Antoine Gilibert : « Les mieux armés pour la défense des intérêts des propriétaires »

Courses / 01.04.2020

Antoine Gilibert : « Les mieux armés pour la défense des intérêts des propriétaires »

Président de la toute nouvelle Fédération des propriétaires de Galop, Antoine Gilibert explique les particularités de cette nouvelle association de défense des propriétaires.

Jour de Galop. – Pourquoi avoir décidé de créer la Fédération des propriétaires du Galop. Quelle est la raison d’être de votre association ?

Antoine Gilibert. – Élargissons votre question et demandons-nous quelle est la mission d’une association de propriétaires ? Il y en a une qui dépasse toutes les autres : la défense des intérêts des propriétaires au sein du Conseil d’administration de France Galop. Vous savez comme moi que la seule véritable instance de décision au sein des courses de galop, c’est le Conseil d’administration. C’est là que se décide l’avenir des propriétaires, des éleveurs, des entraîneurs, des jockeys… Si l’on prétend défendre des intérêts, il faut être capable de peser au Conseil d’administration !

Qui vous y représente ?

Aujourd’hui, nous sommes représentés au Conseil d’administration par deux amis très actifs et représentatifs du galop, Antonia Devin et Loïc Malivet. Loïc est vice-président de France Galop, et c’est un leader incontesté au sein du Conseil. En faisant appliquer des mesures très strictes, il est parvenu à sauver une saison de monte pourtant mal engagée vu les circonstances. C’est un vrai bosseur, et il connaît les dossiers par cœur.

Certes, mais il s’agit d’un éleveur !

Les éleveurs et les propriétaires sont unis par la même passion, celle du cheval et des courses, et sont intéressés à la même réussite, celle du galop français. Mais ils sont aussi liés par une chaîne de valeur économique : le propriétaire achète un yearling à un éleveur, et quelques années plus tard, peut revendre une jument en fin de carrière de courses à un autre éleveur… De la même façon qu’un certain nombre d’entraîneurs sont devenus propriétaires, de plus en plus d’éleveurs prennent leurs couleurs pour exploiter leur production. Et inversement, des propriétaires se sont piqués au jeu de l’élevage et font naître des poulains ! Nos forces sont liées. Il ne faut pas opposer éleveurs et propriétaires, mais au contraire, multiplier les occasions d’échanger et de travailler les uns avec les autres intelligemment et passionnément !

Que répondez-vous à ceux qui disent que la Fédération des propriétaires est une filiale de celle des éleveurs ?

Tout le monde sait, comme je viens de le dire en répondant à votre précédente question, que les différents acteurs sont de plus en plus souvent liés. Alors il faut mettre son réveil à l’heure ! Concernant la Fédération des propriétaires, ça s’est passé très simplement : un certain nombre de propriétaires, ne se reconnaissant plus dans le Syndicat national, voulaient se réunir dans une structure nouvelle, plus adaptée aux enjeux du XXIe siècle. Le rapprochement entre les éleveurs et les propriétaires était une idée dans l’air depuis de nombreuses années. La Fédération des propriétaires est née ! Vous savez, depuis une trentaine d’années, le monde du propriétariat a beaucoup évolué à tout point de vue… La Fédération des propriétaires, grâce à des idées innovantes portées par des nouvelles têtes, c’est le syndicat du XXIe siècle !

Qu’offrez-vous à vos adhérents ?

Vous voulez dire en plus de leur défense au sein du Conseil d’administration ?

Oui…

Nous leur offrons bien sûr une excellente assurance responsabilité civile et un vrai conseil en matière juridique et fiscal. Je dis bien un vrai conseil. Car nous sommes la seule association, galop et trot confondus, tous secteurs de la filière confondus, à employer quatre salariés permanents ! Ces quatre salariés nous permettent aussi de réaliser une veille réglementaire constante. J’ajoute qu’ils sont basés à proximité immédiate de France Galop, ce qui facilite les relations avec les différents services de l’Institution et une plus grande efficacité dans le traitement des dossiers. Devenir membre de la Fédération, c’est aussi s’inscrire dans la lignée d’engagements de la Fédération des éleveurs auprès de l’association Au-delà des pistes.

De plus, chez nous, le prélèvement sur les gains de courses est de 0,3 % seulement, alors qu’il est plutôt entre 0,4 % et 0,5 % dans les autres associations. Enfin, dans le moment particulièrement difficile que nous traversons, nous avons décidé d’offrir l’adhésion pour l’année 2020.

Par rapport à la crise actuelle, que proposez-vous ?

Nous vivons une situation inédite. Nous avons tous signé il y a dix jours un communiqué adressé à la tutelle pour demander des solutions d’urgence. Les socioprofessionnels ont besoin de réponses urgentes, même si ce n’est pas facile. Il faut dès à présent avoir une visibilité sur un calendrier évolutif sur le programme, avec différentes hypothèses de reprise. C’est l’intérêt des courses, mais ne l’oublions pas, également de l’État. Il faudra certainement recourir quelques semaines à huis-clos, faire des réunions à dix courses, créer des courses supplémentaires, dédoubler, etc. La majorité des hippodromes sont prêts à rouvrir et faire les efforts nécessaires. Un grand nombre de nos chevaux sont restés à l’entraînement – j’en profite pour saluer le travail des entraîneurs et de leur personnel, si attaché à nos chevaux. Avec la reprise, il faudra très vite redonner confiance aux propriétaires. Ils souffrent et cette situation ne pourra pas durer. Ils sont prêts à certains efforts mais il faut très vite une aide des tutelles. Le gouvernement parle de la B.P.I. pour aider les entreprises : peut-être est-ce une piste ? Je sais qu’il y a actuellement des démarches auprès de l’Agriculture et du Budget, visant à obtenir une aide financière, l’une conjointe au trot et au galop, l’autre par la filière cheval dans son ensemble (c’est-à-dire chevaux de selle, de trait et poneys). Cela paraît intéressant car ce n’est qu’unis que nous sortirons de la crise. Par ailleurs, il est impératif qu’en cas de difficultés, le propriétaire dialogue avec l’entraîneur dans une relation franche, pour éviter que les impayés ne s’accumulent. Les propriétaires sont des passionnés, mais ils ne pourront pas tenir longtemps. Alors soyons créatifs !