PRIX DE DIANE (GR1) - Classe et fabuleuse

Courses / 16.06.2019

PRIX DE DIANE (GR1) - Classe et fabuleuse

Classe et fabuleuse

PRIX DE DIANE (GR1)

Coco Chanel a dit : « Une fille doit être deux choses : classe et fabuleuse. » Pour remporter le Prix de Diane (Gr1), une pouliche doit être ainsi : classe et fabuleuse. Et c’est ce qu’a été Channel (Nathaniel) ce dimanche, gagnant l’épreuve en plaçant sa belle tête, élégante, sur le poteau. Un final haletant, la pouliche résistant à l’attaque de Commes (Le Havre), qui a fini vite après avoir mis du temps à s’équilibrer et à accélérer. L’émotion de son entourage : un premier classique et Prix de Diane (Gr1) pour Francis-Henri Graffard, un premier Diane pour Pierre-Charles Boudot, et un premier Gr1 pour Samuel de Barros… Que d’émotions pour ce dernier, qui a eu ses couleurs en 2017 et gagne le Diane avec sa toute première pouliche !

Attaquer au bon moment. En étudiant ce Prix de Diane, il était difficile de savoir quelle pouliche irait devant et donnerait du rythme. Platane (Le Havre), avec l’as dans les stalles, s’est installée aux commandes mais n’est pas allée vite, escortée par Wonderment (Camelot) à son extérieur. Channel, avec son sept dans les stalles, a tout de suite été dans le coup, derrière Wonderment. Dans la ligne droite, tout s’est ouvert puisqu’Amarena (Soldier Hollow), sur une troisième épaisseur à l’extérieur de Channel, a cédé. Channel a été la première à porter l’attaque et elle a creusé un écart décisif au bon moment. Commes, dans le sillage de Channel, a mis du temps à s’équilibrer et à accélérer, finissant vite mais trop tard, échouant d’une tête pour la victoire. Grand Glory (Olympic Glory) a fini en boulet de canon à l’extérieur, accompagnée d’Étoile (Siyouni). Cala Tarida (Garswood), vue dans le sillage de Commes, est cinquième, un nez devant Siyarafina (Pivotal), qui a fait un bon effort à mi-ligne droite, mais a trouvé le temps long pour finir.

Un rêve réalisé un an plus tard…

Samuel de Barros vit un rêve éveillé. Celui d’un jeune propriétaire qui, avec son tout premier galopeur, remporte le Prix de Diane. Un rêve éveillé pour ce propriétaire, qui a deux chevaux à l’entraînement, dont Channel. « La deuxième va avoir un peu de pression ! », dira en riant le propriétaire.

Il y a un an, Laurens (Siyouni) remportait le Prix de Diane. Un jeune propriétaire, en compagnie de son épouse, était présent pour la première fois à cette grande journée du Diane : Samuel de Barros et son épouse, Élodie Mangeard de Barros. Tous deux, en traversant la piste de Chantilly, plaisantent : « Et si, l’an prochain, nous étions au départ ? » Parfois, les rêves deviennent réalité.

Samuel de Barros, les larmes aux yeux, nous a dit en se rendant sur la piste pour monter sur le podium : « C’est une telle émotion. On ne peut pas imaginer ce genre de choses. On en rêve. Nous nous sommes fait plein de films dans notre tête avant le grand jour. Mais c’est encore mieux que ce que l’on imagine. C’est extraordinaire ! L’émotion ne redescend pas ! L’an dernier, nous étions invités par un couple d’amis au Prix de Diane. Nous venions d’acheter Channel, notre premier pur-sang, on ne l’avait même pas encore nommée… Et pour nous amuser, ma femme et moi, nous nous sommes dit alors que nous étions sur la piste : "Imagine que, l’an prochain, elle participe à cette course !" Mais c’était une boutade, nous plaisantions. Et là, et aujourd’hui, elle le fait… J’ai beaucoup d’émotions et c’est extraordinaire. Nous avons vécu de grands moments au trot mais cette victoire-là, elle est tellement forte. C’est le premier Gr1 au galop. Il y a toute une histoire derrière et arriver, tous ensemble, à ce niveau-là, c’est merveilleux. »

Nous finirons ensemble. Samuel de Barros nous avait raconté son histoire, dans notre précédente édition. Une histoire d’amour avec sa femme qui a entraîné une histoire d’amour avec les chevaux. Une histoire avec les chevaux qui a commencé le 13 juin 2009, il y a dix ans presque jour pour jour, alors que Rombaldi gagnait le Prix du Président de la République (Gr1) à Vincennes : « Ma femme m’a forcé, si je puis dire, à aller assister au Prix du Président de la République à Vincennes. Je vois une arrivée fantastique. J’arrive sur l’hippodrome et je ressens un moment que je n’avais jamais ressenti, une pression dans mon cœur, une joie, une excitation que j’avais rarement ressentie dans ma vie. » Ça y est, le virus est là…

Un virus et une histoire qui se transforment presque en conte de fées avec la victoire de Channel dans ce Prix de Diane. Et, autour de ces histoires d’amour, des histoires d’amitié… Guillaume Canet a récemment sorti au cinéma le film Nous finirons ensemble, la suite de Les Petits Mouchoirs. Et s’il y a certainement eu besoin de nombreux petits mouchoirs pour éponger toutes ces larmes de bonheur dans l’entourage de Channel, le discours de Samuel de Barros est celui de personnes qui sont amenées à continuer ensemble pour encore longtemps. Il a expliqué : « C’est aussi une histoire d’une génération. D’hommes et de femmes qui ont 40 ans : moi et ma femme, Francis-Henri Graffard, Bertrand Le Métayer, sa femme Charlotte, et Philippe Prévost-Baratte, que je remercie par la même occasion. C’est aussi grâce à lui. C’est une belle histoire qui ne va sûrement pas s’arrêter là ! J’ai toujours fait cela, quand je me suis lancé dans un projet quel qu’il soit : j’ai voulu m’entourer des bonnes personnes. Attention, je m’entends très bien avec toutes les générations ! Mais c’est une question de rencontre. Nous nous étions croisés quelquefois aux ventes avec Francis-Henri Graffard, ainsi que par l’intermédiaire de Bertrand Le Métayer. Le courant est tout de suite passé. Il a une façon d’aborder les choses qui m’a tout de suite plu. J’avoue que ce sont des détails importants : ressentir les gens tels qu’ils sont, les laisser parler, voir comment ils fonctionnent avec leur regard. C’est une question d’intuition, de ce que vous ressentez : savoir en une dizaine de secondes à qui vous avez affaire. Finalement, c’est une question de génération, oui… et non. Plus une question d’atomes crochus. »

Jeune propriétaire… Et éleveur. Samuel de Barros aurait pu épauler sa femme Élodie au trot. Il participe à la vie de l’élevage Delo, mais c’est le plat qui l’a séduit. Le jeune propriétaire a choisi d’investir dans les pur-sang, pour courir mais a aussi directement sauté le pas de l’élevage. Un pas facilité par l’expérience du trot et la présence des infrastructures : Élodie Mangeard de Barros a racheté, il y a une dizaine d’années, le haras des Authieux, en Normandie. Un haras historique que les époux ont rénové. Au haras des Authieux, poulinières pur-sang et de trot se côtoient. L’histoire de Samuel de Barros ne fait que commencer. On dit souvent que les belles histoires sont plus faciles au trot qu’au galop. C’est de moins en moins vrai – parce que la race du trotteur est de plus en plus fixée et parce qu’il y a aussi des familles dominantes dans ce milieu – et l’histoire de Samuel de Barros, dans ce Prix de Diane, montre que le galop est toujours synonyme de rêve.

Samuel de Barros a expliqué son envie d’investir dans le milieu du pur-sang : « Au trot, j’étais très spectateur. C’est une discipline qui me plaît bien, mais c’est surtout celle de mon épouse. Je l’accompagnais, je l’ai toujours soutenue. Elle a beaucoup de talent. Je l’ai vue progresser, monter les échelons de manière fulgurante : elle fait partie des vingt premiers éleveurs de France au trot. Mais je voulais avancer sur une autre discipline : le plat. C’est une allure qui me plaît un petit peu mieux. Je me sens vraiment bien dans le plat. J’ai fait la connaissance de gens irréprochables sur le plan professionnel, mais aussi sur d’autres plans. Des gens admirables, à qui l’on s’attache fortement. Et c’est ce qui est extraordinaire : nous avons la vie devant nous ! Quant à l’élevage, cela nous plaît beaucoup. Nous sommes installés dans un très bel endroit, avec de très bonnes terres. Il y a eu de très bons résultats. Alors pourquoi pas ? Le plat, cela me stimule. Le trot, c’est avant tout la France et quelques pays autour de la France. Le plat, c’est autre chose : c’est le monde entier. Vous allez en Angleterre, aux États-Unis, à l’autre bout de la Terre au Japon, et nous parlons presque tous la même langue à travers les chevaux. Nous avons presque les mêmes rêves. C’est cela qui m’a plu, dès le départ. J’ai envie de faire partie de ce rêve-là. »

Ensemble, c’est tout. Logiquement, toutes les lumières étaient tournées vers Samuel de Barros après ce Prix de Diane : Channel porte ses couleurs. Mais cette histoire n’existerait pas non plus sans Élodie Mangeard de Barros, sa femme, qui lui a transmis son virus. Elle nous a partagé son émotion : « C’est extraordinaire. C’est particulier car c’est nouveau et c’est une jument que nous avons achetée ensemble. Nous sommes en train de créer quelque chose ensemble avec mon mari, qui était déjà un peu impliqué avec moi au trot. Mais c’est lui qui a donné l’impulsion pour ce virage au galop. Quand on aime les chevaux, quand on aime les courses, peu importe la discipline. Les pur-sang sont des animaux extraordinaires, majestueux, qui apportent encore une autre dimension. »

Élodie Mangeard de Barros a acheté le haras des Authieux en 2007. En très peu d’années, elle s’est fait une place dans le monde du trot : le suffixe "Delo" est bien connu à Vincennes maintenant : Dreamer Delo, triple lauréat de semi-classiques Grs2, Forbes Delo, lauréat du Prix Phact (Gr3), ou encore Diana Delo, gagnante de bonnes courses à conditions à Vincennes. Désormais, les pur-sang côtoient les trotteurs à Authieux, avec tant de nouvelles choses à découvrir : « Nous avons les trotteurs et les pur-sang à la maison. En général, ils ne se mélangent pas même si nous pouvons mettre des trotteurs, qui sont plus calmes, avec des juments pur-sang un peu nerveuses le cas échéant pour les canaliser. J’ai aussi appris en ayant des pur-sang chez moi. Élever un cheval de course, trotteur ou pur-sang, c’est quasiment la même chose. Il y a peut-être encore quelques façons marginales d’élever, mais être éleveur est un vrai métier. Un cheval est un cheval… L’avantage du pur-sang est peut-être le côté international, extrêmement enrichissant. Cela m’a beaucoup appris et j’apprends encore tous les jours. C’est extraordinaire : j’ai découvert avec les pur-sang des gens qui travaillaient peut-être plus à ma façon, qui m’ont confortée dans beaucoup de choix, mais qui m’ont aussi remise en question sur d’autres. Il y a dans l’élevage de pur-sang une dimension qui est autre : beaucoup de moyens sont mis en œuvre, avec des élevages très précis, très pointus. C’est extrêmement enrichissant. Je ne m’occupe pas tellement des papiers concernant les pur-sang : mon mari s’en charge et, pour moi, cela devient compliqué de gérer plusieurs disciplines. Chacun est un peu de son côté sur la partie origine et pedigree : mon mari est plus sur les galopeurs, moi plus au trot. Et, une fois que nous avons travaillé de notre côté, nous discutons de nos avis. Nous avons une douzaine de poulinières au trot et six pour le galop. »

Un premier classique pour Francis-Henri Graffard

Francis-Henri Graffard décroche son premier Prix de Diane… Il n’était pas passé loin de la victoire dans ce Gr1 avec Volta (Siyouni), troisième en 2016, et Homérique (Exchange Rate), troisième en 2018… À chaque fois avec de jeunes propriétaires autour de ces pouliches.

Francis-Henri Graffard décroche son quatrième Gr1 (chez les pur-sang anglais) et son premier classique avec Channel : Erupt (Dubawi) lui avait offert son premier Gr1 dans le Juddmonte Grand Prix de Paris puis avait remporté les Canadian International Stakes. Quant à Bateel (Dubawi), elle avait remporté le Prix Vermeille.

Très ému, Francis-Henri Graffard a dit : « Une victoire classique, c’est exceptionnel. C’est pour cela que je fais ce métier, pour vivre des moments comme cela. J’ai voulu être entraîneur à Chantilly pour gagner ces courses-là. Dans les tribunes, je me disais : "Mais pourquoi je fais ce métier, il faut être fou !" Ces moments sont quand même durs à vivre. J’y ai cru quand elle a commencé à placer son accélération. Cela s’est ouvert dans la ligne droite, elle a accéléré et je n’ai pas vu les autres arriver. Elle, elle continuait. Je savais qu’elle irait jusqu’au bout. Je me disais : "Elle va le faire !" J’avais finalement beaucoup plus crié avec Homérique l’an dernier : on avait le sentiment qu’il fallait beaucoup plus la porter dans la ligne droite. Aujourd’hui, je n’ai pas eu le sentiment qu’il y avait une vague de l’arrière qui revenait. »

Monter offensif. Channel, avec son bon numéro de corde, a tout de suite été à la pointe du combat. Francis-Henri Graffard a détaillé : « Le numéro dans les stalles est quelque chose qui ne me stresse absolument pas : c’est une question de chance. On en a ou on n’en a pas. Les ordres étaient de monter offensif : en étudiant la course, nous n’arrivions pas à savoir qui pouvait être le leader. Il n’y avait que des pouliches qui attendaient et comme la nôtre était maniable, nous voulions nous servir de notre numéro et être tout de suite présents. Dans une course comme ce Diane, très ouverte avec beaucoup de partantes, je préfère monter très offensif. Après, il y a deux choses qu’on ne maîtrise pas : les numéros de corde et le parcours. Dans la Poule d’Essai des Pouliches, il y avait peu de partantes et cela s’est mal passé ! »

Une pouliche peu expérimentée. Channel courait pour la première fois au niveau Groupe ce dimanche. La pouliche avait débuté par une deuxième place, à la fin du mois de mars, dans le Prix Monade (Inédites), où elle avait échoué d’une demi-longueur pour la victoire. Elle avait ensuite ouvert son palmarès à Lyon-Parilly, une piste où Francis-Henri Graffard avait couru Erupt lors de ses deux précédentes sorties d’avant le Grand Prix de Paris. Francis-Henri Graffard a expliqué ce choix : « Elle avait très bien débuté mais elle est venue sur le tard physiquement. Elle a eu un peu de difficulté à sortir de son hiver. Une fois que l’on débute comme elle l’a fait, j’aime bien trouver rapidement une victoire. J’avais trouvé ce maiden à sa portée. J’aime beaucoup Lyon-Parilly, une belle piste sélective. Elle m’a beaucoup réussi. Elle a très bien accéléré à Lyon et elle avait rempli son contrat en gagnant son maiden. C’est important, avec les pouliches au début de leur année de 3ans, de remporter rapidement son maiden pour aller vers les black types et prendre rapidement son black type. »

En souvenir de West Wind. Après sa victoire dans son maiden, Channel a remporté le Prix de la Chapelle-en-Serval (Classe 1). Une Classe 1 de haute volée, avec aussi Wonderment et Ebony (Le Havre). Elle avait gagné dans un bon style mais en étant tout de suite bien placé dans une course sans rythme. Le style était là. Francis-Henri Graffard a analysé : « À l’époque, je travaillais pour l’écurie du cheikh Mohammed Al Maktoum. Nous avions couru West Wind dans le Prix de la Chapelle-en-Serval et elle avait ensuite remporté le Diane. Je pense que c’est une bonne préparatoire, qui tombe bien au niveau du calendrier. Je voulais voir si Channel avait le droit de participer au Prix de Diane, sans pour autant lui donner une course trop méchante dans un Groupe avec des pouliches hyper endurcies. Il y avait deux options : la Chapelle-en-Serval et le Cléopâtre (Gr3). J’ai dit au propriétaire que je préférais la courir à Chantilly pour voir si elle pouvait aller sur le Diane. Si j’avais eu des doutes sur sa qualité, j’aurais sûrement couru le Cléopâtre pour prendre tout de suite mon black type. Mais je ne connaissais pas ses limites. Et avec la façon dont elle avait gagné, elle avait le droit de courir le Diane. Après le Jockey Club de Sottsass, Jean-Claude Rouget a dit que lorsqu’on gagne sa dernière course avant les classiques sur le même parcours de Chantilly, c’est un avantage. Je crois qu’il a sûrement raison. »

L’Arc ? Pas engagée ! Évidemment, lorsqu’une pouliche gagne le Prix de Diane, la question se pose du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1). Il y a encore du chemin avant l’Arc, et un petit détail qui peut peser beaucoup (d’argent) comme l’a expliqué Francis-Henri Graffard : « Malheureusement, Channel n’est pas engagée dans l’Arc ! J’y ai pensé un petit peu ! Ces engagements à l’avance sont un peu difficiles. Channel faisait tout bien, mais de là à se projeter aussi haut, aussi vite… Nous allons voir comment elle récupère, en discuter avec les propriétaires. Je pense qu’elle est bien sur la distance de 2.100m. Nous l’avons montée assez offensif et, juste avant les Grandes Écuries, elle a un peu pris la main à Pierre-Charles. Elle a cette vitesse intrinsèque. Elle est bien sur cette distance, elle tient. Ce qui devrait lui permettre de tenir les 2.400m, c’est sa maniabilité. Elle peut se mettre off et attendre les ordres de son jockey. »

Après la Poule… le Diane !

Plus rien n’arrête Pierre-Charles Boudot : le jockey a remporté son premier classique cette année, en selle sur Persian King (Kingman) dans The Emirates Poule d’Essai des Poulains (Gr1). Ce dimanche, il remporte donc son deuxième classique avec Channel dans ce Prix de Diane…

Un rêve de gosse. Le Prix de Diane a toujours cette aura assez particulière. Pierre-Charles Boudot travaille depuis longtemps avec Francis-Henri Graffard, ce qui apporte aussi une certaine saveur à ce succès. Derrière cette alliance, il y a en quelque sorte une histoire de filiation, comme l’a expliqué l’entraîneur : « Pierre-Charles est originaire de Paray-le-Monial et moi aussi. Mon grand-père avait des chevaux d’obstacle chez le père de Pierre-Charles et j’allais monter à cheval chez lui. C’est ce qu’il m’a dit lorsque nous nous sommes serré la main quand je suis allé le retrouver : "Allez Paray-le-Monial !" C’est notre région, nous avons un attachement un peu particulier. »

Pierre-Charles Boudot a dit : « C’est tout simplement un rêve de gosse qui se réalise aujourd’hui. On travaille tous les jours pour vivre de telles victoires. Ces classiques sont très importants dans la carrière d’un entraîneur ou d’un jockey. Chaque propriétaire rêve aussi de remporter ce genre de course. Je suis très heureux de remporter ce Prix de Diane avec l’équipe de Francis-Henri Graffard, avec un propriétaire qui vient d’arriver dans le monde du galop. J’espère que cela va en encourager d’autres à venir et franchir le pas. Elle a toujours été ma pouliche pour le Prix de Diane. Nous travaillons depuis de nombreuses années avec Francis-Henri. Elle a progressé à chacune de ses courses. »

Un parcours idéal. Pierre-Charles Boudot a analysé le parcours donné à Channel dans ce Prix de Diane. Mot d’ordre : être tout de suite en bonne position. « Avant le coup, Siyarafina était la pouliche à battre. Mais elle avait tiré le 16, ce qui n’est pas un avantage. Nous avions la chance d’avoir tiré un bon numéro. Francis-Henri Graffard ne m’avait pas caché sa confiance dans le fait d’avancer dans la première partie du parcours. C’est une pouliche assez facile, avec un très bon mental. C’est pour cela que j’ai avancé dans la première partie. C’était une bonne tactique car nous ne sommes pas allés vite et j’étais satisfait de ma position à l’entrée de la ligne droite. Quand je l’ai décalée, elle a donné tout ce qu’elle avait et elle a été très courageuse jusqu’au bout pour aller s’imposer. Est-ce que j’étais sûr d’avoir gagné au poteau ? À 80 % ! Je n’étais pas certain, mais je sentais que j’étais un peu en avance, même si on a toujours peur d’un mauvais balancier. Mais il a vite été annoncé que nous avions gagné, c’était un grand moment. »

Dans le clan des placées

Les entourages des placées de ce Prix de Diane ont analysé les performances de leurs pouliches.

Le point sur les quatre partantes de Jean-Claude Rouget. Il y a eu du bien du côté des pensionnaires de Jean-Claude Rouget : Commes, deuxième, laisse une belle impression en ayant mis du temps à trouver son action. Étoile a fini très fort pour prendre la quatrième place. En revanche, Cartiem (Cape Cross), avec un parcours parfait dans le sillage de Platane, et Ebony ont déçu. L’entraîneur nous a dit : « C’était une très bonne course. Je ne pensais pas que Commes pourrait refaire la gagnante à mi-ligne droite et finir si près, c’est merveilleux. On ne pouvait pas espérer mieux. Elle est venue sur un changement de vitesse. Aucune excuse pour Étoile, c’est très bien, il n’y a rien à redire. Pour Cartiem, on ne sait pas trop ce qu’il s’est passé. Quant à Ebony, elle est trop tendre, n’a sûrement pas assez de métier. Elle est un peu tardive, elle sera sûrement meilleure à l’automne. »

Grand Glory réalise une grande performance. Grand Glory devait franchir plusieurs échelons d’un coup dans ce Prix de Diane. La pensionnaire de Gianluca Bietolini restait sur une victoire dans une Classe 2, à la fin du mois d’avril à Saint-Cloud. Elle a fini comme le vent pour prendre la troisième place de ce Prix de Diane. Tout son entourage était ému après cette magnifique performance et Gianluca Bietolini – qui avait pris la troisième du Prix du Jockey Club d’Almanzor (Wotton Bassett) avec Dicton (Lawman) – nous a dit : « Je suis super content de la pouliche. La course ne s’est pas déroulée exactement comme je le pensais : j’avais demandé à Gérald Mossé de pister Siyarafina, qui semblait posséder une première chance. Le problème, c’est que cette dernière n’a pas avancé comme prévu ! Du coup, le jockey a été obligé de changer de ligne pour pouvoir progresser. Je n’ai pas de regrets ; avant la course, j’aurais signé pour être troisième. Son jockey ne la connaissait pas, mais il l’a super bien montée. Il m’a dit que s’il avait pu partir de plus loin, la pouliche aurait gagné. Nous n’avons pas vraiment réfléchi à la suite de son programme, car nous attendions de voir son comportement aujourd’hui. Peut-être le Prix de la Nonette (Gr2)... Nous allons réfléchir. »

Une cinquième place pour le premier Diane de Frédéric Rossi. Cala Tarida était le premier partant de Frédéric Rossi dans le Prix de Diane. La pouliche, qui restait sur une quatrième place dans le Saxon Warrior Coolmore Prix Saint-Alary (Gr1), remplit son contrat en décrochant la cinquième place, trouvant le temps un peu long pour finir. Frédéric Rossi nous a dit : « Les 2.100 mètres sont un peu le bout du monde pour elle. Elle sera mieux sur 1.800/2.000 mètres et pourquoi pas aller courir aux États-Unis en fin d’année. Mais aujourd’hui, elle m’a donné beaucoup de joie. Nous y avons cru jusqu’au bout et Grégory [Benoist, son jockey, ndlr] nous a dit qu’il pensait même venir gagner à un moment. Elle a fait une course formidable, c’est superbe. »

Côté pedigree

Bertrand Le Métayer, un classique par an ! L’année dernière, l’homme de BLM Bloodstock avait déniché Teppal (Camacho), future lauréate de la Poule d’Essai des Pouliches (Gr1) sous les couleurs de Son Altesse le cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani, laquelle était aussi passée par la breeze up Arqana. Cette année, c’est Channel, dénichée à la breeze up Arqana qui double la mise au niveau classique. Quelques minutes après la victoire, le courtier qui conseille Samuel de Barros nous a expliqué : « Samuel de Barros et moi-même avons commencé à rechercher des juments dans une optique d’élevage. Puis les breeze-up sont arrivées comme une opportunité. Parfois, dans ce type de vente, il peut être intéressant de regarder les pouliches bien nées, issues d’étalons de distance, qui ne sont pas forcément très chères dans ces conditions. J’ai un grand faible pour Nathaniel (Galileo), un étalon que j’adore et dont nous avons des parts. Et puis les mères par Dansili (Danehill) et cette souche Cumani est formidable. Elle réussit d’ailleurs aussi bien aux Monceaux. À Deauville, nous avons vu cette pouliche qui était très nature, pas très grande, mais avec une belle locomotion et une attitude assez géniale. Elle avait de grandes oreilles et un front large ! Vu son pedigree, à 70.000 €, nous n’avons pas hésité. Elle est restée très longtemps au pré-entraînement chez Philip Prévost-Baratte qui nous a incités à l’attendre. Il lui a fallu du temps pour se caler et ensuite tout s’est déclenché. Son entraîneur reste souvent très froid mais il nous a assez tôt parlé du fait qu’il fallait penser aux bonnes courses. Le propriétaire a joué le jeu et vous avez la réponse aujourd’hui sur la piste. Elle fait à peine 1m60, son cœur est énorme et tout le monde vit un rêve éveillé. »

Tanya Browne et Arqana au sommet. Avec neuf pouliches au départ de ce Diane, dont trois des quatre premières, l’agence Arqana a frappé un grand coup. À Deauville, Channel était présentée (et très estimée) par Tanya Browne et Ronaldo de Souza (Mayfield Stables). Ces Irlandais ont notamment vendu par le passé Willie the Whipper (deuxième du Critérium de Saint-Cloud, Gr1), Legends of War (deuxième des Gimcrack Stakes, Gr2), Hot Streak (Cornwallis Stakes, Gr3), Rich Legacy (May Hill Stakes, Gr2), Bless Him (Britannia Stakes à Royal Ascot) ou encore la très bonne Homérique (Exchange Rate) qui était montée sur le podium du Diane… sous l’entraînement de Francis-Henri Graffard !

Un beau pinhooking de Ghislain Bozo. Avant d’être revendue 70.000 € à Deauville, Channel est passée sur le ring de Goffs où Ghislain Bozo (Meridian International) l’avait dénichée pour seulement 18.000 €. Ce dimanche, il nous a confié : « C’est une pouliche que j’avais achetée avec François Drion, l’éleveur d’Homérique. Elle n’était vraiment pas belle mais elle avait des qualités, comme un bel œil, une jolie tête, de grandes oreilles… et puis elle était faite comme les juments par Dansili, avec une arrière-main courte et un dos un peu long. En tout cas, elle n’était vraiment pas finie. À ce prix, vu son pedigree, nous pouvions prendre le risque. Mais comme toujours, nous ne pouvons pas stocker et l’étape suivante, c’était les breeze up où elle était un peu hors du marché car pas faite pour être prête aussi tôt à 2ans. Elle a donc été présentée très nature, en étant respectée mais en montrant de belles choses à l’entraînement. François Drion et moi-même avons donc la satisfaction d’avoir déniché une telle pouliche et de l’avoir vendue à un jeune investisseur français. Mais il y a aussi le regret d’avoir laissé passer une lauréate classique avec un tel pedigree. Nous sommes néanmoins aussi très heureux pour Bertrand Le Métayer et Francis-Henri Graffard. »

Nathaniel et les pouliches. Channel est le troisième gagnant de Gr1 et le deuxième lauréat classique de Nathaniel (Galileo). L’étalon de Newsells a déjà donné Enable (Irish Oaks, Yorkshire Oaks, Oaks, King George VI & Queen Elizabeth Stakes, Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, deux fois et Breeders' Cup Turf, Grs1) et God Given (Premio Lydia Tesio, Gr1). Andreas Jacobs, le propriétaire de Newsells, nous a dit ce dimanche : « Channel c’est encore mieux que Chanel ! »

http://www.jourdegalop.com/Media/Jdg/Documents/Channel.pdf

Une famille on ne peut plus classique. Channel est une élève de l’Irlandaise Pat O’Kelly (Kilcarn Stud) tout comme Fighting Irish (Critérium de Maisons-Laffitte, Gr2), Echo of Light (Prix Daniel Wildenstein, Gr2) ou encore la championne Salsabil (1.000 Guinées, Oaks, Derby d’Irlande, Prix Vermeille & Prix Marcel Boussac, Grs1). C’est une fille de Love Magic (Dansili), lauréate de ses premiers pas au mois d’août à 2ans sur 1.400m à Kempton. Cette dernière a déjà produit Paint (Dutch Art), gagnante d’une course sur le mile à 2ans sur l’hippodrome de Bath. Mais Love Magic, qui a une foal par Sea the Stars (Cape Cross) est surtout une fille de Magical Romance (Barathea), gagnante des Cheveley Park Stakes (Gr1) et vendue par la suite à Tattersalls pour 4,6 millions de guinées. Elle a produit le stayer Tall Ship (Sea the Stars), deuxième des Quayclean Zipping Classic (Gr2). On retrouve ensuite la grande souche Cumani, celle de Souk (Ahonoora), d’où Alexandrova (Irish Oaks, Oaks d’Epsom et Yorkshire Oaks, Grs1), Rekindling (Melbourne Cup, Gr1), Chicquita (Irish Oaks, Gr1)… le classicisme à l’état pur.

Sadler’s Wells

Galileo

Urban Sea

Nathaniel

Silver Hawk

Magnificient Style

Mia Karina

CHANNEL (F3)

Danehill

Dansili

Hasili

Love Magic

Barathea

Magical Romance

Shouk

LES CHRONOS

TEMPS PARTIELS

Du départ à 1.000m : 1’08’’31

De 1.000m à 600m : 25’’21

De 600m à 400m : 11’’90

De 400m à 200m : 11’’53

De 200m à l’arrivée : 11’’80

Temps total : 2’08’’75

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