Véronique Vigouroux : « Imaginez vingt territoires qui sortent des boîtes en même temps ! »

Autres informations / 05.06.2019

Véronique Vigouroux : « Imaginez vingt territoires qui sortent des boîtes en même temps ! »

Véronique Vigouroux : « Imaginez vingt territoires qui sortent des boîtes en même temps ! »

L’hippodrome de Pau a accueilli mercredi dernier une réunion autour de la création des écuries de territoires. Ce grand projet — notamment porté par Véronique Vigouroux et France Galop — est soutenu par le ministre de l’Agriculture. Le but est d’associer les habitants et entreprises aux socioprofessionnels des courses autour d’un projet d’animation territoriale. Il s’agit de susciter l’intérêt d’un nouveau public. Véronique Vigouroux, responsable d’Île de Ré Galop, a fait le point sur ce projet.

À chaque reproche, une solution. Il y a un vrai travail d’explication et de pédagogie à faire auprès des socioprofessionnels nous a expliqué Véronique Vigouroux : « Nous nous sommes rendus à Pau avec Guy de Fontaines de France Galop. Nous y avons fait une première présentation des écuries de territoire pour commencer à les sensibiliser. Notre prochain rendez-vous est à La Teste à la fin du mois de juin. C’est essentiel que le dynamisme se fasse autour d’un hippodrome. C’est une opportunité pour attirer du monde avec pour point d’ancrage un projet commun. » Véronique Vigouroux explique qu’il faut réenchanter les socioprofessionnels et à ce sujet elle confie : « C’est sûrement la phase la plus difficile. Nous allons devoir y mettre de l’énergie. Nous pouvons nous plaindre de la situation économique, reprocher tout un tas de choses, mais il faut pouvoir proposer une solution, un modèle en retour. » Véronique Vigouroux ne souhaite pas remplacer le système actuel, au contraire : « Nous souhaitons écrire une nouvelle page, en parallèle de celle qui existe déjà. Nous souhaitons mettre en place un projet plus sportif pour parler au grand public. »

Une vraie volonté politique. Véronique Vigouroux a ajouté : « Martine Leguille-Balloy, députée de Vendée et présidente du groupe cheval Assemblée nationale est très présente et impliquée. Elle est venue nous rencontrer à l’écurie. Le président de la République souhaite également tout mettre en œuvre pour développer les projets de territoire. Ce serait le second volet de son quinquennat. » L’idée est donc vraiment de rassembler les habitants, les entreprises et les élus autour d’un projet de territoire, et que le cheval soit l’ambassadeur de cela. Véronique Vigouroux précise : « C’est un projet qui doit aller au-delà du cheval. Celui-ci est un animal emblématique, qui fait rêver même si l’on n’est pas issu des courses ou que l’on ne monte pas à cheval. »

Un projet en trois parties. Le projet des écuries de territoires comporte trois axes. D’abord celui des abonnements des habitants ou amoureux des territoires ; ensuite des partenariats avec des entreprises et commerces ; et enfin l’implication des collectivités locales. Véronique Vigouroux a expliqué : « J’ai déjà le Crédit Agricole qui souhaiterait s’associer à l’Île de Ré pour le championnat des écuries de territoires qui n’existe pas encore ! Et du côté des collectivités locales, elles vont participer à la promotion de leur territoire, car le projet rassemble les belles valeurs autour de l’humain et du vivre ensemble, avec le cheval comme ambassadeur. »

Des partenariats plus proches de l’homme. À l’image du rugby, du football, du basketball, du handball et d’autres sports, les courses peuvent rassembler et créer un engouement commun avec un vrai championnat. Véronique Vigouroux nous a dit : « Je n’ai rien inventé. Tous les autres championnats sportifs fonctionnent de cette manière. À l’Île de Ré, nous avons mis en place un parrainage avec l’équipe du Top 14 de La Rochelle. Je me suis appuyée sur les conseils de Pierre Venayre, directeur du stade rochelais pour m’inspirer de leur philosophie sportive. »

Ce projet permet également aux gens de se rencontrer dans d’autres contextes, autour d’un intérêt commun. Les élus se sentent ainsi plus proches des habitants. La responsable d’Île de Ré Galop a commenté : « Dans une écurie de territoire, nous partageons une histoire commune, celle de notre terroir. Les matinées à l’écurie sont un réel succès. Le dimanche matin, on boit un café, on va voir les chevaux, les producteurs locaux et les élus sont là. Les rencontres se font dans un cadre complètement différent. C’est un projet profondément humain. Cela recrée du contact entre les habitants, les élus, les chefs d’entreprises. Nous avons souvent de beaux échanges. »

Une médiatisation autour du championnat. « Avec ce championnat, il faudrait aussi mettre en place une forme de médiatisation. En créant un rendez-vous sur une grande chaîne. Avant la course, nous pourrions imaginer un reportage sur telle ou telle écurie de territoire, à l’image du 13 h de Jean-Pierre Pernaut. Il faudrait quelqu’un qui s’adresse à la France. Dans tous les sports, l’affiche est souvent constituée de deux noms et les stades sont pleins. Imaginez vingt territoires qui sortent des boîtes en même temps ! »

Un vrai merchandising. Les habitants peuvent eux aussi porter les couleurs de leur écurie. Véronique Vigouroux nous a expliqué : « À l’Île de Ré, nous avons développé un merchandising aux couleurs de l’écurie. Les produits sont faits avec des artisans de l’Île de Ré. C’est ensuite un cercle vertueux qui se crée au sein du territoire. » Les bénéfices des produits vendus participent à la reconversion et à la retraite des chevaux de courses. Elle a ajouté : « C’est un achat qui a du sens. Il nous faut des villes comme Pau, La Teste, Marseille, Vichy, Deauville, Bordeaux, Angers et j’en passe, pour créer un vrai fond grâce à ces produits. C’est une belle image pour la filière et pourquoi pas imaginer un partenariat avec Au-Delà des pistes. » Enfin, Jean Arthuis a inscrit ce projet dans son rapport comme piste pour relancer la filière. Véronique Vigouroux a détaillé : « Afin d’aider à l’amorçage des écuries, créer les sociétés, les sites internet, etc., nous aimerions avoir des aides des collectivités territoriales en lien avec l’Europe pour définir un budget à cet effet. » Durant l’été, Véronique Vigouroux devrait aussi rencontrer la ministre en charge des Territoires, Jacqueline Gourrault, à la demande de Martine Leguille-Balloy et Jean Arthuis.

D’autres axes de développement. D’autres pistes de développement autour du championnat sont en discussion avec France Galop et le PMU. Véronique Vigouroux nous a expliqué : « Nous pourrions imaginer l’adaptation de ce concept au Trot, une fois qu’il commencera à se développer au Galop. C’est tous ensemble que nous gagnerons. »