THE EMIRATES POULE D’ESSAI DES POULAINS (GR1) - Un premier joyau sur la couronne de Persian King **

Courses / 12.05.2019

THE EMIRATES POULE D’ESSAI DES POULAINS (GR1) - Un premier joyau sur la couronne de Persian King **

PARISLONGCHAMP, DIMANCHE

Ce n’est pas la plus impressionnante de ses victoires… Mais c’est la plus belle ! Persian King ** (Kingman) a confirmé être le meilleur 3ans français en remportant The Emirates Poule d’Essai des Poulains (Gr1). Alors oui, il ne nous a pas éblouis comme dans le Prix de Fontainebleau (Gr3). Mais c’était un Gr1 ce dimanche. Et le terrain, assez collant, n’a pas vraiment semblé lui plaire. Son père, Kingman, n’aimait pas particulièrement avoir les sabots dans la boue non plus. Mais cela ne l’avait pas empêché de remporter le Prix du Haras de Fresnay-le-Buffard - Jacques Le Marois (Gr1). « John Gosden m’avait appelé et m’avait dit de ne pas m’inquiéter pour le terrain, Kingman ayant su gagner à Deauville dans la glue ! », nous a dit Anthony Stroud, qui manage les intérêts de Ballymore Thoroughbred, copropriétaire du poulain. 

Un instant de flottement. Persian King est bien sorti de sa stalle, mais Pierre-Charles Boudot a fait le choix de laisser passer Shaman (Pivotal) et Senza Limiti (Lope de Vega). Ce dernier a fini par s’installer en tête et n’a pas amusé la galerie, menant à un bon rythme. Persian King a galopé sur une troisième ligne, côté corde. Une place qui peut se transformer en piège mais, pour les Poules d’Essai, France Galop avait mis en place l’open stretch. Pierre-Charles Boudot a donc plongé dans l’open stretch et le poulain a vu le jour. Peut-être est-ce la surprise de se retrouver "dans le vide"… Peut-être est-ce le terrain collant… Mais Persian King a mis du temps à vraiment se lancer, à passer la vitesse supérieure. Il a fini par enclencher et s’impose finalement d’une longueur devant Shaman, qui n’a rien lâché et a conservé une tête sur San Donato (Lope de Vega). Graignes (Zoffany), pas franchement heureux, est quatrième à une longueur trois quarts. Duke of Hazzard (Lope de Vega) prend la cinquième place à une longueur un quart.

Direction le Qipco Prix du Jockey Club. Diane Wildenstein était très émue après la victoire de Persian King, presque sans voix. « Nous ne pourrions pas être plus heureux », a-t-elle simplement dit. Anthony Stroud a ajouté : « Persian King est un poulain de bon terrain et, aujourd’hui, c’était loin d’être idéal pour lui. Mais il n’a fait qu’avancer pour finir. Nous allons très certainement le diriger vers le Prix du Jockey Club. Il devrait tenir les 2.100m. Je crois qu’il gagne très bien et son jockey a dit que l’allongement de la distance allait être un plus. »

La belle journée de Godolphin. Persian King porte les couleurs de Godolphin, propriétaire du poulain à 50 %. Moins d’une heure plus tard, les couleurs des Boys in Blue ont remporté The Emirates Poule d’Essai des Pouliches (Gr1) avec Castle Lady (Shamardal). Anthony Stroud, qui travaille aussi pour Godolphin en tant que courtier, a déclaré : « C’est aussi une très belle victoire pour le cheikh Mohammed Al Maktoum, lequel a tellement investi et apporté aux courses dans le monde entier. C’est vraiment fantastique. » Samedi, pour la breeze up Arqana, Anthony Stroud a été actif pour Godolphin… Il a acheté une 2ans pour les Boys in Blue, moyennant 800.000 € : une Kingman (et sœur de Rizeena), comme pour se porter chance.

Il n’a probablement pas fini de progresser. Persian King est un poulain splendide. Au rond, encore une fois, il sortait du lot. À 2ans, il gagnait sur sa classe naturelle, étant un poulain encore loin d’être fini. Il commence à arriver à maturité mais un poulain avec un modèle comme lui à encore le droit de franchir des paliers. Permis de rêver, encore et encore…

Le grand sept d’André Fabre

Siberian Express, Soviet Star, Vahorimix, Clodovil, Lope de Vega **, Make Believe **… Persian King ! Le représentant de Godolphin et Ballymore Thoroughbred offre une septième victoire dans la Poule d’Essai des Poulains à André Fabre. Il est le recordman de l’épreuve dans l’ère moderne, seul Robert Denman ayant fait mieux avec onze victoires… Mais c’était une autre époque. Désormais, Persian King devrait tenter de marcher dans les traces de Lope de Vega, qui avait réussi le doublé Poule d’Essai & Jockey Club.

"Cheltenham type". André Fabre s’est exprimé auprès de nos confrères d'At The Races après la victoire de Persian King. L’entraîneur a expliqué : « Le terrain ne l’a probablement pas aidé. Mais il a été courageux et, aujourd’hui, il montre qu'il est très lutteur. Il est engagé dans toutes les grandes courses [en Europe, ndlr] mais le Prix du Jockey Club est très tentant. Il a l’air d’être capable de tenir les 2.100m. »

Lorsqu’on lui a souligné le modèle exceptionnel du poulain, André Fabre a été d’humeur à plaisanter et a dit : « Oui, typé Cheltenham ! » On doute cependant de voir Persian King dans le Triumph Hurdle 2020 !

Le premier classique de "PC"

Avec son Persian King, auquel il a toujours été associé depuis le début de sa carrière, Pierre-Charles Boudot décroche le premier classique de sa carrière. « Il est certain que c’est sympa… Surtout cette victoire-là, avec Persian King, que nous espérions vraiment… », nous-a-t-il dit.

Plus posé. Pierre-Charles Boudot a débriefé la performance de Persian King, qui ne s’est pas envolé comme lors de sa rentrée. Job done, mais sans laisser une impression aussi folle que dans le Fontainebleau, par exemple, où il avait explosé l’opposition. « En dernier lieu, dans le Fontainebleau, il était un peu frais. Là, j’ai vite réussi à le caler dans le sillage de leaders. Il m’a demandé un petit peu plus de temps pour accélérer que dans le Fontainebleau, mais quand il a enclenché, j’ai vite compris que j’allais remonter ses adversaires. C’est vrai qu'à l’open stretch, il s’est retrouvé un petit peu isolé mais je préférais venir à cet endroit : je sentais que cela risquait de mal se goupiller du côté extérieur. Dès qu’il a enclenché, il a nettement fait la différence. Pour moi, le terrain un petit peu collant ne l’a pas rebuté mais il est certainement mieux en bon terrain. Aujourd’hui, il montre sa qualité. »

Mieux sur plus long. Lorsque l’on demande à Pierre-Charles Boudot s’il pense Persian King capable de faire encore mieux sur plus long, la réponse est nette : « C’est certain qu’il sera bien en étant rallongé. Aujourd’hui, selon moi, il est plus pris de vitesse qu’autre chose au moment du démarrage : il a accéléré en progression, le temps de vraiment trouver son action. Cette course est un super tremplin en vue de sa prochaine sortie. Persian King est un grand poulain, qui va certainement encore progresser. Il prend très bien ses courses et a été très serein aujourd’hui. Dans le Fontainebleau, il était très frais. Aujourd’hui, dès le canter, j’ai senti un poulain plus posé, détendu derrière des leaders. Lorsque je l’ai sorti, il a tout fait tout seul, je n’ai touché à rien. »

… Et le premier classique de Kingman

Les premiers 3ans de l’ancien pensionnaire de John Gosden sont en piste cette année. Et les attentes étaient grandes après une bonne saison 2018 portée par 24 gagnants, cinq black types et deux lauréats de Groupe étincelants, Calyx (Coventry Stakes, Gr2) qui a longtemps nourri des ambitions classiques, et Persian King (Godolphin Autumn Stakes, Grs3). Les deux ont confirmé à 3ans : Calyx a été impressionnant récemment dans les Commonwealth Cup Trial Stakes (Gr3), pour sa rentrée. Il est le favori de la Commonwealth Cup (Gr1) de Royal Ascot. Quant à Persian King, il offre donc un premier classique à son père après sa rentrée impressionnante dans le Prix de Fontainebleau (Gr3).

Un petit frère ou une petite sœur de Persian King en 2020. Persian King devient le premier classique de Dylan Thomas (Danehill) en tant que père de mère. Il y a quelques semaines, Anthony Stroud nous a confié au sujet du croisement qui a donné Persian King : « La mère n’a pas été saillie l’année dernière. Mais elle va bien sûr l’être par Kingman en 2019. Diane Wildenstein et moi-même avions réalisé ce croisement. Son père, Kingman (Invincible Spirit), était vraiment un très bon cheval de course. Il y a de la tenue du côté maternel car Pretty Please est une fille de Dylan Thomas (Danehill) issue d’une souche bien connue pour cette qualité, celle de Pétroleuse (Habitat). Ce n’est pas une jument très facile à croiser et Kingman nous paraissait représenter une opportunité de premier plan. Outre ses grandes qualités de compétiteur, il a aussi un pedigree remarquable. Je l’ai toujours beaucoup admiré et un apport de vitesse sur cette famille est toujours le bienvenu. »

Ce samedi, lors de la breeze-up Arqana, deux produits de Kingman ont dépassé la barre des 650.000 €. Il s’agit du premier succès black type de Kingman sur le mile, les autres ayant été acquis sur plus court, tout en sachant que la distance moyenne de victoire de sa production est 1.450m (soit quasiment la même que son père, Invincible Spirit).

Du côté des placés

Persian King a bel et bien été le plus fort ce dimanche, malgré un terrain qui n’était pas à sa convenance. L’état de la piste n’a en tout cas pas dérangé Shaman et San Donato, deux éléments qui aiment les terrains assouplis. Quant à Graignes, il est à revoir.

Shaman pourrait retrouver Persian King dans le Jockey Club. Gagnant du Prix Noailles (Gr3) sur 1.800m, Shaman a été raccourci pour cette Poule d’Essai mais a certainement les 2.100m dans les jambes. Les pluies tombées ces derniers jours ne l’ont pas dérangé, lui qui avait remporté le Prix Omnium II (L) en terrain lourd. Poulain polyvalent, il peut aussi bien continuer sur 1.600m qu’aller sur plus long.

Carlos Laffon-Parias, entraîneur du représentant de l’écurie Wertheimer & Frère, nous a dit : « Il n'y a rien à dire. Il est certain que, si l'on changeait les numéros à la corde, il aurait peut-être fait moins d'effort pour venir en début de parcours. Avec l’open stretch, les chevaux se montent de manière différente. Mais nous sommes battus par un bon cheval et nous sommes loin d'être ridicules ! Nous réfléchirons pour décider d'aller soit sur le Jockey Club soit sur les St James’s Palace Stakes. C'est le poulain qui nous le dira. L’écurie Wertheimer & Frère a d'autres chevaux pour le Jockey Club. Mais cela ne nous empêchera pas d'y emmener Shaman si nous pensons avoir une meilleure chance qu'avec les autres. Il est vrai qu'il court comme un cheval pouvant être rallongé… Mais nous sommes aussi tentés par Ascot. Nous allons y réfléchir. »

Peut-être 100m de trop pour San Donato. Roger Varian avait expliqué venir en France avec San Donato (Lope de Vega) dans l’espoir de trouver du terrain souple. La piste était plus collante que souple mais le poulain a su s’en sortir. C’était son premier essai sur le mile, lui qui avait réalisé ses meilleures performances sur 1.200m. Après avoir patienté en seconde partie de peloton, il a placé une bonne accélération pour venir attaquer Shaman, mais a paru marquer un peu le pas dans les 100 derniers mètres, échouant à une tête de Shaman.

Roger Varian nous a dit : « C'est un poulain doué. Nous nous attendions à une bonne performance, en espérant qu'il tienne la distance. Il prouve qu'il en est capable. Nous sommes satisfaits car il a dû faire sa rentrer tardivement. Les deux premiers étaient au-dessus du lot aujourd'hui. Le lot paraît de qualité. Après avoir prouvé qu'il avait le niveau pour ces courses, un beau programme s'ouvre à lui, avec par exemple les Jersey Stakes ou le Prix Jean Prat si nous voulons le raccourcir. Il tient le mile, ce qui lui ouvre la possibilité des Sussex Stakes ou des St James's Palace Stakes. Il sera probablement encore meilleur en bon terrain. »

Graignes vers le Prix Jean Prat. Graignes court bien pour prendre la quatrième place. Il n’a pas eu la plus fluide des lignes droites. Le représentant de Gérard Augustin-Normand restait sur une deuxième place dans le Prix Djebel (Gr3), sur 1.400m. Il découvrait donc les 1.600m ce dimanche. Graignes est un poulain avec beaucoup de gaz et Cristian Demuro l’a repris et a tenté de le détendre, mais le poulain ne demandait qu’à avancer. Il mériterait de décrocher son Gr1. Son entraîneur, Yann Barberot, nous a dit : « Il était un petit peu loin dans le parcours, mais c'est un cheval un peu tendu et on ne peut pas prendre de risque. Nous voulions être sûrs qu'il tienne les 1.600m et le cheval a fait une très belle ligne droite. Je pense qu'il va courir à la maison le prochain coup et aller sur le Prix Jean Prat, sur 1.400m ligne droite. Les conditions de course sont écrites pour nous. C'est un bon poulain, qui prouve qu'il a le niveau des Grs1. Et si tout se passe bien, il pourra peut-être en gagner un jour. »

PEDIGREE WEATHERBYS :

http://www.jourdegalop.com/Media/Jdg/Documents/PERSIANKING2019.pdf

Sa sœur est aux Monceaux.  Élevé par Dayton Investments, Persian King est un fils de Pretty Please (Dylan Thomas). Il appartient donc à la grande souche des "P" Wildenstein. Sa mère a gagné le Prix de la Croix de Pontarmé (B) pour ses débuts, à 3ans, et n’a couru qu’une fois ensuite, à 4ans. Persian King est son deuxième produit et son premier gagnant. Le premier, Pretty Spirit (Invincible Spirit), a été acheté 150.000 € par Victor Langlais, en décembre, à Arqana, et elle est stationnée à l’écurie des Monceaux. Sa 2ans par Australia (Galileo) a été retirée à Tattersalls en octobre. Anthony Stroud nous a dit ce dimanche : « Pretty Please n’a peut-être qu’un œil, mais elle est une poulinière talentueuse ! »

Issu d’une trois quarts sœur de Planteur. Pretty Please est une fille de Plante Rare (Giant’s Causeway), restée inédite, qui est la mère de Planteur ** (Danehill Dancer). Ce gagnant du Prix Ganay (Gr1), du Prix d’Harcourt (Gr) et du Prix Noailles (Gr2, à l’époque), s’est classé deuxième du Juddmonte Grand Prix de Paris, du Prix d’Ispahan et du Prix du Jockey Club (Grs1), ainsi que troisième de la Dubai World Cup (Gr1). Il fait la monte au haras de Bouquetot. Plante Rare est aussi la sœur de Pilote d’Essai (Oasis Dream), gagnant de Stakes en Australie.

La deuxième mère, Palmeraie (Lear Fan), a donné Policy Maker (Sadler’s Wells), gagnant du Grand Prix de Deauville, du Prix Foy et double lauréat du Grand Prix de Chantilly (Grs2). Palmeraie a aussi donné Pushkin (Caerleon), lauréat du Prix Maurice de Nieuil (Gr2). La troisième mère, Pétroleuse (Habitat), a remporté les Princess Elizabeth Stakes (Gr3). Elle est surtout la mère du champion Peintre Célèbre (Nureyev), gagnant du Prix du Jockey Club, du Grand Prix de Paris et du Prix de l’Arc de Triomphe (Grs1). Elle a aussi donné Peinture Rare (Sadler’s Wells), gagnante du Prix de Pomone (Gr2). Pétroleuse était une sœur de la championne Pawneese (King George VI & Queen Elizabeth Stakes, Oaks et Prix de Diane, Grs1). Bien qu’entraînée par Angel Penna à Chantilly, elle fut élue cheval de l’année 1976 outre-Manche.

 

 

 

Green Desert

 

 

Invincible Spirit

 

 

 

 

Rafha

 

Kingman

 

 

 

 

 

Zamindar

 

 

Zenda

 

 

 

 

Hope

PERSIAN KING ** (M3)

 

 

 

 

 

 

Danehill

 

 

Dylan Thomas

 

 

 

 

Lagrion

 

Pretty Please

 

 

 

 

 

Giant’s Causeway

 

 

Plante Rare

 

 

 

 

Palmeraie


LES CHRONOS

TEMPS PARTIELS

Du départ à 1.000m : 38’’53

De 1.000m à 600m : 23’’80

De 600m à 400m : 12’’52

De 400m à 200m : 11’’78

De 200m à l’arrivée : 12’’35

Temps total : 1’38’’98