TRIBUNE LIBRE - L’hippodrome de Maisons-Laffitte en appel

Courses / 31.03.2019

TRIBUNE LIBRE - L’hippodrome de Maisons-Laffitte en appel

Par Patrick Fellous, membre du Comité de France Galop, président de l’Association des propriétaires Île de France - Nord - Haute-Normandie.

« La municipalité de Maisons-Laffitte, celle-là même qui avait organisé une grande pétition contre la décision de fermeture, paraît maintenant atteinte d'un inquiétant mutisme. A-t-elle tourné bride ou joue-t-elle la partie à huis clos ? En tout état de cause, aucune proposition ne semble avoir été formulée et aucun contact ne semble avoir été pris, ni avec France Galop ni avec les socioprofessionnels.

Pourtant, la plupart des ingrédients sont aujourd'hui réunis pour que l'hippodrome de Maisons-Laffitte puisse poursuivre son activité sous la forme d'une société de courses indépendante. Les ministères de tutelle ne sont pas contre cette évolution.

Si un projet venait se mettre en place, les ministères de tutelle ne s’opposant pas au maintien, non seulement France Galop ne dépenserait plus un euro pour l'organisation des 24 réunions traditionnelles, mais de plus économiserait les frais annuels (500.000 € !), coût engendré par la fermeture pure et simple de l'hippodrome.

Chaque réunion coûtait à France Galop 220.000 €. Notre enquête, auprès de présidents gérant des hippodromes accueillant des réunions premium, a démontré que le coût moyen d’une réunion se situe entre 30.000 € et 70.000 €.

L’équilibre financier annuel (autour de 2 M€) d’une société indépendante serait assuré par :

- le versement des 1,5 M€ de France Galop et l'intéressement sur les paris PMU pour l’organisation des 24 réunions. Ce montant serait versé de toute façon aux autres hippodromes, si ces 24 réunions étaient organisées ailleurs ;

- les subventions normales du fonds commun, la taxe Myard (400.000 €), et les subventions diverses (municipalité, région, département) que le maire se devrait d’obtenir ;

- enfin, des recettes d’exploitation commerciales de l’hippodrome auxquelles tous les présidents de sociétés de courses font appel.

Assurer la pérennité du site. Reste toutefois le dénouement du volet social géré par France Galop et qui a franchi une première étape avec la signature du plan de sauvegarde de l'emploi. Concernant ce chapitre, la municipalité se doit absolument d'entamer un rapprochement et des discussions avec la société-mère. C'est une première étape incontournable qui rassurerait tous les socioprofessionnels du site, les Mansonniens et tous ceux qui défendent le dossier.

Il ne reste que 12 mois pour tout mettre en place. Une fois les statuts de la nouvelle société déposés, le président et son Conseil devront se mettre au travail pour constituer une équipe dynamique et motivée pour assurer le bon fonctionnement de l'hippodrome. Tout comme ses collègues des 220 autres hippodromes ne dépendant pas de France Galop, le président devra en plus faire appel, en bon gestionnaire, à ces diverses associations mansonniennes qui soutiennent avec détermination et une certaine velléité le maintien de l’hippodrome.

Nous croyons à la volonté de la municipalité et de Jacques Myard de conserver l'hippodrome.

Mais pour boucler le dossier de la réouverture, ils doivent très rapidement agir avec le même dynamisme que celui qu’ils avaient démontré dans le dossier de la fermeture.

Ils doivent mettre en place les décisions et les financements qui assureront la nécessaire pérennité dans le temps de l'opération et les partenariats qui valoriseront les infrastructures durant tout le reste de l'année. Alors seulement, nous pourrons envisager avec optimisme l'avenir du site, hippodrome et centre d'entraînement réunis, à la grande satisfaction de tous les défenseurs des courses. »