TRIBUNE LIBRE - Réponse à Didier Krainc

Courses / 17.02.2019

TRIBUNE LIBRE - Réponse à Didier Krainc

Par Odette Fau & Georges de La Rochebrochard, petits propriétaires, amoureux des "fêtes des courses"

« Bonjour Didier,

Nous ne sommes pas d’accord avec ton article d’hier, notamment pour séparer les programmes. Tu voudrais ainsi faire la différence entre les hippodromes parisiens et ceux de province. Tu voudrais, de la même manière, faire des courses de "bons chevaux" le week-end et des courses pour les "moins bons" en semaine. Personnellement, je trouve que l’intérêt de nos courses réside en ce mélange si harmonieux des genres : les princes et reines côtoient le peuple, les japonais côtoient les anglais, les "bons chevaux" côtoient les "moins bons", les éleveurs d’une poulinière côtoient les grandes écuries internationales, les chevaux nés hors de nos frontières côtoient les haras familiaux, les chevaux issus d’une saillie à 1.000 € côtoient ceux issus de saillies à 100.000 € … Et à ton avis, qui gagne ? Tout le monde.

C’est ça le rêve, car il y en a pour tout le monde. Chacun semble être merveilleusement à sa place, sans jamais d’esprit "gilet jaune", sans jalousie. Aucune névrose, aucun sentiment d’injustice nulle part… Bien au contraire. Ici, les petits admirent les grands parce que tout est tiré vers le haut et que le rêve appartient à tout le monde. J’adore cette ambiance où on sent le respect des uns et des autres. On se dit bonjour, même de loin, on salue ici un jockey vedette, on salue là, par respect, un grand propriétaire international, on rencontre un autre passionné pour échanger un avis sur ci, sur ça, on parie, on joue, on passe quatre heures extraordinaires… C’est cela qu’il faut dire aux gens, pour qu’ils viennent, c’est cet amour des courses qu’il nous faut partager, montrer, mettre en évidence. Si vous rajoutez à cela, le sens de la fête comme à Craon, si vous organisez des repas géants populaires à 12 €, tout le monde va venir…. Le repas "abordable", en famille avec les enfants.

Rendre les courses populaires et attrayantes. Il n’y a plus de kermesse ni de fête de village nulle part. Seuls les hippodromes peuvent reprendre le flambeau. Faisons la fête et les jeunes et moins jeunes, souvent ensemble, viendront remplir ces merveilleux espaces que sont nos champs de course. Et si vous voulez faire une tente VIP, faites-là... Elle marchera encore mieux qu’avant. Et surtout cessez d’inviter tout le monde ici et là. Que tout le monde participe avec un billet de 10 € à cet effort collectif de rendre populaire notre sport. Sur place, initiez jeunes et vieux à jouer sur le site internet du PMU. Et petit à petit, installez des consoles de jeux tiercé nouvelle génération avec casque virtuel…

Didier, oui, les champions attirent le public. Oui, il y a moins d’argent. Oui, les centres-villes sont moins fréquentés, oui... Oui, le pari en ligne explose, et oui, demain, les hippodromes peuvent redevenir un lieu unique de fête en France et sauver même le tissu social de province. Et comme ça, dans quelques années, même les gilets jaunes ne viendront peut-être plus vous importuner, tant ils seront redevenus populaires. Il n’y a presque rien à changer, on a tout. Peut-être manquerait-il juste un "Monsieur Fête" qui coordonnerait ces fêtes. D’autres bénévoles viendront ainsi rejoindre les bénévoles déjà existants mais débordés. Et pourquoi pas quelques achats mutualisés de consoles de jeux virtuel avec le PMU.

NB : Pour une meilleure information parieur encore, les programmes papier remis sur les hippodromes pourraient comporter quelques reportages, quelques belles histoires qui donneraient envie... »