Le haras d’Étreham soutient l’obstacle

Élevage / 19.02.2019

Le haras d’Étreham soutient l’obstacle

Le haras d'Étreham et France Galop viennent d’annoncer un partenariat, se traduisant par le sponsoring par le haras normand de la filière des pouliches de 3ans à Auteuil. Les cinq courses de pouliches de 3ans disputées à Auteuil seront donc associées dès cette année au haras d’Étreham. Le propriétaire et l’éleveur des lauréates des Prix d’Iéna (L), Sagan, de Chambly, Magne (Grs3), et Bournosienne (Gr2) recevront une saillie gratuite de l’un des étalons "obstacle" du haras. En outre, le haras d'Étreham apporte 20.000 € à l’allocation du Prix Bournosienne dès 2019, qui passe ainsi de 145.000 € à 165.000 €, avec une augmentation supplémentaire de 10.000 € pour atteindre 175.000 € à partir de 2020.

Les courses parrainées à Auteuil par le haras d'Étreham :

  • HARAS D'ÉTREHAM PRIX D'IÉNA (L)

Samedi 18 mai 2019

Haies - 3.500m

Pour pouliches de 3ans

Allocation globale : 80.000 €

  • HARAS D'ÉTREHAM PRIX SAGAN (Gr3)

Dimanche 9 juin 2019

Haies - 3.500m

Pour pouliches de 3ans

Allocation globale : 120.000 €

  • HARAS D'ÉTREHAM PRIX DE CHAMBLY (Gr3)

Mardi 17 septembre 2019

Haies - 3.600m

Pour pouliches de 3ans

Allocation globale : 120.000 €

  • HARAS D'ÉTREHAM PRIX MAGNE (Gr3)

Mercredi 9 octobre 2019

Haies - 3.600m

Pour pouliches de 3ans

Allocation globale : 120.000 €

  • HARAS D'ÉTREHAM PRIX BOURNOSIENNE (Gr2)

Samedi 2 novembre 2019

Haies - 3.600m

Pour pouliches de 3ans

Allocation globale : 165.000 €

Poliglote et Saint des Saints, les déclencheurs. Cinq des six derniers lauréats du Grand Steeple-Chase de Paris sont issus d’étalons faisant la monte à Étreham. Et pourtant, l’histoire d'Étreham avec l’obstacle est assez récente et a débuté avec deux chevaux, aux profils bien différents, comme nous le rappellent Nicolas de Chambure, directeur de la structure, et Franck Champion, directeur commercial : « Ce sont en effet Poliglote, puis Saint des Saints, qui nous ont amenés à développer l’obstacle au sein du haras. Les deux chevaux ont des histoires et profils bien différents. Poliglote nous avait été confié par ses éleveurs, les frères Wertheimer, pour une carrière d’étalon de plat, qu’il a parfaitement accomplie d’ailleurs, puisqu’il a notamment produit la gagnante d’Arc Solemia. À l’époque, les descendants de Sadler’s Wells n’étaient pas aussi recherchés pour l’obstacle qu’ils ne le sont actuellement. Certains produits de Poliglote ont été essayés avec succès sur les obstacles, et au fil des ans, il a attiré de plus en plus une jumenterie d’obstacle. Saint des Saints, lui, a été acquis après sa carrière de course pour en faire un étalon d’obstacle. C’était l’un des derniers fils de Cadoudal. Ses deux étalons ont connu le succès que l’on sait, et nous ont permis de développer une vraie clientèle dans le monde de l’obstacle. »

À l’affût de nouvelles opportunités. L’activité "obstacle" est telle qu’elle représente aujourd’hui plus du tiers des juments saillies au haras. À l’automne dernier, Étreham a même annoncé la création d’une station d’étalons dédiée à l’obstacle en partenariat avec le haras de la Tuilerie, qui accueille les deux derniers arrivés, Masked Marvel et Kamsin. « Nous avons senti que nous avions un rôle à jouer dans le monde de l’obstacle, et nous avons cherché à ramener des étalons correspondant aux attentes des éleveurs. Nous sommes allés chercher Masked Marvel en Australie, après l’avoir suivi depuis sa carrière de course. Kamsin, lui, officiait en Allemagne, et vu ses résultats, nous avons aussi estimé qu’il apporterait quelque chose à l’élevage français, dont on connaît la réussite. La station d’étalons d'Étreham n’étant pas extensible, il nous a semblé opportun d’offrir une vraie visibilité à nos étalons d’obstacle en les plaçant à la Tuilerie, et en leur assignant un visuel et une identité propres. Il y a aussi une logique géographique, car la Tuilerie est bien située par rapport à bon nombre d’éleveurs d’obstacle. Nous sommes toujours à l’affût d’autres opportunités. Nous avons ainsi acquis la moitié de Goliath du Berlais l’an passé, mais nous avons estimé que le cheval avait encore de belles choses à montrer sur les hippodromes. Il ne rentrera donc pas au haras avant 2020. De manière générale, nous procèderons comme nous l’avons fait avec Masked Marvel, en proposant les chevaux à la syndication. C’est une opération gagnant-gagnant. Les éleveurs sont pour beaucoup dans le succès d’un étalon, car ils lui confient leurs juments, et il est logique qu’ils soient partie prenante dans la réussite de l’entreprise. Il est très intéressant de discuter avec les éleveurs, mais aussi avec les entraîneurs d’obstacle, afin de bien cerner ce qu’ils attendent d’un reproducteur. Je dirais que le marché de l’obstacle, notamment l’étalonnage, est moins volatile que celui du plat, moins sujet au phénomène de mode, peut-être aussi parce qu’il est moins lié à la notion de commerce. »

Pérenniser une filière d’excellence. Concernant le sponsoring des épreuves de pouliches de 3ans, les hommes d'Étreham ont précisé : « Nous sommes très heureux d’associer le haras d'Étreham au programme de sélection des pouliches de 3ans à Auteuil. Ce sponsoring a une double signification pour nous car il nous permet tout d’abord de soutenir l’obstacle français, qui ne cesse de démontrer sa domination en Europe d’année en année, mais aussi de renforcer ce programme dédié aux femelles. Ces courses qui leur sont réservées sont extrêmement importantes pour leur valorisation et permettent de pérenniser cette filière d’excellence. Notre projet dans l’étalonnage d’obstacle est un projet de long terme et nous avons souhaité lui apporter une identité et un visuel propres que nous présentons aujourd’hui. »

Jean d’Indy, président du Conseil de l’obstacle à France Galop, a commenté : « Je suis d’autant plus heureux de ce partenariat qu’il soutient notre élevage avec un programme de courses de pouliches et facilite l’accès à la meilleure génétique du pays. La marque Étreham est un partenaire de premier plan pour ces championnats féminins à Auteuil valorisés sur le plan international, puisque les produits de nos meilleures juments de course sont appréciés dans toute l’Europe. »