À LA UNE - Une bonne réponse… pour 2020

Courses / 07.05.2020

À LA UNE - Une bonne réponse… pour 2020

Le plan de France Galop maintient les allocations (ou les baisse moins fortement) chez ceux qui en sont le plus dépendants, et demande un effort plus important à ceux qui investissent avec d’autres objectifs complémentaires (élevage et commerce). Dans l’urgence, c’est la bonne approche.

Par Mayeul Caire

France Galop a rendu son arbitrage sur les baisses d’allocations jeudi, en toute fin de matinée. Comme nous l’écrivions hier, le choix a été fait de baisser plus dans les courses les mieux dotées (Gr1) et moins dans les courses les moins dotées (pas de baisse du tout pour les réclamers et handicaps en dessous de certains seuils, ni pour les P.M.H.). [Lire en page 2]

Ce choix, assez différent du plan initial de la société-mère (- 20 % pour tous, et - 30 % pour les black types), nous semble tout à fait logique. Pourquoi ? Parce que l’équation n’est pas la même pour tous les acteurs. Certains vivent principalement des allocations ; alors que d’autres vivent plutôt plus de la valorisation de leur stock d’élevage et du commerce.

Avec son nouveau plan, France Galop répond à l’urgence. D’une part, il maintient les allocations au maximum dans des catégories de courses qui concernent en priorité les acteurs les plus dépendants des allocations. Pour eux, une baisse ou une baisse trop forte revenait quasiment à disparaître… D’autre part, il sécurise une reprise des courses, qui permettra à ceux qui investissent dans cette optique de valoriser leur stock : par l’enrichissement du pedigree et/ou par le commerce. Pour eux, le plus grave aurait été de ne pas recourir.

On le voit : l’approche est équilibrée et répond, aussi bien que possible, à l’urgence et à la particularité de la crise.

La crise est là. Dure à vivre. Cruelle pour ceux qui perdent des proches. Mais si elle pouvait servir à quelque chose, in fine, ça serait de réconcilier les différentes strates de notre pyramide. Dans le monde d’après, ça serait une grande victoire pour les courses d’oublier l’opposition stérile entre les "gros" et les "petits". Que les "gros" soient assurés que les "petits" contribuent très significativement à la recette PMU, ce qui – au-delà d’autres considérations (humaines, au premier chef) – justifiait pleinement qu’on leur vienne en aide ; et que les "petits" n’oublient pas qu’en pleine crise, la solidarité des "gros" a bien aidé à passer l’orage, car sans leur sur-contribution, l’équation devenait impossible.

La dernière chose qui nous semble importante, c’est que le dispositif proposé reste exceptionnel, et limité à 2020. C’est à ce prix qu’il est acceptable. Pour le dire autrement : s’il devait y avoir encore des efforts à faire l’an prochain, la répartition de la baisse devra être partagée un peu plus largement. Sans cela, nous risquons de tout casser, en nourrissant une spirale infernale de baisse des allocations dans les Groupes, baisse du niveau des participants (notamment étrangers), baisse du rating, rétrogradation des courses, etc. Une spirale infernale, à l’italienne, dont personne ne veut et qui ne profiterait à personne – ni aux "petits" ni aux "gros".