QUEEN ANNE STAKES (Gr1) - Félix Lepeudry : « À présent, nous rêvons d’une victoire classique ! » - Par Adrien Cugnasse

International / 18.06.2019

QUEEN ANNE STAKES (Gr1) - Félix Lepeudry : « À présent, nous rêvons d’une victoire classique ! » - Par Adrien Cugnasse

Félix Lepeudry : « À présent, nous rêvons d’une victoire classique ! »

Le "FR" Lord Glitters a frappé un grand coup en remportant les Queen Anne Stakes (Gr1), ce mardi à Royal Ascot. Le gris a été élevé par la famille Lepeudry (élevage de Tourgeville), en association avec Hilary Erculiani. Félix Lepeudry, le fils d’Antoine, travaille actuellement chez David O’Meara, l’entraîneur de Lord Glitters. Il nous raconte son immense émotion !

Par Adrien Cugnasse

Jour de Galop. - Comment avez-vous vécu cette victoire de Lord Glitters ?

Félix Lepeudry. - C’est vraiment superbe ! C’est une course magnifique dans un meeting magnifique. Nous sommes venus voir courir Lord Glitters en famille, pour passer un bon moment tous ensemble… Et finalement nous avons vécu notre première victoire à Royal Ascot ! Nos pensées vont à l’équipe qui travaille avec nous à l’élevage. Tous les matins, nous avons la chance de pouvoir compter sur des gens formidables. Tout cela, c’est aussi grâce à eux. Ils travaillent dans la sérénité, avec plaisir et bonheur, ce qui a son importance pour les chevaux. Nous partageons ce bonheur avec Mme Erculiani. Elle est co-éleveur de Lord Glitters et soutient notre élevage depuis près de quatre décennies. Elle fait partie de la famille. C’est son premier gagnant de Gr1, directement à Royal Ascot !

Pour vous, en revanche, c’est presque devenu une habitude !

Nous avons eu beaucoup de chance, car il s’agit de troisième victoire à ce niveau en l’espace de cinq ans, après les succès de Robin of Navan (Critérium de Saint-Cloud, Gr1) et de Lily’s Candle (Qatar Prix Marcel Boussac, Gr1).

Comment s’organise le travail en famille ?

Mon père gère l’ensemble de l’activité du haras. Je suis en Angleterre où je travaille pour David O’Meara. Je m’occupe de la partie "statistiques". De par son activité de vétérinaire, mon frère Jean-Charles voit énormément de chevaux à Newmarket, aux ventes et aux courses. Il connaît bien le modèle de la production des étalons. Mon père est présent lors des ventes de foals et de yearlings où il observe lui aussi les modèles. Nous établissons ensuite une liste de croisements avec mon père et mon frère pour notre quinzaine de juments.

Ces succès au plus haut niveau, les attendiez-vous depuis longtemps ?

Mon père élève depuis quarante ans. Il a mis trente-cinq ans à gagner un Gr1… alors trois en cinq ans, c’est magique ! La patience, c’est important dans l’élevage. Lord Glitters est le neuvième produit de la jument. C’est aussi son premier black type. L’élevage, ce sont beaucoup de chagrins, des défaites et parfois des victoires. Une victoire comme celle d’aujourd’hui, on la savoure donc deux fois plus. Robin of Navan, comme Lord Glitters, sont des chevaux qui durent, même s’ils ont des profils différents. Lord Glitters n’a pas couru à 2ans et Christophe Lotoux a brillé par sa patience avec lui. Il n’a débuté qu’en avril de ses 3ans et aujourd’hui, à l’âge de 6ans, il n’a que vingt-deux courses au compteur. La réussite de Christophe Lotoux, sans avoir accès à des pedigrees exceptionnels, est vraiment remarquable. D’autres produits de la mère n’ont pas bénéficié de la même patience. Ce serait génial si Lord Glitters pouvait durer encore deux ou trois saisons à haut niveau. Peut-être ira-t-il vers les Juddmonte International Stakes.

Qu’est-ce que cela représente pour vous de gagner en Angleterre ?

Nous adorons les courses anglaises. Déjà, mon grand-père, Louis Lepeudry, allait souvent aux courses et aux ventes en Angleterre. Il y a d’ailleurs guidé beaucoup de Français, notamment des courtiers, lors de leurs premiers voyages. En Angleterre, on ne célèbre pas vraiment les éleveurs. Beaucoup moins qu’en France en tout cas. Mais malgré la discrétion de notre présence ici, le plaisir reste intact et ce d’autant plus qu’il est partagé. Cette passion familiale est stimulée par ces bons résultats.

Et la suite, pour vous, comment se dessine-t-elle ?

À présent, nous rêvons d’une victoire classique ! La mère de Lord Glitters est pleine de Recoletos et nous avons une yearling par Style Vendôme et une foal de Zarak. Nous ne pouvons pas nous permettre d’aller à des saillies très chères si une jument n’a pas encore produit un cheval qui sort de l’ordinaire. Autant que possible, nous essayons de trouver des valeurs sûres, proposées à des tarifs raisonnables. Nous ne nous pouvons pas nous permettre d’aller à Frankel !

La yearling par Style Vendôme est le plus beau produit que la jument nous ait donné et elle va passer en vente cette année. Étant assez tardifs, ils sont souvent mieux en octobre. Je pense que la mère compte plus que l’étalon. Nous avons besoin de bien vendre pour faire tourner le haras. Mais la réussite des chevaux en piste est encore plus importante car sinon les gens ne reviennent pas. Autour d’un ring, nous ne sommes pas extrêmement affûtés. Robin of Navan a été vendu 10.000 € en tant que yearling, Lily’s Candle 15.000 € et Lord Glitters 25.000 €. Mais cela nous a permis de vendre la sœur de Lily’s Candle pour 230.000 € par la suite… »

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