ont bien raison. Non, le peuple n’est pas qualifié pour prendre des décisions d’une telle importance ! Non, le peuple n’a pas toujours raison. Et non, avoir un Bac "sciences économiques et sociales avec mention bien" ne suffit pas sur un sujet de ce type !

Le Brexit a été décidé suite à un référendum en 2016 et le peuple britannique a décidé qu’il fallait quitter l’Union Européenne, à 51,9 % contre 48,1 %. Depuis, le Brexit tourne au gag. Mais un gag loin d’être drôle et des Britanniques commencent à s’en rendre compte… Deux des principaux artisans du Brexit, les inénarrables Boris Johnson – le sosie version anglaise de Donald Trump – et Nigel Farage, se sont rendu compte d’emblée de la galère. Une fois le Brexit voté, ils ont démissionné dans les jours qui ont suivi. Pas folles, les guêpes !

Le 6 janvier, un sondage YouGov révèle que si un nouveau vote pour le Brexit se tenait, 46 % des interrogés souhaiteraient rester dans l’Union Européenne, 39 % seraient toujours pour le Brexit, et le reste ne se prononcerait pas. Autrement dit : en 2019, la majorité des Britanniques ne veulent pas de Brexit. Certains anciens partisans du Brexit ont exprimé leurs remords sur leur vote – 7 % d’entre eux selon YouGov – et les raisons sont : « On nous a menti », « les pro-Brexit disaient que tout serait formidable une fois sortis de l’UE. Je me suis dit : pourquoi ne pas leur laisser une chance ? » et – c’est notre préféré – « Je ne pensais pas que le Brexit passerait. » Génial.