Découvrez les candidats au Comité de la Fédération des éleveurs du galop (partie 7)

Élevage / 18.03.2019

Découvrez les candidats au Comité de la Fédération des éleveurs du galop (partie 7)

La Fédération des éleveurs du galop renouvellera son Comité lors de son Assemblée générale du 31 mars 2019. Ses électeurs sont appelés aux urnes avant le 27 mars, date limite pour voter. D’ici là, nous vous proposons de découvrir les candidats.

Geneviève Neveux : « Pour avoir une élite, il faut nécessairement une base solide et vivante »

Jour de Galop. – Pourquoi vous présentez-vous ?

Geneviève Neveux. – L’élevage a toujours été ma passion et je me suis déjà présentée aux élections par le passé sans succès, probablement par manque de notoriété, et ce malgré quelques tribunes publiées par Jour de Galop et appréciées dans l’ensemble. J’avais d’ailleurs décidé que c’était terminé pour moi, puis est venue la suppression des primes à l’éleveur pour les chevaux d’âge. Ce qui m’a choqué, au-delà du côté arbitraire de la décision, c’est le manque d’anticipation de la Fédération quant aux conséquences négatives que cela pourrait avoir au niveau de ses adhérents. Puis les déclarations outrancières de certains acteurs des courses face aux manifestations de mécontentement des éleveurs m’ont convaincue qu’il était temps de réagir, d’où ma lettre ouverte suite à laquelle j’ai reçu un grand nombre de retours positifs, même si je sais que j’ai heurté la susceptibilité, et les convictions, de certains.

Je ne me considère pas comme un porte-drapeau car j’ai toujours souhaité avoir une position équilibrée, à la recherche de l’intérêt général et en tenant compte des enjeux et des difficultés. Mais à un moment, il faut savoir dire stop face aux discours élitistes et déconnectés de la réalité de certains. Ils devraient d’ailleurs se souvenir des lois qui gouvernent l’économie et les écosystèmes en général. Pour avoir une élite, il faut nécessairement une base solide et vivante, sinon c’est l’ensemble qui est amené à disparaître.

Ces élections sont donc ma dernière chance de contribuer aux réformes essentielles à la survie et au développement de la filière. Et je compte bien la saisir si les électeurs de la Fédération m’en donnent l’opportunité.

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

Pour moi les chantiers prioritaires restent le renforcement de l’étalonnage, même si beaucoup de progrès ont été faits. Et aussi la remise à plat des primes propriétaires et éleveurs, dans une optique d’efficacité et d’équité, la T.V.A. dont les effets néfastes au niveau des petits propriétaires et éleveurs se répercutent sur l’ensemble de la filière. Mais surtout la rénovation de l’image des courses qui s’est diluée au fil des années et des erreurs stratégiques des gouvernances successives. Les éleveurs y ont un rôle à jouer d’ailleurs, parce qu’ils ont de belles histoires à raconter et l’Institution aurait tout intérêt à les mettre un peu plus en avant, tout comme la réalité économique que représente l’élevage pour les territoires et le maintien de l’emploi rural.

Quel a été votre parcours ?

Je suis née en Normandie, dans le Calvados, et ai toujours été impliquée dans le milieu des courses, directement ou indirectement, mon père étant un passionné d’élevage et grand spécialiste des pedigrees. Après mes études, je suis partie travailler à Paris et j’ai monté à l’entraînement pendant des années, jusqu’à ce que ma carrière professionnelle ne m’en laisse plus le loisir. La maturité venant, je me suis dit que rien ne m’empêchait de réaliser mon rêve et je me suis lancée dans l’élevage en 2002 avec trois juments acquises aux ventes de Deauville. Deux ans plus tard, j’achetais un petit haras dans le Pays d’Auge, que j’ai rénové et étendu au fil des années, même si je reste encore un peu à l’étroit.

Henry Roussignhol : « Ma priorité serait de reconquérir le public et les parieurs »

Jour de Galop. – Pourquoi vous présentez-vous ?

Henry Roussignhol. Je me présente car je suis d’abord motivé et passionné. À présent à la retraite, j’ai du temps disponible pour participer aux réunions et aider les jeunes équipes pour la prochaine mandature. C’est la deuxième à laquelle je me présente et j’aimerais continuer à œuvrer dans l’intérêt des éleveurs, réunir l’ensemble des associations et syndicats pour la promotion et la commercialisation de notre production.

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

Ma priorité serait de reconquérir le public et les parieurs avec un retour à des horaires plus porteurs, un accès à une grande chaîne de télévision, des rendez-vous à jours fixes, et des jeux plus simples. Enfin, une réelle entente entre toutes nos associations trot /galop afin de pouvoir communiquer et défendre nos intérêts d’une seule et unique voix.

Quel a été votre parcours ?

Mon parcours est assez simple. J’ai géré pendant longtemps une exploitation agricole avec des chevaux de concours hippique et des chevaux de course. J’ai aussi travaillé en tant qu’étalonnier et assuré la direction de la Société des courses de Vichy pendant dix-sept ans. Cette année, j’ai été élu à la présidence de la Fédération des éleveurs du Centre-Est.

Thierry Dalla-Longa : « Nous devons rendre la filière plus attractive pour les jeunes »

Jour de Galop. – Pourquoi vous présentez-vous ?

Thierry Dalla-Longa. – Je me représente parce qu’il est important que nous soyons plus nombreux de la jeune génération au Comité. J’aimerais œuvrer pour aider notre filière qui est en difficulté en ce moment. Il y a encore beaucoup de sujets à aborder, comme le sponsoring pour aider notre univers. Il faut continuer à pousser dans ce sens-là. Il ne faut pas vouloir tout révolutionner. Il faut surtout améliorer le système. Je suis du Sud-Ouest, une région qui n’est pas très grande en nombre d’éleveurs. Beaucoup de petits éleveurs me parlent, je suis un relais entre ces derniers et la Fédération. Beaucoup ne comprennent pas ce que fait la Fédération et pourquoi telle décision est prise, alors je leur explique. La communication est primordiale.

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

La priorité est de simplifier le jeu. Il faudrait par exemple créer des applications. Nous devons rendre la filière plus attractive aux jeunes, l’ouvrir aux jeunes tout simplement. Amener des nouveaux propriétaires est pour moi important. Nous devons pouvoir rendre accessible les courses aux grosses entreprises, en rendant plus abordable le sponsoring de courses ou casaques. Nous n’utilisons pas assez ce créneau-là. Nous devrions aller chercher ce genre de nouveaux clients. Ma deuxième priorité, c’est le PMU et les propriétaires. Ce sont eux qui tiennent notre filière. Il faut aller courtiser des gens qui peuvent être de nouveaux propriétaires.

Quel a été votre parcours ?

Mon parcours sort des sentiers battus. Je ne suis pas issu du milieu du cheval. J’ai démarré jeune dans les balades, puis le concours hippique, ensuite chez des cavaliers internationaux d’obstacle et de dressage. J’ai ensuite intégré le milieu des courses où j’ai travaillé dix ans à l’entraînement. Et fin 2011, je me suis installé en développant le haras de Saint-Vincent.

Mathieu Talleux : « Je souhaite redynamiser ma région »

Jour de Galop. – Pourquoi vous présentez-vous ?

Mathieu Talleux. – Je pose ma candidature pour essayer de représenter ma région qui est une région d’élevage. Mais aussi pour fédérer le Sud-Ouest dans son ensemble. L’idée est vraiment de redynamiser notre région du Sud-Ouest.

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

Je pense qu’il faudrait essayer de remettre en place la prime aux chevaux d’âge dans le système actuel. Mais une autre chose importante est de trouver un moyen de redynamiser la filière de manière générale, rendre les courses plus attractives et accessibles.

Quel a été votre parcours ?

J’ai d’abord travaillé pendant dix ans aux Haras nationaux à Pompadour, et quand cela a commencé à battre de l’aile, je suis parti en Irlande à Ballylinch Stud. Lorsque je suis revenu en France, j’ai travaillé un an à l’élevage de Tourgéville pour la famille Lepeudry, et en 2012, je me suis mis à mon compte.

François Buzon : « Equité, efficacité et cohérence »

Jour de Galop. – Pourquoi vous présentez-vous ?

François Buzon. – Jeune cadre dirigeant dans un grand groupe industriel international, je suis éleveur et propriétaire de chevaux de course et de sport en région Nantaise. Je veux contribuer à l’évolution de notre institution dans un souci d’équité, d’efficacité et de cohérence. Concernant la Fédération des éleveurs, entre autres :

- je souhaite le retour de la prime à l’éleveur pour les chevaux d’âge qui a été supprimée arbitrairement pour des raisons budgétaires et en l’absence d’une politique claire.  Je souhaite donc que nous redéfinissions les objectifs de notre politique de primes à l’éleveur en plat et en obstacle, et donc son mécanisme de redistribution ;

- plutôt que de lancer le combat incertain d’une baisse du taux de T.V.A., je souhaite que nous menions un plan d’action proactif pour aider les éleveurs sans sol à devenir assujettis à la T.V.A., qui est une simple formalité administrative que j’ai faite moi-même ;

- je souhaite que la Fédération favorise la monté en compétences de nos éleveurs et organise donc des formations et des conférences (sujets sanitaires, fiscaux, nutrition, reproduction, ….) avec l’appui d’intervenants extérieurs, ce qui serait vecteur de cohésion entre éleveurs ;

- je souhaite aussi que les jeunes éleveurs soient soutenus et mis en avant. Symboliquement, des prix devraient être remis aux jeunes éleveurs lors du gala et le tirage au sort devrait les favoriser.

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

Il y a tant de choses évidentes à faire ! Ma priorité serait de changer le mode de gouvernance, car notre mode de gestion associatif et passéiste ne peut permettre la mise en œuvre rapide et efficace d’aucune stratégie.  Par conséquent, nous devons passer à une gestion entrepreneuriale, comme dans toute société qui se respecte, cela passe notamment par la fin de la cooptation, la limite des mandats électifs et l’instauration d’une limite d’âge. S’il est logique de fusionner trot, galop et PMU en une structure unique, il sera indispensable d’être d’une exigence absolue sur les compétences et le système de rémunération des effectifs, au risque d’aggraver le mal. Enfin il est urgent de mettre sous contrôle l’ensemble des hippodromes. C’est l’actif le plus critique de notre système car toutes les parties prenantes s’y retrouvent (parieurs, spectateurs, éleveurs, propriétaires, chevaux, …). Aujourd’hui, leur qualité de service est insuffisante et hétérogène. Elle repose sur les initiatives isolées de leurs présidents qui engagent leur responsabilité personnelle. Je souhaite donc que les hippodromes de trot et de galop soient placés sous la responsabilité de cette structure unique qui pilotera la qualité de service, les résultats économiques, les investissements, nommera leurs dirigeants et les rémunéra avec un variable significatif.

Quel a été votre parcours ?

Petit-fils d’agriculteur, j’ai grandi à Paris en ne rêvant que de chevaux et d’élevage, et pendant les vacances je montais en concours hippique dans le Sud-Ouest. Quand je préparais l’école Polytechnique, entre les cours, je faisais des croisements pour un ami éleveur de chevaux de sport, féru de génétique et d’inbreeding. Après mon passage à la business school de Cambridge à deux pas de Newmarket, je suis rentré en France pour travailler en banque d’affaires, puis à la direction d’un grand groupe industriel. J’ai alors rencontré mon épouse, Marie Illegems, qui venait de s’installer à Nantes, au haras des Embruns. En 2009, j’y ai donc fait naître mon premier poulain de sport (inbreed 3 x 3, 4 x 4, 5 x 5 avec 18 fois Son in Law, pur-sang et une grand-mère pur-sang par Weavers Hall, Irish Derby), qui tourne aujourd’hui à très haut niveau en internationaux. Les pur-sang étant à l’origine des chevaux de sport, j’ai suivi immédiatement mon épouse dans sa passion du pur-sang. J’ai donc aujourd’hui, à 35 ans, des chevaux à l’entraînement et plusieurs juments à l’élevage, principalement en copropriété avec des amis dans une logique d’investissement et de partage. Je lis Jour de Galop tous les soirs, j’épluche tous les catalogues de ventes, les publications du Weatherbys et je passe de longues soirées sur les croisements et les programmes de courses. En parallèle, je gère un business d’un grand groupe de biotechnologie.

Retrouvez dès demain la suite des présentations des candidats au Comité de la Fédération des éleveurs du galop.