Gérard Augustin-Normand : "Ne laissons pas passer notre chance de nous rapprocher de la FDJ !"

Institution / Ventes / 05.04.2020

Gérard Augustin-Normand : "Ne laissons pas passer notre chance de nous rapprocher de la FDJ !"

Par Gérard Augustin-Normand, propriétaire et éleveur

J’ai lu la tribune de Steve Burggraf dans Jour de Galop et je me dis que le vrai « choc imaginatif » qu’il appelle de ses vœux serait de rapprocher le PMU de la FDJ (Française des Jeux). Je le pensais déjà avant la crise et je le pense plus que jamais.

Rapprocher le PMU de son « pire ennemi » ? Mais c’est la mort des courses ! Non. Et c’est même tout le contraire selon moi. Les dirigeants de la FDJ, récemment privatisée, sont des investisseurs pragmatiques. Ils ne font ni de l’associatif, ni de la politique, ni du corporatisme. Ils savent bien qu’ils ne tireront bénéfice de ce rapprochement avec le PMU qu’à une condition : assurer le développement de la filière hippique par des allocations attrayantes, par la création de nouveaux produits hippiques et par un réseau de vente trois fois plus important !

J’en reviens aux propos de Steve Burggraf, auxquels j’adhère sur le principe : un « choc imaginatif » et une « une stratégie commerciale agressive et coordonnée ». D’accord. Mais comment demander au PMU et aux sociétés de courses quelque chose qu’elles ont du mal à  faire, alors même qu’elles vont sortir fragilisées de la crise actuelle ? C’est mission impossible. Les courses vont se battre pour leur survie ; et on voudrait leur demander d’écrire le futur ? On ne peut pas courir les deux lièvres à la fois.

Ma conviction, c’est qu’on ne peut – et on ne doit – surtout pas relancer les courses sans le PMU, qui est à l’arrêt presque complet… alors que le réseau de la FDJ, beaucoup plus important, est encore en activité, même réduite. Ne rêvons pas : il n’y aura pas de rebond sans un effort d’imagination, sans la création de nouveaux produits et sans la mise en commun de moyens importants. Le PMU ne les a pas. Mais associé à la FDJ, le pari hippique pourra trouver un nouvel élan, parce que la FDJ a montré son dynamisme, son savoir-faire et son ambition depuis de longues années.

Mettons à profit la période actuelle pour bousculer les monopoles et ouvrir de nouvelles frontières. Tirons bénéfice du formidable développement des jeux de grattage et des paris sportifs pour donner au PMU (et à toute la filière) les moyens de ses ambitions. La FDJ saura exploiter ce rapprochement, qui sera capitalistique ou ne sera pas, en ouvrant sa gamme aux paris hippiques, qui sont très complémentaires des jeux de la FDJ mais d’une autre nature. Ils ne courent donc pas le risque d’être combattus "en interne".

Les temps que nous vivons sont propices à la réflexion. Ils nous offrent une chance. Ne la laissons pas passer !