Christophe Soumillon : "Job done!"

International / 31.03.2019

Christophe Soumillon : "Job done!"

Par Adeline Gombaud

Il est 16 h en France ce dimanche, 18 h à Dubaï. Christophe Soumillon a remporté il y a moins de vingt-quatre heures sa deuxième Dubai World Cup (Gr1) avec Thunder Snow (Helmet). Une victoire historique pour un pilote pas comme les autres…

Jour de Galop. – Comment vous sentez-vous après avoir remporté pour la deuxième année consécutive la Dubai World Cup ?

Christophe Soumillon. – Je ne vais pas dire qu’on s’habitue à de tels succès, mais j’ai la chance d’avoir gagné de très grandes courses lors de ma carrière. Je suis sans doute moins groggy que je ne l’étais l’an dernier. C’est toujours une grande émotion sur le coup, mais on réalise assez rapidement ce que l’on a fait. Donc je vais très bien, prêt à me remettre au travail demain à Chantilly !

Êtes-vous conscient du retentissement de ce succès ?

Pas vraiment ! J’ai quand même vu les nombreux messages sur Twitter, et lu les messages de félicitation que m’ont envoyés mes amis. Je sais que les courses de Dubaï sont énormément médiatisées en Angleterre, en Asie, aux États-Unis. Mais pour le moment, non, je ne me rends pas vraiment compte de la portée de ce succès.

Dans quel état d’esprit étiez-vous avant la course ?

J’étais très confiant. Je savais que Thunder Snow était en bonne forme, qu’il avait très bien travaillé. Lors de sa rentrée, il n’était qu’à 70 %, et je lui avais donné une course sage. Je savais qu’il allait beaucoup monter là-dessus. La soirée n’a pas super bien commencé. J’ai d’abord eu un non-partant, puis des chevaux qui ont couru assez moyennement. Je m’attendais à mieux avec Dream Castle, même si je savais qu’Almond Eye serait dure à battre. Mais à mi-tournant, j’ai su que cela n’allait pas le faire ! Ma meilleure chance, de toute façon, c’était Thunder Snow.

Avec votre numéro à l’extérieur dans les boîtes, le départ était capital. Pensez-vous avoir gagné la course à ce moment-là ?

Le cheval est parti très vite et j’ai pu me placer en deuxième épaisseur. C’est vrai que si j’avais dû voyager plus au large et faire un effort en face, cela aurait été plus compliqué… Je pense que j'ai gagné la course quand j’ai pu me placer devant Oisin Murphy. S’il ne m’avait pas laissé passer, j’aurais dû prendre le premier tournant en troisième épaisseur, comme il l’a fait. Cela s’est joué à peu de choses… Cela dit, son cheval n’a jamais faibli dans la ligne droite, où il a fallu que je garde mon cheval concentré. Thunder Snow est un peu comme un pur-sang arabe : il peut prendre une tête d’avance puis s’arrêter. Il est un peu spécial ! J’ai appris à le connaître depuis le temps que je le monte. On ne peut pas dire qu’il est compliqué, mais il faut le comprendre.

Au passage du poteau, saviez-vous que vous aviez gagné ?

Sur le poteau, je pensais avoir gagné. J’étais dans la bonne foulée. Une foulée plus tard, j'ai été ébloui par les flashs des photographes. Deux foulées après, j'ai vu que Gronkowski était devant moi, d’une encolure… J’ai eu un petit doute, mais j’ai entendu la foule. Des amis comme Olivier Doleuze, qui a bien eu le temps de voir l’écran géant [il a conclu 11e avec Dolkong, et approuve en rigolant la vanne de son copain, ndlr], sont venus me féliciter. C’était fait. Thunder Snow a disputé trois Carnivals et a gagné à chaque fois la plus belle course réservée à sa génération : l’UAE Derby en premier lieu, puis deux fois la World Cup. Il y a la satisfaction du travail bien fait, celle de ne pas décevoir l’entourage du cheval, le cheikh Mohammed Al Maktoum et Saeed bin Suroor. Job done!