Lutte antidopage - Communiquer pour couper court aux fantasmes

Institution / Ventes / 25.02.2019

Lutte antidopage - Communiquer pour couper court aux fantasmes

France Galop, LeTrot et la Fédération nationale des courses hippiques organisaient pour la première fois ce lundi une conférence de presse sur le contrôle antidopage. Elle a eu lieu au Laboratoire des courses hippiques, à Verrières-le-Buisson, construit en 2003. Objectif : faire preuve de transparence et couper court à certains fantasmes… Premier volet aujourd’hui avec les principes fondateurs de la lutte anti dopage et ses chiffres clés.

Henri Pouret, directeur général adjoint de France Galop, en charge de la direction opérationnelle des courses, a expliqué : « Les objectifs du contrôle antidopage sont multiples. Il faut préserver la santé et la sécurité des athlètes, garantir une compétition saine et assurer aux concurrents l’égalité des chances, mais aussi garantir aux parieurs la probité de la compétition. Il s’agit également de valoriser l’image des courses. Enfin, il est important d’assurer la sélection des reproducteurs en ce qui concerne leurs qualités intrinsèques. »

Deux catégories de substances prohibées. Guillaume Maupas, directeur technique de LeTrot, a rappelé : « Lors du contrôle antidopage, on recherche des substances prohibées dès lors que le cheval est déclaré partant, comme des substances thérapeutiques sur prescription vétérinaire (corticoïdes, anesthésiques locaux) et des contaminants alimentaires (caféine, morphine). Le cheval n’a pas le droit de courir tant qu’il n’a pas éliminé ces substances de son organisme. On recherche également des substances totalement prohibées, à l’image des dopants majeurs (anabolisants, facteurs de croissance, EPOs…), ce qui signifie que le cheval ne doit jamais avoir ces substances dans son organisme. »

Un processus de contrôle bien huilé. Un cheval de course peut être contrôlé dès sa naissance, que ce soit à l’élevage, à l’entraînement, en course ou en période de repos. Quarante-huit vétérinaires sont formés et agréés sur tout le territoire afin d’effectuer ces contrôles. Hélène Bourguignon, chef de service de biologie équine de la FNCH, a déclaré : « Au galop, un quart des entraîneurs sont contrôlés chaque année. Tous les élevages peuvent l’être également, y compris dans la préparation des ventes. En course, les chevaux sélectionnés pour le prélèvement sont désignés de manière confidentielle par les commissaires au vétérinaire préleveur. Hors compétition, les établissements font toujours l’objet de contrôles inopinés. Outre les prélèvements, on inspecte le classeur d’ordonnances et on vérifie la pharmacie et les vaccins. On contrôle l’effectif et on évalue le bien-être équin, conformément à la charte qui a été signée par l’ensemble de la filière. » Les prélèvements sont ensuite scellés sous emballage, lequel comporte un numéro qui apparaît également sur tous les éléments du kit. Une nouvelle forme de prélèvement a vu le jour en 2018 : on peut désormais prélever des crins à l’élevage, afin d’augmenter la fenêtre de détection de certaines substances. Ce prélèvement reste associé au minimum à un prélèvement sanguin.

Un résultat définitif sous quinze ou vingt jours. Après que le procès-verbal de prélèvement a été établi, ce dernier est mis sous pli scellé et envoyé au LCH. Le laboratoire vérifie la conformité du kit, l’enregistre et le renumérote afin de préserver l’anonymat avant de procéder à l’analyse des prélèvements. Le délai global moyen entre le prélèvement et le résultat confirmé est de 15 à 20 jours. Hélène Bourguignon a commenté : « Lors d’un cas positif, la levée d’anonymat est faite en présence d’un huissier de justice assermenté et de la FNCH. Les résultats sont communiqués à la société mère et à l’entraîneur. Ce dernier dispose de sept jours pour décider ou non de la réalisation de l’analyse d’un deuxième échantillon, qui doit être confié à un laboratoire agréé par les sociétés mères. Une enquête de terrain est systématiquement réalisée afin de déterminer l’origine de la détection positive, et le dossier est transmis aux commissaires de la société mère. »

L’année 2018 en chiffres

11,9 M€ : le budget consacré au contrôle antidopage par les sociétés mères

25.525 : le nombre de prélèvements effectués lors des 18.246 courses qui se sont disputées au trot et au galop

608 : le nombre d’établissements d’entraînement contrôlés, pour 1.709 prélèvements

30 : le nombre d’établissements d’élevage contrôlés, pour 112 prélèvements

67 : le nombre de cas positifs toutes disciplines et toutes situations confondues, soit 0,23 % des prélèvements