EN RÉGIONS - Cagnes-sur-Mer multiplie les actions pour conquérir les jeunes

Courses / 11.03.2020

EN RÉGIONS - Cagnes-sur-Mer multiplie les actions pour conquérir les jeunes

Si le partenariat signé avec l’Éducation nationale est sans doute le plus emblématique, d’autres initiatives visant à sensibiliser les jeunes aux courses ont été prises par la Société de courses de la Côte d’Azur.

La Société de Cagnes-sur-Mer travaille pour sensibiliser les jeunes générations au monde du cheval et son président, François Forcioli-Conti, explique : « Il faut sensibiliser les jeunes très tôt à cet univers. On dit souvent que les passions de l’âge adulte sont celles que l’on a cultivées quand on était jeune. Elles ne naissent pas spontanément à 45 ans, rarement en tout cas. Si, parmi les prochaines générations, cette culture n’existe pas, plus personne ne viendra sur les hippodromes. Et sans hippodromes, c’est la fin des courses. J’ajouterai que si l’on pense que l’on va pouvoir retrouver du public en organisant les courses comme en 1850, on se trompe. Et ce n’est pas le jeu qui fera revenir le public, notamment les jeunes, car pour eux l’hippodrome et le jeu sont des choses très détachées l’une de l’autre. Il faut donc aller plus loin. »

Un partenariat signé avec l’Éduction nationale. La signature a eu lieu au printemps dernier et François Forcioli-Conti détaille : « Avec l’inspection d’Académie de Provence-Alpes-Côte d’Azur, il a été convenu que les enseignants du primaire intègrent dans le programme pédagogique une sensibilisation au cheval. Différents thèmes sont abordés, que ce soit l’animal en lui-même, son histoire ou les différents métiers qui s’y rattachent. En contrepartie, nous accueillons les élèves et leurs professeurs lors d’une journée où il n’y a pas de courses. » À l’initiative de la Société de courses et par l’intermédiaire du maire de Cagnes, le contact a été établie avec l’Académie. L’aspect commercial et le jeu ont été laissés de côté, ce qui a facilité les rapports entre les différents partis, et l’idée a été très bien reçue par le corps enseignant : « Une fois le projet présenté, la convention a été signée. Cette année, 31 classes de Cagnes ont demandé à participer. Malheureusement, pour des raisons pratiques, seules 14 classes ont finalement pris part. Mais l’essentiel est là : faire connaître le monde du cheval aux enfants. Les retours sont extrêmement positifs. Ce projet a été reconduit cette année et le sera l’an prochain. »

Le poney attelé : l’autre modèle suédois. François Forcioli-Conti poursuit : « Nous allons développer un centre de formation de courses de poneys attelés pour les enfants. Pour le galop, les choses sont différentes car les clubs sont déjà présents sur ce domaine et les choses avancent. On le sait, c’est un formidable moyen d’attirer les jeunes et de répondre au manque de personnel. Nous avons les pistes et le matériel, sachant que peu de clubs sont en mesure de fournir cet effort financier. C’est justement à l’Institution et à certains hippodromes de faire la démarche. » À l’étranger, une action similaire a été entreprise, comme le souligne François Forcioli-Conti : « En Suède, ces structures existent déjà et aujourd’hui, pas moins de 1.200 courses de poney attelé sont organisées. Des vocations se créent, mais surtout cela fait venir bon nombre de familles sur les hippodromes lorsqu’une course se déroule. Tout le monde est gagnant. »

Le Palio des étudiants. Depuis quatre ans, en collaboration avec les écoles de commerce de la région, Cagnes-sur-Mer organise le "Palio des étudiants". Sur un sulky, des jeunes, associés à des drivers professionnels, disputent une épreuve lors d’une réunion de courses. « Nous avons jusqu’à 200 étudiants lors de cette journée. Certains connaissent les courses, d’autres absolument pas. Bien sûr, tous ne se convertissent pas. Mais certains reviennent ensuite sur l’hippodrome. C’est une génération qui joue, mais pour laquelle il est beaucoup moins naturel de miser sur les courses que sur le foot. Là aussi, c’est un travail pédagogique à mener. D’autre part, on constate que parier sur le foot est très simple, par rapport aux courses. Naturellement, on joue sur des domaines avec lequel on a un lien, de l’affect, et que l’on comprend. Et aujourd’hui, l’affect est davantage sur le football. Les courses ont souvent un côté "ringard" pour eux. Il faut essayer de gommer cette image, car elle nous pénalise beaucoup. Les courses sont un spectacle, avec un cadre unique, et nous communiquons sur cela. »

S’ouvrir davantage. François Forcioli-Conti explique : «  Les courses doivent sortir de l'entre soi si elles veulent se développer. Plus largement, nous devons nous ouvrir au monde, aux autres, en donnant du sens à notre activité, tout en étant exemplaires sur le bien-être animal ou l’écologie, deux sujets essentiels aujourd‘hui. » Celui qui est également à la tête du Défi du Galop poursuit : « Cela faisait trois ans que Cagnes organisait une réunion de courses avec la Fondation Claude Pompidou, qui intervient depuis 50 ans auprès des personnes les plus fragiles. Ce partenariat a été désormais étendu à l’ensemble du Défi du Galop, ce qui est une excellente chose, car cela renvoie une image très positive du monde des courses. » De la même manière, une course de galop caritative baptisée Prix Princesse Charlène de Monaco, en partenariat avec l’association du même nom, se déroule chaque année. François Forcioli-Conti nous explique : « De nombreuses personnalités, très éloignées du monde des courses, sont présentes ce jour-là. Tout le monde ne revient pas, mais c’est une journée très agréable. L’image des courses se transforme comme ça. On ne pourra retrouver de la visibilité sociale qu’en améliorant notre image. De nombreuses choses sont à faire, mais nous avons beaucoup, beaucoup d’atouts. »