Le rêve

28.04.2019

Le rêve

Les courses reposent entièrement sur la passion, le rêve et le pari, ce triptyque s’autoalimentant constamment. La passion, c’est ce qui nous pousse à nous lancer dans cette aventure coûteuse et périlleuse qui consiste à acheter, élever et faire courir. C’est aussi elle qui nous plonge dans d’infinies recherches – forcément interminables – pour tenter de comprendre comment produire le meilleur cheval possible. Le rêve, c’est celui de la compétition, ce besoin de valider positivement la valeur de ses efforts par une performance, alors que pour beaucoup, l’amour du cheval est purement contemplatif. Enfin le pari revient à se projeter dans l’avenir en misant sur le fait que ses tentatives et ses idées vont se révéler bonnes. Aussi la victoire est-elle d’autant plus belle qu’elle est difficile à décrocher et d’autant plus forte que les raisons d’échouer étaient nombreuses.

L’histoire de Madjani restera comme l’un de ces paris qui se sont révélés des coups de maître. Au départ, son éleveur, Pierre Hoyeau, n’était pas familier des pur-sang arabes de course qui étaient rares dans sa région – l’Ouest – il y a quelques décennies. Bien connu pour sa réussite avec les AQPS, il s'est toutefois pris de passion pour ces chevaux. Il a ensuite rêvé d’en produire un pour gagner les plus grandes courses, avant de faire un premier pari en sélectionnant une jument d’origine tunisienne, puis un deuxième en la croisant avec un très bon étalon français – Tidjani –, et enfin un troisième en présentant ce poulain qu’il avait préparé chez lui, sans aucune ligne, à Toulouse, face aux meilleurs chevaux du Sud-Ouest. Sa passion, ses rêves et ses paris se sont alors transformés en réussite car Madjani est devenu un crack. En effet, sous les couleurs de Son Altesse le cheikh Hamdan bin Rashid Al Maktoum, il est encore à ce jour l’unique mâle à avoir été capable de remporter la Dubai Kahayla Classic (Gr1 PA) trois fois. Madjani vient de nous quitter alors qu’il était stationné au haras de Saint-Faust. Mais la passion, le rêve et le pari qu’il représente sont bien vivants chez tous ceux qui font vivre les courses de pur-sang arabes.