L’élevage français, autre victime de la guerre

Autres informations / 05.06.2019

L’élevage français, autre victime de la guerre

L’élevage français, autre victime de la guerre

Parmi les victimes équines du Débarquement, on trouve deux chevaux qui auraient pu changer la face des courses françaises : Corrida et Prince Rose.

Joyau de Marcel Boussac, Corrida (Coronach) avait notamment remporté deux fois le Prix de l’Arc de Triomphe. Il semblerait qu’elle ait été abattue par des soldats allemands pendant la bataille de la Poche de Falaise en 1944. Avant de disparaître tragiquement, elle fut saillie par Tourbillon (Ksar). Ce croisement a notamment produit Coaraze (Tourbillon), son seul descendant ayant survécu à la guerre. Il a gagné les Prix du Jockey Club, Morny, Jacques Le Marois et d’Ispahan (deux fois), ainsi que le Grand Prix de Saint-Cloud. Exporté en Amérique du Sud, Coaraze y est devenu un étalon de premier plan. La réussite de Corrida en tant que poulinière et celle de son fils au haras laissent à penser que si elle avait eu l’occasion de produire plus longtemps, elle aurait apporté une influence décisive à la France des courses.

Un grand étalon. Prince Rose (Rose Prince) a sailli six années au haras du Petit Tellier de la famille Chedeville, où il a été victime des bombardements alliés. Son fils Princequillo (Prince Rose) a été exporté aux États-Unis où il a été deux fois tête de liste des pères de gagnants. On lui doit aussi la mère du champion Secrétariat (Bold Ruler) et parmi ses descendants les chevaux célèbres ne manquent pas (Seattle Slew, Mill Reef, A.P. Indy, Cigar, Zenyatta, John Henry, California Chrome, American Pharoah…) Lui aussi aurait pu apporter beaucoup à l’élevage français.

Une histoire de kidnapping. S’il n’est pas mort pendant le Débarquement, Pharis (Pharos) a tout de même été victime de la guerre. En 1941, les nazis ont pillé les haras français. Pharis fut l’un des chevaux volés. Envoyé en Allemagne, il y a sailli jusqu’en 1945. Après guerre, il avait été interdit à ses produits allemands de figurer au stud-book. Mais Marcel Boussac, dans un acte de générosité, a décidé de lever l’interdiction. Asterblute (Pharis) était l’un d’entre eux. Cette pouliche d’exception a gagné les 1.000 Guinées, les Oaks et le Derby allemand face aux mâles. Elle s’était aussi classée deuxième des 2.000 Guinées et du St Leger local. Réintégrée au stud-book, elle est l’ancêtre en lignée femelle d’Urban Sea (d’où Galileo et Sea the Stars). Merci Monsieur Boussac…