Découvrez les candidats au comité de la Fédération des éleveurs du galop (partie 5)

Magazine / 15.03.2019

Découvrez les candidats au comité de la Fédération des éleveurs du galop (partie 5)

La Fédération des éleveurs du galop renouvellera son comité lors de son assemblée générale du 31 mars 2019. Ses électeurs sont appelés aux urnes avant le 27 mars, date limite pour voter. D’ici là, nous vous proposons de découvrir les candidats.

Hubert Honoré : « Si nous ne faisons pas plus attention aux joueurs, dont le profil a évolué, nous irons automatiquement à la catastrophe »

Jour de Galop. - Pourquoi vous présentez-vous ?

Hubert Honoré. - Je me présente principalement pour poursuivre les travaux et les relations avec l’international, sans quoi le galop ne peut exister. La place de la France est plus que jamais prépondérante au centre des décisions prises sur le plan économique à Bruxelles, que ce soit pour le bien-être animal, pour le sanitaire ou les mouvements de chevaux en Europe. Tout est lié et on ne peut perdurer sans s’ouvrir aux autres partenaires, trot y compris, pour défendre notre industrie. Il suffit de voir la situation catastrophique de l’Italie, de l’Espagne, de la Belgique, entre autres.

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

Dans ce métier, il y a trois équations : le jeu, le propriétariat et l’élevage. Les unes ne vont pas sans les autres. Le jeu, c’est le nerf de la guerre. Sans le jeu, il n’y a pas d’entrée d’argent, donc les propriétaires se lasseront et investiront moins. C’est ce qui est en train de se passer en Grande-Bretagne. Les éleveurs ne vendront pas ou peu leur production. Les anciens systèmes de jeux sont devenus obsolètes. Je ne suis pas un expert mais il faut redynamiser le jeu. Si nous ne faisons pas plus attention aux joueurs, dont le profil a évolué, nous irons automatiquement à la catastrophe. Dans notre monde nombriliste des courses, nous devrions être aux aguets pour que le jeu fonctionne bien et satisfasse le parieur. La masse monétaire ainsi générée permettra aux acteurs, par les allocations revalorisées, d’exercer leur métier.

Dernier point important : les femmes. Elles ont un rôle à jouer dans les prises de décision au sein de nos institutions. Notre profession, par trop machiste, ne laisse pas suffisamment la place aux femmes pour qu’elles s’expriment dans la gouvernance de celles-ci. Je suis favorable à une ouverture exponentielle aux femmes de bonne volonté désireuses de participer à nos institutions.

Quel a été votre parcours ?

Je suis issu d’un milieu étranger au monde du cheval. Autodidacte, j’ai travaillé deux ans dans le trot, et deux ans et demi au Kentucky. Quand je suis rentré, j’ai passé six mois au haras d’Omméel. C’était au début des années 1970 et, depuis j’ai appris, expérimenté, réussi, échoué, rebondi, consulté, voyagé, gagné, entrepris… avec des courbes ascensionnelles… mais pas toujours, la vie d’un éleveur en somme !

Jean-Charles Thibaut : « Ma priorité serait de trouver les moyens de limiter le parc étalons français »

Jour de Galop. - Pourquoi vous présentez-vous ?

Jean-Charles Thibaut. - Je me suis présenté à cette élection car je crois pouvoir apporter un regard jeune sur la filière en perte de vitesse et je pense pouvoir répondre présent pour un nouveau départ de notre institution. Si je suis élu, je souhaite intégrer la commission sanitaire car cela fait partie intégrante de mon quotidien. Du fait de ma situation de jeune éleveur et de mon poste dans un haras réputé, je peux affirmer que nous avons tous la même problématique, c’est-à-dire élever des chevaux de course et pouvoir vivre de la vente de notre production tout en raisonnant les dépenses et en faisant très attention aux risques sanitaires qui peuvent plomber des années d’élevage et de sélection. Actuellement, nous vivons une épidémie de grippe qui nous rappelle à l’ordre sur la dangerosité des virus.

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

Ma priorité, si je devais changer quelque chose dans le système actuel du galop français, serait de trouver les moyens de limiter le parc étalons français en imaginant que les étalons soient approuvés, sélectionnés et plafonnés pour faire la monte et ainsi progresser davantage sur la génétique. Il faut bien entendu trouver un accord pour cette prime aux vieux chevaux tout en dynamisant la vente des yearlings. On se doit aussi de renforcer la formation et l’information concernant la prévention des maladies contagieuses et celles des poulains auprès des salariés des haras. Je m’interroge sur les dossiers plus politiques tels que la TVA, le Brexit, et j’accorde de l’importance à la réflexion de nos aînés afin d’avancer avec célérité.

Quel a été votre parcours ?

Fils d’un directeur d’école, je suis entré élève "petit PIN" au haras du Pin en 1996. J’ai exercé la maréchalerie pendant 18 ans en entreprise et dans les Haras nationaux. J’ai continué à me former aux Haras nationaux (licence IA, écho). J’ai également managé la station de monte pur-sang du Pin de 2009 à 2014 et je me suis mis à élever avec de petits moyens et en partant de rien. J’ai eu mon premier gagnant l’an passé et j’ai vendu très correctement un foal. Puis j’ai quitté la fonction publique en 2014 sous l’influence d’Éric Lhermite pour me mettre au service de haras privés, Grandcamp et Capucines, où je ne cesse d’évoluer et d’apprendre auprès d’Éric Puerari. J’aime relever des défis et prendre des risques. Le fait de participer à ces élections est une suite logique dans ma carrière car j’arrive à maturité sur la partie technique sans pour autant tout savoir. J’ai conscience du malaise dans nos institutions et je désire m’impliquer.

Tangi Saliou : « Ma priorité serait de séduire et de rendre ce sport attractif afin d’augmenter les recettes du PMU »

Jour de Galop. - Pourquoi vous présentez-vous ?

Tangi Saliou. - À titre personnel, je me présente pour observer et mieux comprendre le fonctionnement de la filière. À titre d’élu, j’aimerais représenter au mieux ma clientèle et ceux qui me font vivre. Je m’intéresse également beaucoup à la gestion de la politique sanitaire et des enjeux économiques qu’elle représente pour nos éleveurs.

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

Si j’avais l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, ma priorité serait de séduire et de rendre ce sport attractif afin d’augmenter les recettes du PMU. Toute la filière ne tient qu’avec les recettes du PMU. De nombreux efforts de rationalisation de la filière sont en cours et il faudra désormais mettre tous ces efforts en œuvre pour augmenter les produits. Cela passe impérativement par la gratuité des hippodromes, afin de reconquérir nos clients, qui sont les parieurs, et notamment les jeunes, qui sont notre avenir. Pour une famille de quatre ou cinq personnes, c’est un vrai budget de se rendre aux courses. Les sociétés de courses retomberaient vite sur leurs pieds avec l’augmentation des consommations et des paris. Il faudrait également proposer un accompagnement des parieurs sur les petits champs de courses avec des jeux simples à comprendre ! Le retour à une prime aux naisseurs équitable pour tout le monde devient également essentiel afin de ne pas perdre une catégorie d’éleveurs dont toute la filière a besoin.

Quel a été votre parcours ?

Formé aux métiers du cheval depuis mes 14 ans, j’ai d’abord travaillé dans les chevaux de sport, en France et à l’étranger, dans l’élevage et la compétition. En 2003, j’ai intégré les Haras nationaux, qui m’ont permis d’engranger un bagage technique intéressant : licence d’inséminateur et d’échographiste puis licence de chef de centre, qui me donne le droit de faire du transfert d’embryon et de congeler la semence d’étalons. Je conseille vivement aux éleveurs qui souhaitent progresser de faire ces formations qui permettent vraiment de comprendre le fonctionnement de l’étalon et de la jument en bénéficiant du fruit de la recherche de l’Inra et des Haras nationaux. En 2011, j’ai intégré le haras de Montaigu comme directeur technique, puis, en 2018, j’ai repris le haras de la Haie Neuve à Mondevert en Ille-et-Vilaine. Nous avons une quarantaine de poulinières et quatre étalons. Nous préparons également des chevaux pour les ventes. Je suis éleveur de chevaux de course depuis 2008, et nous avons gagné notre premier Gr1 en tant qu’éleveurs en janvier 2019 à Sandow grâce à Élixir de Nutz.

Alain Chopard : « Défendre la prime aux vieux, c’est défendre l’élevage français »

Jour de Galop. - Pourquoi vous présentez-vous ?

Alain Chopard. - Je me présente à nouveau pour défendre l’élevage français. Le ton a eu tendance à hausser par rapport aux primes. Tout le monde est touché. Il ne faut pas oublier que nous formons une grande chaîne. Il ne faut pas oublier la base de la pyramide, qui doit être large. Si on ne favorise que l’élite et que l’on perd l’un d’entre eux, alors il n’y a plus de courses. Il faut de tout !

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

J’étais présent quand nous avons décidé des primes à 22,5 % pour défendre les étalons français. La preuve, des étalons sont arrivés en France. Cela a aidé. Celui qui a les moyens d’aller à l’étranger, alors il y va. Aujourd’hui, mon principe serait de supprimer les primes à l’éleveur pour ceux qui vont à l’étranger. Faire des chevaux de course et faire des chevaux de vente sont deux métiers différents. Je serais donc pour enlever la prime aux étrangers et garder celle aux vieux chevaux. Défendre la prime aux vieux, c’est défendre l’élevage français. Pourquoi est-ce que les étrangers viennent en France ? Parce que nous avons un bon système.

Quel a été votre parcours ?

J’ai travaillé huit ans chez des petits propriétaires et éleveurs. Mais j’ai aussi travaillé dans la mécanique dans les silos industriels. J’aime bien mon métier aujourd’hui, c’est une passion. Nous avons près 290 chevaux aujourd’hui au haras.

 

Retrouvez dès demain la suite des présentations des candidats au comité de la Fédération des éleveurs du galop.