TRIBUNE LIBRE - Mieux prendre en compte les intérêts de l’ensemble des acteurs de l’obstacle

Institution / Ventes / 18.01.2020

TRIBUNE LIBRE - Mieux prendre en compte les intérêts de l’ensemble des acteurs de l’obstacle

Par Thierry Doumen, président de l’AEPI et membre du Comité de France Galop,

et Philippe Jeanneret, membre du Comité de France Galop

« L’AEPI tient à réagir suite aux décisions prises par le conseil d’administration du 13 janvier 2020 concernant les modifications de certaines conditions des courses d’obstacle :

- suppression de 9 courses à conditions avec valeurs handicap, s’adressant uniquement à des chevaux de 5ans et plus en région ;

- suppression des surcharges sur les gains cumulés haies et steeple dans 10 courses PMH (4 pour 5ans et au-dessus, 2 pour 5ans et 3 pour 4ans).

Ces décisions prises par le conseil d’administration concernant la discipline de l’obstacle méritent d’être analysées à la lumière des enjeux concernant cette discipline :

- l’accroissement du nombre de partants en obstacle ;

- favoriser un véritable rééquilibrage des paris en faveur de l’obstacle.

Or les deux mesures supprimées par le CA avaient justement été mises en place sous l’ancienne mandature afin d’optimiser les partants et les enjeux en obstacle, avec un impact positif en bilan.

En pratique, ces mesures permettaient, d’une part, de réserver le programme PMH aux petites catégories de chevaux et d’orienter les catégories moyennes ou en progrès vers les courses premium régionales ou parisiennes dans des lots homogènes favorisant les chevaux à se rencontrer en compétition et à fournir des courses supports d’enjeux de qualité.

D’autre part, elles permettaient qu’un cheval de qualité ne vide pas une course premium régionale alors que le programme lui propose déjà des courses par ailleurs. Ces deux mesures ont donc permis d’améliorer le nombre de partants dans les courses creuses prévues pour les chevaux de qualité à Auteuil ou Compiègne, et dans les courses premium régionales prévues pour les chevaux intermédiaires et/ou en évolution.

La remise en question de ces avancées majeures porte le risque de réduire fortement le nombre de partants et, par voie de conséquence, la recette de la discipline. Ce désengagement des responsabilités de l’obstacle dans l’effort de participation au chiffre d’affaires du PMU est défavorable à une relation constructive avec la discipline du plat, qui a toujours été bienveillante sur le respect du 2/3-1/3.

De plus, ces mesures ne sont pas de nature à encourager la base des propriétaires et éleveurs de chevaux d’obstacle.

Rappelons que plus de 80 % des chevaux d’obstacle ont une valeur inférieure à 59 et que ce sont ces chevaux qui assurent la plus grande majorité de la recette.

Nous souhaitons interpeller le conseil d’administration sur la nécessité de mieux prendre en compte les intérêts de l’ensemble des acteurs de l’obstacle et dans l’avenir de faire en sorte que les décisions qui seront prises le soient en fonction des enjeux globaux de la filière. »