LE REGARD TOURNÉ VERS L’AVENIR - Nicolas Clément, It’s All About The Girls

Courses / 16.02.2019

LE REGARD TOURNÉ VERS L’AVENIR - Nicolas Clément, It’s All About The Girls

Par Franco Raimondi

C’est une affaire de filles. L’effectif de 2ans à l’entraînement chez Nicolas Clément est actuellement composé de 19 pouliches et 6 poulains. Le professionnel cantilien, qui est le plus jeune entraîneur à avoir remporté le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, plaisante d’ailleurs à ce sujet : « J’ai remporté mon premier Gr1 avec une femelle en octobre 2018… et les gens pensent déjà que je suis un entraîneur de pouliches. J’ai donc une écurie au féminin ! »  Les femmes sont aussi en majorité dans les rangs des propriétaires avec l’apport décisif de l’écurie de groupe It’s All About The Girls, qui a choisi Nicolas Clément comme entraîneur en France. Le syndicat est composé d’une trentaine de femmes de tous âges et pays. Elles ont d’ailleurs des pouliches à l’entraînement aux États-Unis, en Irlande, chez Jessica Harrington, et en Australie. Dans ce pays, Gai Waterhouse a gagné deux Grs1 pour It’s All About The Girls avec Global Glamour (Star Witness).  Dans l’effectif de Nicolas Clément, la pouliche d’It’s All About The Girls est une belle Intello (Galileo), premier produit de La Pedrera (Danehill Dancer), une demi-sœur de Naaqoos (Oasis Dream), lauréat du Prix Jean-Luc Lagardère (Gr1). Elle a été achetée 42.000 € à la vente d’octobre par Tina Rau, la compagne de Nicolas Clément, laquelle était déjà associée dans l’achat de Wonderment (Camelot). En effet, le bon de la future lauréate de Gr1 fut signé par « Tina Rau Bloodstock / Nicolas Clément. »

Un important travail de prospection aux ventes. Il y a eu un gros travail de recherche dans la genèse de l’équipe junior de Nicolas Clément : 17 sujets sur 25 sont passés aux ventes. Le Cantilien explique : « J’ai déjà 25 jeunes dans mes boxes et une autre demi-douzaine de 2ans sont attendus à l’écurie dans les semaines qui viennent. C’est un bon lot, je suis content de mes juniors même si on est au début du travail et, comme le disait Jean-Claude Rouget, en France, on n’a pas l’objectif de faire des 2ans pour Royal Ascot. » Les investissements des propriétaires s’élèvent à 1,8 million d’euros pour seize achats, soit un prix moyen de 112.500 €. La seizième pouliche issue du ring de Deauville en octobre est la demi-sœur par Kodiac (Danehill) de Magna Grecia (Invincible Spirit). Cette dernière, quatre jours après le passage en vente de sa sœur, s’est imposée dans le Futurity Trophy (Gr1). À quelques jours d’intervalle, cet updates lui aurait fort probablement permis d’atteindre son prix de réserve (95.000 €). Elle a depuis rejoint l’effectif de Nicolas Clément pour le compte de Robert Scarborough.

Vingt-deux casaques et vingt-deux étalons. En comptabilisant le nombre de propriétaires en instance, vingt-deux casaques différentes ont au moins un 2ans chez Nicolas Clément. Beaucoup sont étrangers et, parmi ces propriétaires, on note Winfried Engelbrecht-Bresges, le chef du Hong Kong Jockey Club, qui est représenté par un Kendargent (Kendor) issu de Now Forever (Tiger Hill), une demi-sœur de Now We Can (Martillo), qui a remporté le Grand Prix de Chantilly (Gr2) en 2013. Àgé de 10ans, ce dernier est le patriarche de l’écurie. Les vingt-cinq juniors sont issus de vingt-deux étalons différents, ce qui est logique pour une écurie qui compte beaucoup de propriétaires mais pas un investisseur massif, comme un propriétaire-éleveur par exemple, parmi ses clients. Les étalons qui ont plus d’un 2ans dans cet effectif sont Intello (Galileo) et Lope de Vega (Shamardal), deux lauréats du Prix du Jockey Club. C’est un très beau mélange d’origines. Il y a des sujets qui, sans être des 2ans pour Royal Ascot, peuvent se révéler précoces, comme des pouliches par Dabirsim (Hat Trick) et Dark Angel (Acclamation). D’autres ont une origine de grande tenue, comme la demi-sœur de Mille et Mille (Muhtathir) par Golden Horn (Cape Cross). On trouve aussi les produits de belles souches allemandes et un choix des meilleurs étalons qui ont officié en France.

Une année record pour les juniors. L’année dernière, Nicolas Clément a connu sa meilleure saison avec les juniors depuis 2013 et ce dans toutes les catégories. Il a fait 27 partants, dont neuf ont gagné pour un total de treize courses. Wonderment est la princesse de l’écurie. Elle est le deuxième 2ans à gagner un Gr1 sous l’entraînement de Nicolas Clément. Il avait en effet gagné le Criterium International (Gr1) en 2011 avec French Fifteen (Turtle Bowl). Il est intéressant de noter que trois autres pouliches de 2ans, les placées black types Vanilla Gold (No Nay Never) et So Unique (Siyouni) mais également la double gagnante Singing Tower (Siyouni), figurent dans le top dix de l’écurie. En 2018, les gains des juniors (386.195 €) représentent plus d’un tiers du total. C’est beaucoup pour une équipe toujours soucieuse du développement à 3ans de son effectif. Depuis 1990, Nicolas Clément a gagné 95 courses black types, dont 37 Groupes. Et l’apport des 2ans s’est limité à douze succès de Groupe, conformément à la constitution du programme français, où les 3ans et plus ont la part belle. Mais la tendance semble en passe de changer. Les femelles ont remporté 15 de ces 37 Groupes : ce n’est pas assez pour dire que Nicolas Clément est un entraîneur de pouliches. Wonderment porte en elle le rêve d’une victoire Classique à Epsom et, avec une équipe junior au féminin, sa saison 2019 sera une affaire de filles…

Pour consulter la liste des 2ans déjà déclarés à l’entraînement chez Nicolas Clément, cliquez ici

http://www.jourdegalop.com/2019/02/les-2ans-de-nicolas-clement-pour-la-saison-2019

LES CINQ COUPS DE CŒUR

CONTE DE FÉE (F2)

Sea the Stars & Padmini, par Tiger Hill

Propriétaire : Alexis Adamian

Éleveurs : Myriad Bloodstock & New England Stud Farm

Achetée 100.000 Gns (Tattersalls October Sale book 2) par Tina Rau

Sa grand-mère Petrushka (Unfuwain) fut une championne, lauréate des Irish Oaks, des Yorkshire Oaks et du Prix de l’Opéra, tous Grs1. Sa mère, Padmini (Tiger Hill), avait fait preuve de qualité lors de ses débuts gagnants. Mais elle n’a pas été revue ensuite. Sa demi-sœur Lucie Manette (Shamardal) a remporté sa Listed en fin de saison et André Fabre l’a gardée à l’entraînement à 4ans. Heureusement, les superpuissances ne peuvent pas tout garder et Padmini est partie pour un prix raisonnable (60.000 Gns) pleine de New Approach (Galileo) en 2015. Cette pouliche possède un pedigree hyperclassique et démontre qu’avec de bonnes jambes et beaucoup de travail, il est possible de s’offrir une part du rêve. Comme elle n’est pas née pour être précoce, le rendez-vous sera plutôt pour les bons maidens de fin de saison.

N. (F2)

Muhaarar & Waldjagd, par Observatory

Propriétaire en instance

Éleveur : haras de Saint Pair

Achetée 125.000 € à Arqana en octobre par Tina Rau/Nicolas Clément

La grande souche "W" du Gestüt Ravensberg est une des familles les plus vivantes de l’élevage allemand. Elle a donné dans les dernières années le lauréat du Deutsches Derby Waldpark (Dubawi), celui du St Leger Masked Marvel (Montjeu), le double gagnant de Gr1 Waldgeist (Galileo) et… Wonderment ! La mère de cette pouliche, Waldjagd (Observatory), s’est classée deuxième du Diana Trial (Gr2) avant d’être achetée pour 320.000 Gns (392.000 €) par le haras de Saint Pair. Elle a donné trois gagnants, dont le prometteur Urwald (Le Havre), qui a remporté de belle manière le Prix Antivari, une des bonnes courses pour inédits en novembre à Saint-Cloud. Le très attendu Muhaarar (Oasis Dream) apporte de la vitesse. Une chic pouliche.

HAVANA BOUND (F2)

Havana Gold & Exceedingly Rare, par Lope de Vega

Propriétaire : Stella Thayer

Éleveur : Qatar Bloodstock

Achetée 105.000 € à Osarus par Tina Rau/Nicolas Clément

Cette pouliche est le top price des femelles chez Osarus. Elle a décidément bien évolué en passant de foal à yearling puisque son prix a presque doublé. Havana Gold (Teofilo) compte cinq gagnants black types en deux générations. La mère, Exceedingly Rare (Lope de Vega), a gagné lors de sa seule sortie à 2ans à Chantilly et n’a pas été revue en piste. Il s’agit de son premier produit. La deuxième mère, Pop Alliance (Entrepreneur), a donné la gagnante de Gr3 Sunday Nectar (Footstepsinthesand) et deux placées black types à 2ans : Aseena (Verglas) et Pestagua (Lawman). La page du catalogue est bien fournie en black types, surtout à 2ans.

N. (F2)

Gleneagles & Nuit Polaire, par Kheleyf

Propriétaire en instance

Éleveur : écurie des Monceaux

Achetée 400.000 € à Arqana en août par Gatewood Bell / Cheyenne Stables

Son père, Gleneagles (Galileo), est le grand favori dans le betting pour le First Crop Sire et cette pouliche a affiché le troisième prix parmi ses 53 yearlings adjugés en Europe. Sa mère, Nuit Polaire (Kheleyf), a apporté aussi son penny puisque son fils Intellogent (Galileo) a gagné le Prix Jean Prat (Gr1). Il s’agit encore d’une bonne souche allemande : Nuit Polaire est une demi-sœur de Night of Magic (Peintre Célèbre), lauréate des Oaks d’Italia (Gr2) et mère de la double gagnante de Gr1 Nightflower (Dylan Thomas), et de Neele (Peintre Célèbre), qui a donné le héros du Derby allemand (Gr1) Nutan (Duke of Marmalade) et Nymphea (Dylan Thomas), qui a gagné le Grosser Preis von Berlin (Gr1). Dans sa page de catalogue, très dense, on note sept lauréats classiques ou de Gr1. C’est une pouliche pour les bons maidens de Deauville ou, plutôt, pour la rentrée parisienne.

N. (M2)

Excelebration & Plaisancière, par Astronomer Royal

Propriétaire : Susan Harris

Éleveur : Gérard Ferron

Achetée 50.000 € à Arqana en août par Tina Rau/Nicolas Clément

Dix-huit sujets black types en trois générations. Les statistiques d’Excelebration (Exceed and Excel), une des victimes de Frankel (Galileo), ne sont pas mauvaises. Bien au contraire, elles sont très honorables, malgré la chute de son tarif. C’est par respect pour son père, un très bon miler sous-évalué, et par solidarité avec la minorité du sexe soi-disant fort que j’ai pris ce poulain très tonique sur le papier. Il est le premier produit de Plaisancière (Astronomer Royal), qui a beaucoup travaillé pour décrocher son black type comme la tradition de famille le veut. Les Australiens diraient qu’il n’a pas un pedigree d’étalon. Tout comme papa, un yearling à 20.000 £, qui a gagné le Prix du Moulin de Longchamp (Gr1), les Queen Elizabeth Stakes (Gr1) et le Prix Jacques le Marois (Gr1)  en se classant deuxième de Frankel dans quatre Grs1…