Santa Anita lance la révolution des courses américaines

International / 15.03.2019

Santa Anita lance la révolution des courses américaines

C’est une annonce du groupe Stronach qui a fait l’effet d’une bombe… Il n’y aura plus de Lasix à Santa Anita ni à Golden Gate Fields, les deux hippodromes californiens du groupe. Une bombe… pour désamorcer une crise encore plus importante, laquelle peut mettre en péril les courses à Santa Anita.

Une mortalité excessive à Santa Anita. Depuis la fin du mois de décembre 2018, vingt-deux chevaux se sont mortellement accidentés sur la piste principale de dirt de Santa Anita, l’un des hippodromes appartenant au groupe Stronach. Le dernier accident remonte à ce jeudi matin, alors que la piste avait été fermée pendant plusieurs jours pour être examinée. Selon les rapports, le cheval se serait fracturé les deux antérieurs à la fin de son travail. Aux grands maux, les grands remèdes… Le groupe Stronach a décidé de renforcer son contrôle de la médication, en course et à l’entraînement, y compris en interdisant le Lasix. C’est historique.

Horse first. Belinda Stronach a publié une « lettre ouverte sur l’avenir des courses de pur-sang en Californie ». La conclusion de cette lettre est claire : « Nous faisons un pas en avant et nous disons, avec force, que le système actuel ne fonctionne plus. Même si les blessures sur un hippodrome ont des causes variées, elles ont un point en commun : l’industrie doit encore faire tout ce qu’elle peut pour les empêcher. Cela change aujourd’hui. Premièrement, et avant tout, nous devons faire ce qui est bon pour le cheval. Lorsque nous agissons pour le bien du cheval, tout – absolument tout – suivra. »

La fin du Lasix. Le groupe Stronach a déjà, dans le passé, pris des mesures contre le Lasix, notamment via une décharge pour les chevaux courant sans cette médication. Pas assez, si l’on en croit Belinda Stronach : « Nous arrivons dans un moment charnière. Le groupe Stronach a longtemps milité pour l’abolition de la médication en course mais nous n’allons pas attendre plus longtemps que l’industrie se mette d’accord sur le sujet. Nous n’attendrons pas non plus que la législation concernée prenne à bras-le-corps ce changement capital. Nous prenons une position et nous reconnaissons totalement qu’elle puisse être déroutante. Cela englobe une révision complète de la politique actuelle de médication pour améliorer la sécurité de nos athlètes, équins et humains, et renforcer l’intégrité de notre sport. Ces changements incluent les meilleurs pratiques déjà appliquées sur les hippodromes du monde entier.

- Interdire l’utilisation du Lasix.

- Renforcer les interdictions de médications légales comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens légaux, infiltrations, thérapies par ondes de choc et stéroïdes anabolisants.

- Transparence totale de tous les comptes rendus vétérinaires.

- Augmentation importante des contrôles hors compétition.

- Augmentation du temps de présence sur place pour un cheval avant une course.

- Investissement considérable du groupe Stronach dans des équipements de diagnostic pour favoriser une détection rapide de problèmes préexistants.

- Les chevaux à l’entraînement ne seront autorisés à recevoir des traitements qu’après un diagnostic d’un vétérinaire qualifié. »

Révolutionner l’image des courses… par la cravache. L’ambition affichée du groupe Stronach est plus vaste que la simple médication… C’est de changer l’image des courses : « Le sport hippique est le dernier grand sport historique qui doit être modernisé. Si nous souhaitons que les générations futures embrassent notre sport, nous devons élever nos standards. » L’interdiction du Lasix le montre bien : ce n’est pas le Lasix qui est la cause des morts sur la piste de Santa Anita. Non. Ce serait plutôt une médication comme la Bute, plus probablement… Ou peut-être la piste en elle-même. De même, ce ne sont pas les coups de cravache qui tuent les chevaux. Pourtant, le groupe Stronach ne veut plus les voir… Parce qu’une partie du public ne les supporte plus : « Il est temps de s’attaquer aux inquiétudes montantes concernant l’utilisation de la cravache. Une cravache ne doit être utilisée que par mesure de sécurité. Même si nous ne pensons absolument pas que nos jockeys maltraitent de façon intentionnelle leurs montures, il est temps de changer cela. »

Et pour ceux qui ne peuvent pas se passer de Lasix ? Le groupe Stronach savait que les professionnels risquaient de leur tomber dessus : certains chevaux qui saignent ne pourront pas se passer de Lasix par exemple. Le groupe Stronach n’autorisera pas le Lasix, même pour ceux-là : « Nous sommes conscients que cela va avoir un impact sur le nombre de partants car chevaux et professionnels vont devoir s’adapter à ce nouveau standard. Certains chevaux ne seront plus capables de courir car ils ont besoin de médication pour y arriver. Pour ces chevaux, nous sommes prêts à dédier le capital nécessaire pour réhabiliter, réformer, reloger et fournir les soins nécessaires. Ils le méritent bien. »

Des conséquences importantes. Le groupe Stronach propose simplement, sur ses deux hippodromes californiens, une révolution du modèle des courses américaines. On ne sait pas quand et comment cela sera mis en place, mais le groupe assure que ce sera bien le cas. Nous analyserons plus en détail l’ensemble des annonces dans notre prochaine édition.

Pour lire la lettre ouverte de Belinda Stronach, présidente-directrice générale du groupe Stronach, cliquez ici : https://www.santaanita.com/press-releases/an-open-letter-about-the-future-of-thoroughbred-racing-in-california/#.XIuz0ShKjIU )