CHELTENHAM - Une seule image reste

International / 12.03.2020

CHELTENHAM - Une seule image reste

Une seule image reste

Nous aurions pu vous parler du retour en grâce de Min (Walk in the Park) dans le Marsh Novices’Chase (Gr1) sur une piste qui lui résistait. Ou de la démonstration de Concertista (Nathaniel), une ancienne Wertheimer, dans le Mares’Novices’Hurdle (Gr2). Des trois succès français de jeudi, voire de l’affluence extraordinaire de 65.218 spectateurs (contre 67.281 en 2019) compte tenu du climat de psychose générale lié au coronavirus. Mais non. Dans notre tête, une seule image revient sans cesse. Celle d’Easysland (Gentlewave) terrassant le roi Tiger Roll (Authorized) dans la deuxième étape de la Crystal Cup. Car cette victoire du protégé de David Cottin, la première de l’entraînement français durant le Festival depuis 2005 signifie beaucoup. D’une part, que nous pouvons aller à Cheltenham si nous avons le courage de le faire, et qu’en plus, on peut gagner devant les meilleurs. Cette victoire d’Easysland peut marquer un tournant pour les courses françaises et anglaises. Pour les courses françaises, car son propriétaire John-Patrick McManus pourrait peut-être plus facilement laisser des chevaux à l’entraînement en France. Mais aussi pour les courses anglaises, car si cela marche en cross, pourquoi nos chevaux n’iraient-ils pas s’essayer aussi sur les claies et en steeple, comme à la grande époque de François Doumen ? Vraiment, ce succès d’Easysland est plus qu’historique.

Le match de l’élevage. Ce jeudi, 32 sauteurs labellisés "FR" étaient au départ des Groupes sur les obstacles (soit 30 %), contre 60 "IE" (57 %) et 13 "GB" (12 %). Et les produits de l’élevage français, donc largement minoritaires, ont remporté trois des six Groupes programmés cet après-midi ! Sur l’ensemble des quatre jours, la proportion de français de naissance inscrits au programme des Groupes est identique à celle de l’année dernière : 34 %. L’évolution est notable, car les "FR" ne représentaient que 26 % du programme en 2015. Alors qu’il reste encore un jour à courir, on sait qu’il ne sera pas possible de reproduire le record de 2019 (12 victoires pour les "FR") dans les épreuves black types du festival (sans compter les bumpers). Mais tout de même, ils auront bien tenu leur partie, avec un taux de réussite largement supérieur à celui des sauteurs élevés en Irlande ou en Grande-Bretagne. De quoi continuer à alimenter la cote du made in France sur le marché de l’obstacle.